Tombé

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° AS621

Damien Maudet LFI-NFP · Article 7

En clair

Damien Maudet a déposé cet amendement le 8 oct. 2026, avec 68 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il est tombé en commission des affaires sociales le 14 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
173 sur 1 659amendements dont le sort est connu, en commission des affaires sociales

Ce qu'il propose

Le dispositif

Après l’alinéa 28, insérer les deux alinéas suivants :

« 6° Après le VII, il est inséré un VIII bis ainsi rédigé :

« VIII bis. – Les exonérations prévues au présent article sont subordonnées au respect d’obligations sociales et environnementales définies par décret. La méconnaissance de ces obligations donne lieu à une sanction prévue par le même décret dont le produit est affecté à la sécurité sociale. » ; ».

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe La France Insoumise vise à conditionner les exonérations de cotisations sociales au respect d’obligations sociales et environnementales.

En 2024, le taux de pauvreté a atteint 15,4 % en 2024, son plus haut niveau depuis trente ans. Une hausse spectaculaire accélérée depuis l’élection de Macron : 1,2 M de personnes sont devenues pauvres depuis 2017. La hausse de l’inflation cumulée depuis début 2021 qui atteindrait 16,4 % en intégrant la prévision de 1,8 % pour 2026 ampute durablement le pouvoir d’achat et précipite davantage de français dans la précarité matérielle : 9 millions de personnes vivant dans un logement ordinaire, hors Mayotte subissent des privations matérielles selon l’INSEE. De même, 37 % des Français ne peuvent pas se procurer une alimentation saine à même de leur permettre de faire trois repas par jour (+4 % en un an), selon le Baromètre du Secours Populaire de 2026.

Les effets du réchauffement climatique accroissent l’ensemble de ces inégalités. Selon santé publique France, « une exposition à des températures extrêmes se traduit par une mortalité accrue des populations les plus fragiles et les plus défavorisées socialement », et les populations précaires sont davantage exposées aux risques climatiques et disposent de moins de moyens pour s’en protéger et s’en relever, selon le GIEC.

Pendant ce temps, les 40 plus grandes entreprises battent chaque année leur précédent record de dividendes versés, avec 107,6 milliards d’euros en 2025 (les rachats d’actions étant inclus) et déjà 61 milliards entre avril et juin 2026, devenant ainsi deuxième mondial, derrière les États-Unis.

Ces mêmes entreprises contreviennent aux objectifs de l’Accord de Paris en poursuivant une trajectoire de réchauffement climatique à 2,7°C, selon Oxfam. Certaines d’entre elles s’exonèrent unilatéralement et illégalement de l’obligation relative à la publication de l’ensemble de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Plan de Relance, France 2030, PGE, baisse d’impôt de production, sans oublier le célèbre CICE, les grandes entreprises ont été perfusées d’argent public, sans aucune contrepartie sociale, économique ou environnementale, en contradiction manifeste à la Charte de l’environnement de 2004. Rien de conséquent pour soutenir les plus fragiles et la consommation populaire. Si peu pour les investissements directs pourtant indispensables à la bifurcation écologique. Des cadeaux pour le capital, rien pour le peuple.

Le prochain Gouvernement Insoumis entend rompre avec ces logiques libérales par l’annulation des aides non conditionnées et l’obligation d’une comptabilité carbone d’entreprise, certifiée par un organisme public, qui intègre leurs émissions directes et indirectes. Le respect des obligations environnementales des entreprises sera placé sous le contrôle du Conseil à la planification écologique.

Dans l’attente de la victoire de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, cet amendement vise à établir une conditionnalité des aides publiques. En cas de non-respect des conditions, les entreprises se verront contraintes à des sanctions reversées au financement de la sécurité sociale.

Son sort

Sort décidé le
L'amendement identique, discuté avec lui

Auteurs 69

Damien Maudet LFI-NFP

Les 68 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO420120B3211P0D1N000621
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211