Adopté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° AS729

Zahia Hamdane LFI-NFP · Après l'article 28

En clair

Zahia Hamdane a déposé cet amendement le 8 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il a été adopté en commission des affaires sociales le 15 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
173 sur 1 659amendements dont le sort est connu, en commission des affaires sociales

Ce qu'il propose

Le dispositif

Dans un délai de trois mois suivant la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport présentant le bilan de la mise en œuvre de l’article 53 de la loi n° 2023‑1250 du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024. Ce rapport étudie l’opportunité d’une extension de la liste des médicaments pouvant être délivrés à l’unité aux médicaments d’intérêt thérapeutique majeur en rupture ou en risque de rupture de stock ainsi qu’aux médicaments présentant des risques addictifs. Par ailleurs, ce rapport envisage la mise en place d’une interdiction faite aux conseils de disciplines de l’ordre des pharmaciens de prononcer des sanctions à l’encontre de pharmaciens ayant délivré des médicaments à l’unité afin d’assurer un rôle de préventeurs. Enfin, ce rapport s’attache à évaluer les économies pour l’Assurance maladie permises par une extension aussi large que possible de la délivrance à l’unité ou de l’imposition de nouveaux conditionnements aux industriels. Il met en évidence les profits des industriels résultant de conditionnements inadaptés et leur rôle tant dans le gaspillage de médicaments que dans les difficultés rencontrées par certains patients pour accéder à leur traitement.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, les député.e.s membres du groupe la France insoumise souhaitent dénoncer les sanctions injustes prononcée envers des pharmaciens dispensant à l’unité des médicaments en risque de pénurie ou présentant des risques addictifs.

Il s’agit aussi de pointer la responsabilité des industriels du médicament dans ces pénuries.

En avril 2025, le Conseil régional de l’ordre des pharmaciens de Nouvelle-Aquitaine a sanctionné deux pharmaciens de Corrèze de 6 mois d’interdiction d’exercice dont 4 mois avec sursis.

Il leur était reproché d’avoir distribué à l’unité des médicaments en risque de pénurie ou représentant des risques addictifs, ce qui apparaît pourtant relever d’une attitude responsable et ancrée dans une démarche de prévention.

Cette sanction, injuste et disproportionnée, fut pourtant confirmé par la chambre disciplinaire de l’ordre des pharmaciens en avril 2026.

En sanctionnant des pharmaciens de la sorte, l’ordre fait la preuve de son alignement sur les grands laboratoires pharmaceutiques financiarisés, farouches opposants de la dispensation à l’unité.

En effet, les lobbys pharmaceutiques entravent les possibilités de dispensation à l’unité car ils ont trop à y perdre, eux qui profitent de la dispensation sous un conditionnement inadapté. Dans de nombreuses situations, des boîtes entières sont délivrées, contenant des unités en excès par rapport aux besoins du patient. Cela permet aux laboratoires de facturer davantage à l’Assurance maladie et aux patients via leurs assurances complémentaires.

La Cour des comptes estime à 1,7 milliards d’euros les pertes associés au gaspillage des médicaments, qui sont à mettre au crédit des laboratoires pharmaceutiques qui en tirent des profits indus.

En plus de provoquer les pénuries par leurs stratégies commerciales immorales, les industriels du médicament organisent un gigantesque gaspillage, au moment même où des patients ne peuvent accéder à des traitements d’une importance majeure pour leur santé et parfois vitaux.

Le cadre légal résultant du décret n° 2022‑100 du 31 janvier 2022 et de l’article 53 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 permettant la délivrance à l’unité ne concerne aujourd’hui que certains antibiotiques, stupéfiants et la quétiapine. Ces silences concernant les médicaments d’intérêts thérapeutiques majeurs et en risque de pénurie, ou encore les médicaments présentant des risques addictifs (dont les benzodiazépinies) sont regrettables.

La dispensation à l’unité permet justement de répondre aux besoins des patients, parfois urgents, lorsque les stocks sont bas. Elle est utile pour la santé publique, écologiquement justifiée, en même temps que source d’économie pour les patients et l’Assurance maladie. Une telle démarche devrait au contre être généralisée.

La rapidité et la sévérité de ces sanctions envers deux pharmaciens est d’autant plus étonnante lorsqu’elle est mise en regarde de la faiblesse des sanctions envers les pharmaciens ayant accepté les cadeaux illégaux du laboratoire Urgo, y compris des responsables politiques de droite, se limitant parfois à quelques milliers d’euros d’amende.

Pour toutes ces raisons, le groupe La France Insoumise souhaite porter le sujet d’une extension de la délivrance à l’unité, d’une meilleure régulation des pratiques des laboratoires en leur imposant des conditionnements plus adaptés aux usages des patients et, enfin, d’une annulation des sanctions prises contre ces pharmaciens qui n’ont fait que leur devoir de préventeur.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 70

Zahia Hamdane LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO420120B3211P0D1N000729
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211