Adopté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre, par ordonnances, les adaptations rendues nécessaires par l’entrée en application des règlements (UE) n°s 2024/1347, 2024/1348, 2024/1349, 2024/1350, 2024/1351, 2024/1352, 2024/1356, 2024/1358, 2024/1359 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024, et les dispositions nécessaires à la transposition de la directive (UE) 2024/1346 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024

Amendement n° CL8

Élisa Martin LFI-NFP · Article unique

En clair

Élisa Martin a déposé cet amendement le 17 juil. 2026, avec 70 cosignataires, sur le texte « Projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre, par ordonnances, les adaptations rendues nécessaires par l’entrée en application des règlements (UE) n°s 2024/1347, 2024/1348, 2024/1349, 2024/1350, 2024/1351, 2024/1352, 2024/1356, 2024/1358, 2024/1359 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024, et les dispositions nécessaires à la transposition de la directive (UE) 2024/1346 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024 ». Il a été adopté en commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République le 27 juil. 2026.

Adoptés sur ce texte
3 sur 22amendements dont le sort est connu, en commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Ce qu'il propose

Le dispositif

Supprimer cet article.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement le groupe la France insoumise entend supprimer l’article unique de ce projet de loi.

Avec ce projet de loi, le Gouvernement sollicite des habilitations à légiférer par ordonnance, en vertu de l’article 38 de la Constitution, afin de procéder à la mise en œuvre du Pacte asile et migration, adopté le 14 mai 2024 par les Institutions de l’Union européenne.

Nous dénonçons le contenu de ce Pacte, qui s’applique dans les Etats membres depuis le 12 juin 2026. En effet, avec celui-ci, la Commission, les Etats membres et les principaux groupes politiques du Parlement européen favorables au Pacte (la droite, les libéraux et une grande majorité des socialistes), s’approprient les obsessions les plus xénophobes de l’extrême-droite européenne.

Cet ensemble de textes acte clairement la fin du régime d’asile européen commun et du droit à demander une protection internationale dans l’Union européenne. En effet, ce dernier entérine la fin du régime d’asile européen commun en permettant aux États membres de largement déroger au droit commun, dans de nombreuses situations. En pratique, différentes règles s’appliqueront simultanément dans différents États membres, ce qui empêchera toute harmonisation des pratiques et standards d’accueil et de protection à l’égard des exilés.

Pour les exilés, ce texte signifie que leur parcours migratoire sera toujours plus dangereux. Les standards d’accueil et de protection seront largement revus à la baisse. Ils et elles se verront massivement placés en détention pour des périodes toujours plus longues, seront victimes de refoulements illégaux, et de pratiques discriminatoires au faciès et selon leur nationalité.

En outre, dans ce Pacte, la « solidarité » devient un fourre-tout comprenant des contributions financières, des financements de projets, y compris dans des pays tiers peu respectueux des droits fondamentaux, qui n’hésitent pas à maltraiter des exilés. La solidarité du Pacte est une solidarité à géométrie variable, complètement dénaturée pour servir les objectifs d’externalisation de la politique migratoire européenne.

Au-delà du contenu du Pacte, le procédé utilisé par le Gouvernement pose problème. Tout d’abord, le Gouvernement a attendu deux ans pour présenter à quelques semaines de l’échéance du 12 juin 2026, le présent projet de loi au Sénat. Il arrive même à l’Assemblée nationale après ce délai. Cela lui permet de justifier le recours à des ordonnances par « l’urgence » de la situation et la volonté d’adapter rapidement le droit français. Or, ce faisant, le Gouvernement bafoue le Parlement, puisqu’il ne permet aux parlementaires de valider a posteriori le contenu de l’ordonnance, sans pouvoir l’amender. Cela est d’autant plus problématique que l’avant-projet de l’ordonnance prévue au I n’a toujours pas été communiqué aux parlementaires.

Ainsi, par le biais de cet amendement de suppression de l’article unique, le groupe la France insoumise entend s’opposer tant au contenu du Pacte asile et migration, qu’au procédé utilisé par le Gouvernement dans ce projet de loi.

Son sort

Sort décidé le
Les 2 amendements identiques, discutés avec lui

Auteurs 71

Élisa Martin LFI-NFP

Les 70 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 2820

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59051B2820P0D1N000008
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B2820