Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2025

Amendement n° II-AC95

Arnaud Saint-Martin LFI-NFP · Article 42

En clair

Arnaud Saint-Martin a déposé cet amendement le 17 oct. 2024, avec 70 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2025 ». Il a été rejeté en commission des affaires culturelles et de l'éducation le 23 oct. 2024.

Adoptés sur ce texte
124 sur 562amendements dont le sort est connu, en commission des affaires culturelles et de l'éducation

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Formations supérieures et recherche universitaire−7 000 000 €−7 000 000 €
Vie étudiante0 €0 €
Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires0 €0 €
Recherche spatiale0 €0 €
Recherche dans les domaines de l'énergie, du développement et de la mobilité durables0 €0 €
Recherche et enseignement supérieur en matière économique et industrielle0 €0 €
Recherche duale (civile et militaire)0 €0 €
Enseignement supérieur et recherche agricoles0 €0 €
Egalité des frais d'inscription (création)+7 000 000 €+7 000 000 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement de repli, nous proposons la suppression de la différenciation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers hors Union européenne, prévue par le programme « Bienvenue en France »

Le dispositif cyniquement appelé « Bienvenue en France » présenté fin 2018 par le Gouvernement, est particulièrement mal nommé puisqu’il prévoit l’augmentation des frais d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers hors Union Européenne.

Jusqu’en 2019, les étudiants extra-communautaires s’acquittaient des mêmes droits que les étudiants français et européens. Depuis 2019, les nouveaux droits d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne sont fixés à hauteur de 2 850 euros en licence (contre 180 euros pour les étudiants français et européens) et 3 879 euros en master (contre 243 euros pour les étudiants français).
Ainsi depuis 2019, les frais d’inscription des étudiants étrangers ont été multipliés par 16. En 2022, ce sont 5900 étudiants étrangers se sont acquittés des frais d’inscription majorés, soit un total de 23 000 millions d’euros. Cette politique témoigne d’une volonté de trier socialement les étudiants étrangers. Le Gouvernement français ne veut accueillir que les étudiants étrangers les plus aisés.

D’autant plus que la situation est encore plus difficile pour les étudiants étrangers : ils sont non-éligibles aux bourses sur critères sociaux et doivent s’acquitter de frais d’inscription bien plus élevés. Leur visas étudiants ne leur permet de travailler que 60 % de la durée légale et 50 % pour les étudiants algériens. A cela s’ajoute les difficultés et le temps qu’impliquent les démarches administratives, ainsi que la privation du réseau familial et amical, qui sont d’autant de freins à la réussite de leurs études.

Un grand nombre d’universités françaises qui s’opposaient à ce décret se voient contraintes de l’appliquer, du fait de la réduction de leur financement entrainée par la loi relative à l’autonomie des universités.
Selon France Universités il s’agit « d’une insulte aux Lumières dont il a été rappelé à juste titre, dans des circonstances dramatiques, qu’en France elles ne s’éteignent jamais […] Ces dispositifs ne feraient que renforcer la marchandisation de l’enseignement supérieur français et accentuer la précarité financière de nos étudiantes et étudiants internationaux »,
France universités rappelle que, l’Hexagone « stagne aujourd’hui à la 7e place mondiale, très loin derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne, alors qu’elle était encore le 3e pays d’accueil il y a dix ans. Les parlementaires ne peuvent ignorer qu’il en va de l’attractivité de nos universités et de notre pays à l’échelle mondiale. »
L’Union étudiante dénonce, elle, une loi « encore plus dure, plus xénophobe et plus raciste » à l’encontre des étudiants internationaux, qui « font partie des plus défavorisés » : « Nous nous refusons à laisser passer de telles mesures antisociales et nauséabondes. »

En conséquence, nous appelons à l’abrogation de ces mesures afin de garantir un accès équitable à l’enseignement supérieur pour tous, indépendamment de l’origine socio-économique.
La perte de ressources correspondante pour les opérateurs de la mission est compensée à due concurrence par la réduction de la dotation de fonctionnement versée au Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES).

Pour respecter les règles de recevabilité financière 7 millions d’euros en AE et en CP sont ainsi transférés de l’action 15 « pilotage et support du programme » du programme 150 en direction de la nouvelle ligne du programme intitulé « Égalité des frais d’inscription ». Il appartiendra ensuite au pouvoir réglementaire de modifier en conséquence les dispositions arrêtant le montant des frais d’inscription dans les établissements publics d’enseignement supérieur.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 71

Arnaud Saint-Martin LFI-NFP

Les 70 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 324

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO419604B0324P2D1N000095
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B0324