Rejeté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2026
Amendement n° I-CF430
L'amendement sur le site de l'Assemblée (nouvel onglet)Les autres amendements de ce texte →
En clair
David Guiraud a déposé cet amendement le 17 oct. 2025, avec 70 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2026 ». Il a été rejeté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 22 oct. 2025.
- Adoptés sur ce texte
- 751 sur 4 498amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire
Ce qu'il propose
Le dispositif
Après l’article L. 454‑49 du code des impositions sur les biens et services, il est inséré un article L. 454‑49 bis ainsi rédigé :
« Art. L. 454‑49-bis. – I. Il est institué à compter du 1er janvier 2026 une taxe sur l’utilisation de la publicité numérique dans l’espace public.
« II. Cette taxe est due par toute personne assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée dont le chiffre d’affaires de l’année civile précédente est supérieur à 500 000 € hors taxe sur la valeur ajoutée.
« III. Elle est assise sur les dépenses engagées au cours de l’année civile précédente et ayant pour objet l’usage, la location ou la pose de panneaux numériques à des fins de publicité, d’enseigne et de préenseigne, tels que définies à l’article L. 581‑3 du code de l’environnement.
« Sont toutefois exclues de l’assiette de la taxe les dépenses relatives à l’affichage d’informations à visée non commerciale.
« IV. Le taux de la taxe est fixé à 10 % du montant hors taxe sur la valeur ajoutée de ces dépenses.
« V. La taxe est déclarée et liquidée sur l’annexe à la déclaration des opérations du mois de mars de l’année au titre de laquelle la taxe est due, déposée en application de l’article 287 du code général des impôts.
« Elle est acquittée au plus tard lors du dépôt de cette déclaration.
« VI. La taxe est constatée, recouvrée et contrôlée selon les mêmes procédures et sous les mêmes sanctions, garanties et privilèges que la taxe sur la valeur ajoutée.
« Les réclamations sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables à cette même taxe. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Le groupe LFI propose, à travers cet amendement, de taxer à hauteur de 10 % l’usage de panneaux publicitaires numériques, tout en élargissant leur définition légale, aujourd’hui artificiellement restrictive, à l’auto-publicité, qui a les mêmes conséquences pour la planète et pour la pollution visuelle de l’espace public. Ces panneaux numériques présentent un coût énergétique bien supérieur aux panneaux publicitaires classiques au détriment de nos objectifs de sobriété énergétique.
Les panneaux publicitaires numériques ont envahi tous les espaces de la vie commune : au sein des gares, des rues, sur les devantures des magasins et parfois même des habitations. Il n’y a plus un seul endroit préservé de pollution lumineuse engendrée par la publicité.
En 2019, on dénombrait 55 000 écrans publicitaires numériques (de tailles variables) en France contre 40 000 en 2017, soit une augmentation de près de 40 % en deux ans (ADEME, 2020). L’ADEME estime, dans cette même étude, qu’un écran LCD de 2 mètres carrés consomme 2 000 kWh/an, ce qui est la consommation moyenne d’un ménage français (hors chauffage) ! À l’heure où la sobriété énergétique doit être au cœur de notre stratégie de bifurcation écologique, nous ne pouvons pas nous permettre un tel gaspillage d’énergie !
Cette explosion du recours aux panneaux se poursuit. Toujours selon l’ADEME, en 2025, 300 000 écrans numériques sont en activité en France, bien que seulement 5 % du total, soit 15 000 panneaux, relèvent strictement de la définition légale de la publicité. À titre de comparaison, ce taux est de 70 % aux Royaume-Uni, et de 60 % aux États-Unis. Une définition aussi restrictive, aboutissant à 5 %, est inacceptable et vise un aveuglement organisé du Gouvernement sur le sujet. L’utilisation de ces seuls 15 000 panneaux équivaut à l’empreinte carbone de 1 200 Français, la consommation en ressources minérales de 32 000 personnes, soit la population d’une ville comme Lens, ainsi que la consommation électrique de près de 3 500 logements. Si ces 15 000 panneaux sont représentatifs de l’ensemble, cela correspond donc à l’empreinte carbone de 20 000 Français, à la consommation en ressources minérales de 640 000 personnes, soit la population d’une ville comme Lyon, ainsi que la consommation électrique de près de 70 000 logements.
Énergivore, fonctionnant en exploitant des procédés cognitifs pernicieux, les panneaux publicitaires constituent également des pollutions visuelles et lumineuses. En janvier 2023, Greenpeace France a publié un sondage exclusif BVA montrant que 85 % des Françaises et Français sont favorables à une réduction du nombre des écrans numériques publicitaires visibles dans l’espace public. En restant inactif face à cette situation, le Gouvernement s’en rend complice.
Pour ces raisons, nous proposons donc cette taxe comme le moyen efficace de désinciter le recours à des panneaux publicitaires numériques, au profit d’une publicité plus sobre, et surtout moins ostentatoire la nuit. Son rendement pourra participer à l’effort de décarbonation de nos villes, en poursuivant par exemple l’effort de rénovation thermique des bâtiments, aujourd’hui délaissé par la macronie avec l’abandon, au moins partiel et sans l’avouer, des primes à la rénovation.
Son sort
- Sort décidé le
Auteurs 71
- LFI-NFP 70
Les 70 cosignataires
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Gabriel Amard
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 1906
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59048B1906P1D1N000430
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B1906