Adopté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-CF901

Jean-François Coulomme LFI-NFP · Article 58

En clair

Jean-François Coulomme a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été adopté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 22 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Coordination du travail gouvernemental−80 000 000 €−80 000 000 €
Protection des droits et libertés0 €0 €
Plan de soutien à la numérisation et la cybersécurité de l'administration (création)+80 000 000 €+80 000 000 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, les député.es du groupe LFI souhaitent financer un plan de soutien à la numérisation et la cybersécurité de l’administration.

La situation géopolitique nous met face à l’irresponsabilité des gouvernements ces dernières années quant à la dépendance numérique majeure dans laquelle nous nous trouvons vis-à-vis des États-Unis pour le fonctionnement de nos administrations. La fin du support de Windows 10 et la nécessité de migrer vers Windows 11 sur l’ensemble des terminaux ont notamment mis en lumière la dépendance de nos services publics à l’égard d’entreprises privées étrangères, dont les décisions peuvent du jour au lendemain stopper l’activité de toute une administration.

En outre, la situation en matière de cybersécurité est particulièrement préoccupante. Depuis 2024, de nombreuses fuites de données ont touché des organismes publics. En 2024, une cyberattaque contre France Travail a exposé des données personnelles susceptibles de concerner jusqu’à 43 millions de personnes. En avril 2026, l’ANTS a également subi une cyberattaque exposant potentiellement 11,7 millions de comptes. Ce ne sont que quelques exemples alors que la Direction générale des finances publiques (DGFiP), l’Éducation nationale, les bénéficiaires du dispositif « Coup de pouce énergie » via l’Agence de services et de paiement (ASP) ou encore les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) ont également été concernés ces derniers mois.

Cette situation est le fruit d’une politique qui n’a pris la mesure des enjeux stratégiques et politique du numérique. Si, ces dernières années, le Gouvernement a engagé le développement d’outils numériques propres à l’administration, tels que FranceConnect, Tchap ou La Suite et si certaines administrations (tel que le ministère de l’Education et Bercy l’ont annoncé) ont entamé un processus de migration de Windows vers des systèmes d’exploitations libre et open source, la politique globale que le Gouvernement persiste à poursuivre s’inscrit dans une vision marchande et néo-libérale du numérique.

Nous estimons que l’État doit entamer un plan massif d’internalisation des outils numérique que celui-ci doit prendre en charge pour son administration. À ce titre nous devons changer d’échelle et investir massivement pour l’avenir numérique et pérenniser l’entretien et le maintien des outils sans s’en remettre exclusivement à des start ups. Or, les directions chargées du numériques se cantonnent de plus en plus à des autorités de « labélisation » des opérateurs privés, alors qu’elles devraient être des coordonnatrices d’une stratégie de numérisation et de réinternalisation des outils numériques au sein des administrations. Nous considérons que le numérique est devenu un levier essentiel de la souveraineté et il ne saurait à ce titre être soumis à des prestataires privés.

Pour cela nous proposons un premier plan de soutien à la numérisation de 80 millions d’euros permettant de doubler le budget de la LFI 2026.

Pour ce faire, nous proposons avec cet amendement de redéployer 80 millions d’euros en AE et en CP de l’action 02 « Coordination de la sécurité et de la défense » du programme 121 « Coordination du travail gouvernemental », pour abonder du même montant un nouveau programme intitulé « Plan de soutien à la numérisation et la cybersécurité de l’administration ». Nous demandons au Gouvernement de lever le gage.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 70

Jean-François Coulomme LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59048B3210P2D1N000901
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210