Adopté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-CF2727

Louis Boyard LFI-NFP · Article 58

En clair

Louis Boyard a déposé cet amendement le 22 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été adopté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 26 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Sport0 €0 €
Jeunesse et vie associative0 €0 €
Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030−5 000 000 €−5 000 000 €
Plan national de lutte contre les violences sexistes, racistes et LGBTIphobes dans le sport (création)+5 000 000 €+5 000 000 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, le groupe La France insoumise propose la mise en place d’un plan national de lutte contre les violences sexistes, racistes et LGBTIphobes dans le sport.

En 2020, le témoignage de la patineuse artistique Sarah Abitbol, violée par son entraîneur lorsqu'elle était adolescente, a entraîné une vague de rélévations sur le milieu sportif, où les relations asymétriques et de pouvoir entre entraîneur et athlète favorisent l'omerta et la perpétuation des violences. Une enquête du média Disclose sur la pédocriminalité et les violences sexuelles dans le sport révélait alors l'ampleur du phénomène, évoquant de 1970 à nos jours 77 affaires dans 28 disciplines sportives différentes, représentant ainsi 276 victimes, pour la plupart âgés de moins de 15 ans. Selon une étude de la Commission européenne, environ 55% des athlètes féminines rapportent avoir été victimes de harcèlement ou d’abus sexuels au cours de leur carrière. Un constat confirmé par la commission d'enquête parlementaire dédiée aux dysfonctionnements au sein des fédérations sportives qui dénonce éalement le « caractère systémique de dysfonctionnements qui trouvent leur origine dans l’organisation de la gouvernance du monde sportif et la relation particulière qui le lie à l’État ». De plus, des dysfonctionnements perdurent au sein des commissions disciplinaires, au détriment des victimes et de la libération de la parole. Si la précédente Ministre des Sports, Mme Oudéa-Castera, avait fait montre d'une volonté de « tolérance zéro » et lancé la plateforme de signalement Signal Sports, les moyens mis en place pour lutter contre ces violences ne sont toujours pas à la hauteur des enjeux. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire jugeait ainsi que la plateforme ne répondait pas aux besoins, évoquant « un outil essentiel qui souffre de graves lacunes », « une cellule invisibilisée par le ministère des Sports », la considérant « sous dimensionnée » et déplorant « un manque de moyens ».

De plus, nous pensons que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles doit également passer par la prévention, la lutte contre les stéréotypes dans le sport et une meilleure reconnaissance du sport féminin. Or les écarts de salaires et de rémunérations entre les femmes et les hommes dans le sport demeurent importants, le sport féminin est souvent invisibilisé et beaucoup moins médiatisé et les femmes subissent ce sexisme jusque dans leurs tenues vestimentaires tels que les JOP 2024 l'ont démontré. Or ce PLF 2027 n'inaugure rien de bon : les coupes budgétaires imposées par le gouvernement ont des effets concrets. Les indicateurs dédiés à la pratique sportive des publics prioritaires démontrent qu'en 2025, aucun objectif cible n'a été atteint, ce qui n'épargne pas le taux de licences féminines qui atteint 19,2% en 2025, n'augmente que de 0,2% par rapport à 2024, alors que la cible était de 26%. Les moyens financiers de l’Agence Nationale du Sport consacrés « à des actions en direction des jeunes filles et des femmes » ne représentent que 14,1% du total des moyens mobilisés en 2025, pour un objectif initial de 16%. Un chiffre en hausse mais toujours pas à la hauteur du retard accumulé, qui était de 9,8% en 2024, 9,4% en 2023 et 9,3% en 2022.

Enfin, récemment, l'interruption d'un match de football de la Coupe des Pays de la Loire dans la Sarthe pour des propos racistes, les attaques racistes subies par l'équipe des Bleus pendant la Coupe du monde ou encore le développement de prétendus "tests de féminité" devenant obligatoires pour participer à certaines compétitions sportives, démontrent qu'il y a urgence à lutter contre toutes les formes de discrimination, en particulier sexistes, racistes et LGBTIphobes dans le sport. Il faut également promouvoir une analyse intersectionnelle de ces discriminations, qui peuvent se cumuler et se renforcer entre elles, par exemple les stérotypes racistes et sexistes surexposent les femmes athlètes perçues comme non blanches à la remise en question de leur féminité et à la suspicion et à la surveillance de leurs corps.

Il y a donc urgence à lutter contre ces discriminations dans le sport en y associant tous les acteurs du secteur, à prévenir ces violences, apporter des moyens d'enquête interne, mettre en place un système d'écoute efficient des victimes, nommer plus d'inspecteurs et inspectrices spécifiquement formé·es, favoriser une prise en charge immédiate et adaptée des agresseurs afin de lutter contre les récidives, etc. Alors que les associations féministes réclament un budget total de 3 milliards pour lutter contre les violences faites aux femmes, nous vous proposons donc de créer un plan national de lutte contre les violences sexistes, racistes et LGBTIphobes dans le sport à hauteur de 5 millions d'euros.

En 2027, avec Jean-Luc Mélenchon, nous organiserons la mise en place réelle, à la fois contrôlée et évaluée, d'un plan d'action, de formation et de sensibilisation sur les violences sexistes, racistes et LGBTIphobes dans le sport, pour garantir l'inclusion de toutes et tous dans les pratiques sportives et réaffirmer le refus catégorique des tests de féminité.

Pour respecter la règle de recevabilité financière et donc permettre à cet amendement d’être discuté, nous proposons dans cet amendement de transférer des crédits de l’action 01 du programme 385 - Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 à hauteur de 5 millions en autorisations d’engagement et 5 millions en crédits de paiement, vers l'action 01 d'un nouveau programme « Plan national de lutte contre les violences sexistes, racistes et LGBTIphobes dans le sport », d'un montant équivalent en AE et CP. Notre intention n’est pas de ponctionner le programme 385 et nous appelons le Gouvernement à lever ce gage.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 70

Louis Boyard LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59048B3210P2D1N002727
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210