Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-CF878

Sarah Legrain LFI-NFP · Article 58

En clair

Sarah Legrain a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 21 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Presse et médias−20 000 000 €−20 000 000 €
Livre et industries culturelles0 €0 €
Plan de lutte contre les discriminations, le racisme et les violences sexistes et sexuelles et de défense de l'égalité et de la diversité dans les médias, les entreprises de presse et l'audiovisuel public (création)+20 000 000 €+20 000 000 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe La France insoumise propose de créer un fonds dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), le racisme et les discriminations dans les médias, les entreprises de presse et l’audiovisuel public, afin de financer la formation des professionnelles et professionnels du secteur, la prévention et l’accompagnement des victimes.

Depuis #MeToo en 2017, les témoignages ont mis au jour l’ampleur des VSS dans les secteurs médiatiques et culturels comme dans toutes les sphères de la société patriarcale. Les rédactions n’ont pas fait exception. En 2019, l’affaire de la « Ligue du LOL » a révélé que des journalistes et des communicants avaient, pendant des années, harcelé en ligne des femmes et des personnes issues des minorités, dans l’indifférence quasi générale de leur milieu professionnel.

En 2021, les accusations portées contre Patrick Poivre d’Arvor, figure du journalisme télévisé, ont libéré la parole de nombreuses femmes et donné naissance à #MeTooMédia, en révélant le poids de l’emprise, de l’impunité et du silence imposé aux victimes dans les grandes rédactions. Ces constats ont été confirmés par la représentation nationale : en avril 2025, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les violences dans le cinéma, l’audiovisuel, le spectacle vivant, la mode et la publicité a conclu que ces violences sont « persistantes, endémiques et donc systémiques ».

Cette réalité est indissociable de celle du racisme et des discriminations, qui touchent les recrutements, les conditions de travail et l’évolution de carrière. En 2018, l’ouvrage collectif Noire n’est pas mon métier, porté par seize actrices noires et métisses, a documenté les obstacles, les assignations et les remarques racistes auxquels elles font face dans leur parcours professionnel. L’enquête des universitaires Maxime Cervulle et Sarah Lécossais le confirme dans le cinéma, le théâtre et l’audiovisuel, où la carrière des comédiennes et comédiens racisés, de la formation au plateau, reste placée « sous l’emprise de catégories ethnoraciales dont il est difficile et rare de pouvoir se défaire ».

Les entreprises de presse ne sont pas épargnées. Le rapport du SNJ-CGT sur le racisme dans les rédactions fait état de propos et de comportements racistes : “trop noire pour passer à l’antenne”, d’une faible diversité des effectifs et d’un manque de dispositifs de signalement et de protection pour les journalistes qui en sont victimes : 24,2 % des 167 répondants déclarent avoir subi du racisme au travail, mais seuls 28,6 % d’entre eux en ont fait part à leur hiérarchie et 17,7 % ont reçu du soutien de leur entreprise. Cette faible diversité se retrouve jusque dans les palmarès : en trente-huit ans, seuls deux journalistes non blancs ont reçu le prix Albert-Londres de la presse écrite. Banalisées, ces discriminations isolent celles et ceux qui les subissent.

Y répondre suppose de former les équipes, de prévenir les comportements discriminatoires, de protéger les victimes et de transformer durablement les pratiques professionnelles. L’audiovisuel public, au regard de ses missions et de son rôle dans la vie démocratique, doit montrer l’exemple, dans le respect de l’indépendance éditoriale et de la liberté de la presse.

Le fonds ainsi créé financera des formations, des dispositifs de prévention et d’accompagnement des victimes, des actions de sensibilisation auprès des professionnels et des mesures concrètes de lutte contre les VSS, le racisme et les discriminations au sein des entreprises du secteur.

Pour respecter les règles de recevabilité financière, l’amendement transfère 20 millions d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement de l'action 02 du programme « Presse et médias » vers un nouveau programme intitulé « Plan de lutte contre les discriminations, le racisme et les violences sexistes et sexuelles et de défense de l'égalité et de la diversité dans les médias, les entreprises de presse et l'audiovisuel public » qu'il abonde du même montant en AE et en CP. Le groupe LFI appelle le Gouvernement à lever le gage.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 70

Sarah Legrain LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59048B3210P2D1N000878
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210