Retiré
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026
Amendement n° 916
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En clair
Élise Leboucher a déposé cet amendement le 30 oct. 2025, avec 70 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ». Il a été retiré le 7 nov. 2025.
- Adoptés sur ce texte
- 330 sur 2 374amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Au 7° du II de l’article L. 136‑1‑1 du code de la sécurité sociale, le taux : « 50 % » est remplacé par le taux : « 79 % ».
II. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise vise à supprimer l’assujettissement à la CSG et à la CRDS des apprenti·es gagnant entre 50 % et 79 % du SMIC.
Imposé par 49‑3 en février 2025, l’abaissement du plafond d’exonération de CSG et de CRDS vise à faire 360 millions d’euros d’économies sur le dos des apprenti·es les moins rémunéré·es, en taxant ceux dont la rémunération excède 883 euros brut mensuels.
Le salaire moyen d’un apprenti est de 1042 euros net par mois. L’application de cette réforme a fait perdre 24 euros par mois aux apprenti·es rémunéré·es au salaire moyen – soit 1042 euros par mois – et 49 euros par mois aux apprentis rémunérés à 79 % du SMIC. Cette taxation supplémentaire des apprenti·es, dont 75 % vivent déjà sous le seuil de pauvreté, est une mesure inique et indécente.
Elle illustre à la perfection la logique politique qui fonde les décisions budgétaires macronistes : prendre aux travailleurs, notamment aux plus pauvres, pour éviter, autant que possible, de revoir les aides aux entreprises. Les politiques de l’apprentissage sont aussi le lieu de la guerre de classe menée par la macronie et la droite, qui ont fait le choix de sacrifier ceux qui débutent dans la vie active, travaillent sous les statuts les plus précaires, pour des rémunérations inférieures au salaire minimum.
Car si cette mesure figurait dans les recommandations de la revue des dépenses conduites par l’IGAS et l’IGF sur les dépenses d’apprentissage en 2024, elle n’était pas la seule. Il y figurait aussi la fin de l’aide unique versée aux entreprises pour les étudiants préparant un diplôme du supérieur ou pour les entreprises de plus de 250 salariés : une mesure qui rapporterait 554 millions d’euros soit 194 millions d’euros de plus que la taxation du revenu des apprentis. De la même manière, il serait possible de revoir le mode de financement des contrats et de renforcer la participation des entreprises, pour un bénéfice allant jusqu’à 620 millions. Il existe bien des moyens de rendre plus efficientes les dépenses liées à l’apprentissage.
Cela fait des années que les parlementaires insoumis.e.s alertent sur cette gabegie financière que sont les aides à l’apprentissage, mal calibrées et provoquant des effets d’aubaine. Bruno Coquet, économiste à l’OFCE, estime à 24,9 milliards d’euros la dépense publique associée en 2023 : les finances publiques arrosent donc les employeurs de manière indiscriminée, avec pour principales bénéficiaires les grandes entreprises du secteur des services, engageant en contrat d’alternance des étudiants de master : 61,6 % des entrées en apprentissage concernaient des étudiants préparant un diplôme d’études supérieures, alors qu’ils étaient minoritaires avant 2020. Les apprentis sont devenus de la main-d’œuvre quasi gratuite pour les entreprise qui embauchent des apprenti·es alors qu’elles prévoyaient de toute manière des embauches sous d’autres statuts : cet effet d’aubaine est estimé à 206 000 contrats ! À l’autre bout du spectre, les jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation « ont peu profité de cette dynamique, puisque ceux-ci sont actuellement légèrement plus nombreux que fin 2019 ».
Pour toutes ces raisons, le groupe La France Insoumise souhaite supprimer l’injuste abaissement du plafond d’exonération de CSG et de CRDS à 50 % du SMIC pour les apprenti·es.
Son sort
- Examen
- En séance publique
- Sort décidé le
L'amendement identique, discuté avec lui
- N° 1075 · Sébastien Peytavie Retiré
Auteurs 71
- LFI-NFP 70
Les 70 cosignataires
- LFI-NFP Paul Vannier
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP David Guiraud
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Gabriel Amard
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 1907
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B1907P0D1N000916
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B1907