Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Renforcer la responsabilité des occupants et des bailleurs dans le logement social

Amendement n° CE6

Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP · Article 2

En clair

Anaïs Belouassa-Cherifi a déposé cet amendement le 25 sept. 2026, avec 70 cosignataires, sur le texte « Renforcer la responsabilité des occupants et des bailleurs dans le logement social ». Il a été rejeté en commission des affaires économiques le 29 sept. 2026.

Adoptés sur ce texte
8 sur 13amendements dont le sort est connu, en commission des affaires économiques

Ce qu'il propose

Le dispositif

Supprimer cet article.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer cet article 2.

Il permet en effet au préfet de se substituer au bailleur social pour saisir un juge en vue de la résiliation du bail d’un locataire. Ce dernier, ainsi que son conjoint, en cas de résiliation, ne pourraient pas déposer de nouvelle demande de logement social pendant 3 ans.

Concrètement, une personne n’ayant strictement rien à voir avec les faits reprochés se verrait interdire l’accès au logement social, ou expulsée du sien, du seul fait d’appartenir au même ménage.

Les enfants, les personnes âgées ou en situation de handicap présents au foyer subiraient les conséquences d’une expulsion ou d’un refus d’attribution dont ils ne sont en rien responsables. En punissant un ménage entier pour les actes d’un seul de ses membres, le RN substitue au principe de justice une logique de représailles collectives.

En ciblant les locataires et leurs familles plutôt que les causes structurelles de la crise du logement, le RN s’inscrit par ailleurs dans une logique punitive qui frappe en priorité des personnes déjà fragilisées. Priver une famille de logement pour la faute d’un seul de ses membres ne fait que plonger davantage de monde dans la détresse sociale, et, en l’absence de solutions de relogement adaptées, ces mesures exposent des familles entières à la rue et renforcent l’exclusion.

Cette mesure est de plus contre-productive : l’instabilité résidentielle et familiale est elle-même un facteur de risque de délinquance. La perte du logement aiderait-elle des parents parfois déjà démunis face au comportement délinquant de leurs enfants ? Que ressentiraient les frères, les sœurs, les enfants perdant leur domicile pour le comportement d’un seul membre de la famille ?

Dans la continuité de la macronie et de la loi sur le narcotrafic, plutôt que de renforcer les services publics, les politiques sociales, la prévention et l’entretien dans les quartiers populaires, le RN préfère réprimer, bouleverser les rapports locatifs et ouvrir la voie à des mises à la rue arbitraires et nombreuses.

Enfin, cet article ajoute une charge de travail et financière inutile aux bailleurs, qui appliquent déjà des règlements intérieurs et savent identifier les situations justifiant une résiliation de bail. Les organismes HLM disposent en effet déjà des outils juridiques nécessaires : impayés de loyers ou de charges, troubles de voisinage, troubles à l’ordre public, enquêtes de ressources restées sans réponse, etc.

Pour toutes ces raisons, nous demandons la suppression de cet article.

Son sort

Sort décidé le
L'amendement identique, discuté avec lui

Auteurs 71

Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Les 70 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3109

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO419610B3109P0D1N000006
Texte amendé (Assemblée nationale)
PIONANR5L17B3109