Rejeté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-CF1122
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En clair
Manon Meunier a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 22 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Compétitivité et durabilité de l'agriculture et de l'agroalimentaire | −500 000 000 € | −500 000 000 € |
| Sécurité et qualité sanitaires de l'alimentation | 0 € | 0 € |
| Conduite et pilotage des politiques de l'agriculture | 0 € | 0 € |
| Fonds public mutuel et solidaire pour faire face aux aléas climatiques (création) | +500 000 000 € | +500 000 000 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI vise à la refonte de la gestion des risques en agriculture, comme nous le ferons en 2027 avec Jean-Luc Mélenchon, et propose la création d'un fonds public mutuel et solidaire pour faire face aux aléas climatiques - comme la canicule, la sécheresse ou les épisodes de grêle de cet été qui ont engendré des dégâts et des pertes de récolte dramatiques pour de nombreux agriculteurs menacés de faillite.
Le nouveau système d'assurance-récolte mis en place par Emmanuel Macron en 2022 est profondément injuste et marche sur la tête - cet été 2026 en a fait une nouvelle fois la démonstration.
D'une part, il abreuve d'argent public les assureurs privés - le coût des assurances privées est subventionné à 70% par des fonds publics. Malgré cela, dès lors qu'un certain seuil de pertes est atteint, l'Etat - plutôt que les assureurs privés - prend en charge une grande partie de l'indemnisation des pertes des agriculteurs qui payent pourtant une assurance privée !
D'autre part, en revanche, ce système laisse à l'abandon tous ceux pour qui prendre une assurance privée n'est pas une option. Et ils sont évidemment très nombreux dans ce cas, alors que 18% des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté. Ainsi, 82% des surfaces agricoles françaises ne sont pas assurées.
Pour ceux qui n'ont pas accès à l'assurance privée, l'indemnisation de l'Etat pour leurs pertes de récolte - l'indemnité de solidarité nationale (ISN) - est dérisoire.
Elle ne se déclenche qu'à partir de 50% de pertes (cas général), et n'indemnise que 28% (ce taux est amené à diminuer encore dans les années à venir d'après ce qu'a prévu le Gouvernement !) des pertes au-delà du seuil de 50% de pertes. Un agriculteur non-assuré qui a 45% de pertes n'a rien. Un agriculteur non-assuré qui a 70% de pertes reçoit des miettes. Dans le même temps, ceux qui disposent d'une assurance privée sont indemnisés à 90% par l'Etat pour les pertes au-delà du seuil de 50% de pertes, les 10% restant étant pris en charge par l'assureur privé (qui est également censé couvrir, pour les assurés, les pertes entre les seuils de 30 et de 50%). .
On a donc un système complexe qui indemnise très fortement sur fonds public ceux qui ont les moyens d'accéder à une assurance privée, et laisse presque à l'abandon ceux qui ne sont pas assurés.
Nous proposons à l'inverse un système qui donne une véritable garantie de sécurité aux agriculteurs face aux aléas climatiques, et qui leur permette d'exercer leur métier avec plus de sérénité face aux chocs climatiques qu'ils devront de toutes façons affronter en première ligne.
C'est pourquoi, par cet amendement, nous proposons d'instaurer un fonds public mutuel et solidaire pour faire face aux aléas climatiques. Il serait alimenté par l'Etat, mais aussi par des contributions des secteurs économiques de l'aval comme les industries agroalimentaires et la grande distribution et par une contribution du secteur des assurances. Ce fonds garantira une protection universelle à toutes les exploitations indépendamment de leur capacité à se procurer une assurance privée. La solidarité nationale doit protéger réellement celles et ceux qui nous nourrissent.
En raison des contraintes de recevabilité financière au titre de l’article 40 de la Constitution de la Vè République, le présent amendement procède au mouvement de crédits suivant :
- Il abonde de 500 millions d’euros en autorisations d'engagement et en crédits de paiement le nouveau programme "fonds public mutuel et solidaire pour faire face aux aléas climatiques".
- Il minore de 500 millions d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement l'action 25 – Protection sociale du programme 149 Compétitivité et durabilité de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt.
Nous ne souhaitons pas pour autant réduire les crédits du programme 149 et demandons au Gouvernement de lever le gage.
Son sort
- Sort décidé le
Auteurs 70
- LFI-NFP 69
Les 69 cosignataires
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Shéhérazade Bentorki
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59048B3210P2D1N001122
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210