Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Exercer l’accès à l’emploi, pérenniser et étendre progressivement l’expérimentation Territoires zéro chômeur longue durée comme solution de retour à l’emploi pour les personnes privées durablement d’emploi

Amendement n° AS29

Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP · Après l'article 1er

En clair

Anaïs Belouassa-Cherifi a déposé cet amendement le 23 mai 2025, avec 69 cosignataires, sur le texte « Exercer l’accès à l’emploi, pérenniser et étendre progressivement l’expérimentation Territoires zéro chômeur longue durée comme solution de retour à l’emploi pour les personnes privées durablement d’emploi ». Il a été rejeté en commission des affaires sociales le 28 mai 2025.

Adoptés sur ce texte
71 sur 199amendements dont le sort est connu, en commission des affaires sociales

Ce qu'il propose

Le dispositif

Le code du travail est ainsi modifié :

1° Après l’article L. 5132‑2‑1, il est inséré un article L. 5132‑2‑1‑1 ainsi rédigé :

« Art. L. 5132‑2‑1‑1. – Il est proposé aux personnes inscrites à France Travail et durablement privées d’emploi décent, sous réserve de l’existence d’un territoire conventionné à moins de trente minutes de leur lieu de résidence, de profiter du dispositif « territoire zéro chômeur de longue durée ».

« La personne inscrite à France Travail qui propose sa candidature à territoire zéro chômeur de longue durée est exonérée de la signature d’un contrat d’engagement ou libéré de son engagement contractuel. » ;

2° L’article L. 5411‑6 est ainsi modifié :

a) Au cinquième alinéa, les mots : « auquel correspond une durée hebdomadaire d’activité du demandeur d’emploi d’au moins quinze heures » sont supprimés ;

b) Les sixième et septième alinéas sont supprimés.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, le groupe LFI-NFP propose que la participation, volontaire, au projet territoire zéro chômeur de longue durée (TZCLD) se substitue à la coercition exercée sur les privés d’emploi et notamment les bénéficiaires des minimas sociaux, à qui la macronie a imposé 15 heures d’activité hebdomadaire.

L’adoption de la loi n° 2023‑1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi est assurément au panthéon des mesures les plus antisociales de la macronie.

Les mesures qui y figurent sont fondées sur le dogme libéral selon lequel le chômage résulterait de comportements individuels. C’est bien sûr faux. Le niveau du chômage, et par opposition de l’emploi, est le produit de politiques macroéconomiques.

Les gouvernants qui se sont succédé à la tête du pays depuis 50 ans ont fait le choix du chômage.

Il en résulte qu’il n’y a tout simplement pas assez d’emplois disponibles pour chaque actif. Pour 446 000 emplois vacants selon la DARES, il y a 5,4 millions d’inscrits à France Travail, près de 12 fois plus. Cette approche comptable élude par ailleurs la nature des emplois disponibles : il faudrait en retrancher les emplois illégaux, indécents, de piètre qualité.

La solution doit venir de la puissance publique, qui doit organiser la création d’emplois, afin que tous ceux qui le souhaitent et le peuvent puissent occuper un emploi décent. C’est ce que nous proposons de substituer à la logique de coercition imposée par la macronie. C’est précisément la perspective de l’instauration d’une garantie d’emploi, chemin ouvert par la pérennisation de TZCLD.

Rappelons que l’article 2 de la loi dite « Plein emploi » est théoriquement applicable à tous les privés d’emploi et non seulement aux bénéficiaires de minimas sociaux. Selon ses modalités d’application, il peut mener au développement du travail forcé dans notre pays. Cette mesure est aujourd’hui appliquée d’une telle manière qu’elle relève d’une chasse aux pauvres, visant à les contraindre à réaliser une activité (y compris inutile) ou à leur faire perdre leurs droits aux minimas sociaux assurant leur survie.

La macronie a fait le choix de sacrifier le droit constitutionnel d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence, pour pouvoir imposer l’austérité et pour satisfaire les intérêts patronaux.

Les défenseurs des droits humains et des droits sociaux s’accordent sur l’inhumanité d’une telle politique.

Au mois de décembre 2024, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) dénonçait une « relégation inacceptable des droits humains derrière les priorités économiques » et alertait sur une « atteinte aux droits de l’Homme ». La Défenseure des Droits, Claire Hédon, considère également que cette loi « fragilise les effets de ce principe constitutionnel qui est censé garantir le droit à un revenu d’existence ».

La macronie a été battue aux élections législatives de juillet 2024 et, avec elle, son programme antisocial.

Il convient donc de revenir sur cette indigne réforme et de redonner de l’air aux plus pauvres de ce pays, aux personnes privées d’emploi.

C’est pourquoi le groupe LFI-NFP propose d’abroger les 15 heures d’activité hebdomadaire, pouvant prendre la forme du travail forcé, pour y substituer une orientation vers TZCLD lorsqu’un territoire conventionné est proche du lieu de résidence de la personne privée d’emploi.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 70

Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 1326

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO420120B1326P0D1N000029
Texte amendé (Assemblée nationale)
PIONANR5L17B1326