Rejeté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2026
Amendement n° I-2381
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En clair
Claire Lejeune a déposé cet amendement le 22 oct. 2025, avec 70 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2026 ». Il a été rejeté en séance publique le 3 nov. 2025.
- Adoptés sur ce texte
- 558 sur 4 011amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Les articles du code général des impôts modifiés par les articles 28 et 29 de la loi n°2017 -1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 sont rétablis dans leur rédaction antérieure à la publication de cette même loi.
II. – Les articles du code monétaire et financier modifiés par l’article 28 de la loi n°2017 -1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 sont rétablis dans leur rédaction antérieure à la publication de cette même loi.
III. – L’article L. 16 du livre des procédures fiscales est rétabli dans sa rédaction antérieure à la publication de la loi n°2017 -1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 de finances pour 2018.
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Par cet amendement du groupe LFI, nous proposons de supprimer le prélèvement forfaitaire unique (PFU) pour rétablir une progressivité de l’impôt sur le capital.
Depuis 2017, les gouvernements macronistes successifs ont multiplié les cadeaux fiscaux aux plus riches : suppression de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, instauration du PFU... Ces mesures, s’inscrivant dans la politique de l’offre chère à Macron (et chère pour les finances publiques), ont été justifiées au nom de la croyance erronée que les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain. Huit ans plus tard, le constat est sans appel : les profits d’aujourd’hui ne sont que la spéculation de demain et les profits d’après-demain.
France Stratégie, par l’intermédiaire d’un rapport sur l’évaluation de la fiscalité du capital, conclut que les réformes, notamment le PFU, n’ont eu aucun effet mesurable sur l’investissement ou sur les salaires. Dans le même temps, la France reste en retard en matière de recherche et développement. Alors que notre total est artificiellement gonflé par l’effet d’aubaine du crédit d’impôt recherche : seulement 2,2 % du PIB y sont consacrés, contre 3,13 % en Allemagne et 3,46 % aux États-Unis. Ce retard s’explique en grande partie, selon la Direction générale du Trésor, par la faiblesse de l’investissement privé.
Contrairement aux affirmations du gouvernement, une progressivité de l’impôt sur les revenus du capital (qu’il s’agisse de plus-values ou de dividendes) ne freine pas l’investissement. Elle ne fait que capter une partie des montants qui repartent dans le schéma spéculatif du marché secondaire des actions. Elle peut même dissuader les entreprises à verser des dividendes excessifs aux actionnaires, leur permettant de conserver une meilleure trésorerie qui elle pourra être employée en investissement productif.
Depuis la mise en place du PFU, on observe une explosion des dividendes et des rachats d’action : 98,2 milliards d’euros versés en 2024, soit une hausse de 60 % par rapport à 2019, qui avec 60 milliards d’euros, constituait déjà un record. Macron a fait de la France la championne d’Europe des dividendes, au détriment du travail et de l’investissement productif. Cette politique contribue directement à l’aggravation des inégalités : les 10 % les plus riches détiennent près de la moitié du patrimoine national (47,1 %, selon l’INSEE).
Enfin, en plus de n’avoir aucun impact sur l’investissement des entreprises et d’aggraver les inégalités en enrichissant les plus riches, le PFU constitue un manque à gagner important pour les finances de l’État : en le supprimant, nous pourrions récupérer plus de 2.7 milliards d’euros (en raison de la montée en charge et de la concentration des patrimoines) qui financeront nos services publics, en particulier la recherche et l’enseignement supérieur, qui eux permettent des gains de productivité.
La suppression du PFU incitera davantage les entreprises à réinvestir leurs bénéfices au profit de l’économie réelle. Elle permettra également de dégager des financements pour nos services publics et notre recherche. Enfin, elle participera à la progressivité de l’impôt qui, sous l’effet des réformes fiscales des gouvernements macronistes, devient régressif pour les ultras riches.
Son sort
- Examen
- En séance publique
- Sort décidé le
L'amendement identique, discuté avec lui
- N° I-453 · Arnaud Bonnet Rejeté
Auteurs 71
- LFI-NFP 70
Les 70 cosignataires
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Gabriel Amard
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP David Guiraud
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 1906
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B1906P1D1N002381
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B1906