Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-AC197

Rodrigo Arenas LFI-NFP · Article 58

En clair

Rodrigo Arenas a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des affaires culturelles et de l'éducation le 21 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
120 sur 498amendements dont le sort est connu, en commission des affaires culturelles et de l'éducation

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Enseignement scolaire public du premier degré0 €0 €
Enseignement scolaire public du second degré0 €0 €
Vie de l'élève0 €0 €
Enseignement privé du premier et du second degrés−83 000 000 €−83 000 000 €
Conduite et soutien des politiques de l’enseignement, de la recherche, de la jeunesse, de la vie associative et des sports0 €0 €
Enseignement technique agricole0 €0 €
Plan d’urgence de recrutement des 1 588 postes enseignants supprimés dans le PLF 2027 (création)+83 000 000 €+83 000 000 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, le groupe LFI souhaite rétablir les 1 588 postes d’enseignants supprimés par le Gouvernement dans le projet de loi de finances pour 2027, dont 1 250 dans l’enseignement public et 338 dans l’enseignement privé sous contrat, après la suppression de 4 000 postes en 2026.

Depuis 2017, plus de 10 000 postes ont déjà été supprimés dans l’enseignement public, alors que le taux d’encadrement continue de se dégrader. La France compte en moyenne 21,3 élèves par classe en primaire et 25,3 au collège, soit respectivement 2 et 4,5 élèves de plus que la moyenne européenne. Au lycée général et technologique, la moyenne atteint 30,2 élèves, contre 27,1 en 1990. Plutôt que de saisir l’occasion de la baisse démographique pour améliorer les conditions d’apprentissage, le Gouvernement choisit de maintenir des classes surchargées et d’organiser la précarisation du corps enseignant. Selon les Repères et références statistiques 2026 du ministère, les contractuels représentent désormais 11,2 % des enseignants du second degré public, contre 5,1 % en 2008.

Pourtant, toutes les études convergent : réduire la taille des classes améliore significativement la réussite scolaire, en particulier pour les élèves issus de milieux populaires. L’Institut des politiques publiques (juin 2025) estime que maintenir les effectifs enseignants malgré la baisse démographique ferait passer la taille moyenne des classes de 22,4 à 18,2 élèves d’ici 2034, avec un gain économique net de 4,5 milliards d’euros et un supplément de recettes fiscales d’environ 2,9 milliards. En effet, une amélioration des conditions d’apprentissage des élèves a notamment un effet positif sur le niveau général de réussite des élèves, ce qui signifie qu’ils pourront par la suite prétendre à des postes statistiquement plus rémunérateurs, source de rentrées fiscales supplémentaires pour l’État. Supprimer des postes est donc un choix budgétaire irationnel qui représente un coût différé pour la collectivité.

Ces suppressions interviennent alors que la crise d’attractivité du métier atteint un niveau alarmant. Selon l’OCDE, les enseignants français gagnent 19 % de moins que la moyenne des autres diplômés du supérieur, et subissent un retard de 18 % par rapport à leurs pairs de l’organisation en milieu de carrière (Regards sur l’éducation 2026). Seuls 27 % d’entre eux se déclarent satisfaits de leur rémunération (Regards sur l’éducation 2026), et à peine 4 % estiment leur métier valorisé par la société (enquête TALIS 2024). Les conséquences sont immédiates : à la rentrée 2026, il manquait au moins un professeur dans 53 % des collèges et lycées. Ce manque structurel est au cœur de la mobilisation lycéenne historique engagée depuis septembre.

Rétablir ces postes est une mesure de justice sociale et éducative. Elle permettrait d’améliorer l’encadrement des élèves, d’alléger la charge de travail des enseignants, de garantir la continuité pédagogique et d’assurer l’effectivité du droit à l’éducation sur l’ensemble du territoire.

Pour respecter les règles de recevabilité financière, nous proposons un transfert de crédits de titre 2 à hauteur de 83 millions d’euros en autorisations d’engagements et en crédits de paiement de l’action 11 « Remplacement » du programme 139 « Enseignement privé du premier et du second degrés » vers l’action 01 d’un nouveau programme intitulé « Plan d’urgence de recrutement des 1 588 postes enseignants supprimés dans le PLF 2027 », d’un montant équivalent en AE et CP. Notre intention n’est pas de ponctionner le programme 139 et nous appelons le Gouvernement à lever ce gage.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 70

Rodrigo Arenas LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO419604B3210P2D1N000197
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210