amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-AC14
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En clair
Marie Mesmeur a déposé cet amendement le 9 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il est tombé en commission des affaires culturelles et de l'éducation le 14 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 120 sur 498amendements dont le sort est connu, en commission des affaires culturelles et de l'éducation
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Formations supérieures et recherche universitaire | −94 000 000 € | −94 000 000 € |
| Vie étudiante | 0 € | 0 € |
| Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires | −600 000 000 € | −600 000 000 € |
| Recherche spatiale | −501 000 000 € | −501 000 000 € |
| Recherche dans les domaines de l'énergie, du développement et de la mobilité durables | −800 000 000 € | −800 000 000 € |
| Recherche et enseignement supérieur en matière économique et industrielle | 0 € | 0 € |
| Enseignement supérieur et recherche agricoles | 0 € | 0 € |
| Droit à la poursuite d'études (création) | +1 995 000 000 € | +1 995 000 000 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Par cet amendement, nous souhaitons instaurer le droit à la poursuite d’études pour chaque étudiant·e, en formation initiale ou continue, dans la filière de son choix. Nous nous opposons ainsi à la politique de sélection à l’entrée à l’université du Gouvernement et proposons la suppression de Parcoursup et de Mon Master.
De 2018 à 2026, 760 238 candidats ayant décroché leur baccalauréat sur cette période n’ont reçu aucune proposition d’admission dans l’enseignement supérieur via Parcoursup, ou ont quitté la plateforme sans en accepter une. Ce sont des centaines de milliers de lycéen.nes qui renoncent à leur projet d’études, et pour qui le droit fondamental à la poursuite d’études n’est plus garanti depuis longtemps.
Parcoursup est intrinsèquement lié à la loi ORE et à la réforme du lycée, qui remettent en cause le baccalauréat comme diplôme national et premier grade universitaire. Loin d’être un simple algorithme, il est conçu comme un outil de tri des candidats selon leurs spécialités et leur lycée d’origine. Dès l’âge de 15 ans, pour répondre aux attendus de Parcoursup et mettre toutes les chances de leur côté, les élèves sont invités à faire valoir sur leur CV les activités extra-scolaires qu’ils ont pu exercer.
Parcoursup est un outil de sélection sociale de fait, qui reproduit et approfondit les inégalités sociales et territoriales existantes que subissent les élèves afin de gérer le manque de moyens de l’université publique ; le tout à travers un algorithme opaque qui rend les décisions d’autant plus injustes pour les candidats qui n’obtiennent aucune affectation. Une sélection que rien ne justifie si ce n’est la situation dans laquelle les politiques successives de réduction du nombre d’enseignants chercheurs à l’université ont délibérément et méthodiquement placé l’enseignement supérieur.
Instauré en 2018, Parcoursup tire un trait sur une conquête démocratique majeure : le droit pour chaque bachelier, détenteur du premier grade universitaire, de s’inscrire dans la filière de son choix.
Marie Mesmeur et le groupe LFI ont déposé le 11 juillet 2025 une proposition de loi visant à abroger Parcoursup et à restaurer ce droit pour toutes et tous. Cette exigence est au cœur de la mobilisation lycéenne et étudiante : partout en France, les jeunes dénoncent la dégradation de leurs conditions d’études et le tri social opéré par Parcoursup et Mon Master. Ils ne demandent pas une nouvelle réforme de Parcoursup, mais son abrogation, l’ouverture massive de places et le droit de poursuivre leurs études dans la formation de leur choix.
Nous proposons donc de redonner le droit à chacun, en formation initiale ou continue, à s’inscrire dans la filière de son choix. Nous proposons à cette fin l’ouverture en urgence de 150 000 places supplémentaires en licence et master dès l’année prochaine. Sur la base d’un coût de 13 300 euros par étudiant et par an, l’ouverture de ces 150 000 places représente un besoin de financement supplémentaire de 1 995 000 000 euros. Nous planifierons sur plusieurs années les moyens humains et matériels nécessaires pour atteindre les 250 000 places supplémentaires, l’une des 10 mesures d’urgence de la plateforme de revendications signée par l’Union étudiante, Union Syndicale Lycéenne (USL), Solidaires étudiant·es, l’Union Nationale des Étudiants de France (UNEF) et la FAGE dans le cadre de la mobilisation des lycéens et étudiants.
Pour respecter les règles de recevabilité financière, nous proposons dans cet amendement de transférer des crédits en autorisation d’engagement et crédits de paiement :
– l’action 02 « « Agence nationale de la recherche du programme 172 à hauteur de 600 000 000 d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement ;
– l’action 04 « « Etablissements d’enseignement privés » » du programme 150 à hauteur de 94 000 000 d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement ;
– l’action 04 « Maîtrise de l’accès à l’espace » du programme 193 à hauteur de 301 000 000 d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement ;
– l’action 05 « Maîtrise des technologies orbitales et de l’innovation technologique » du programme 193 à hauteur de 200 000 000 d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement ;
– l’action 16 « Recherche dans le domaine de l’énergie nucléaire » du programme 190 à hauteur de 300 000 000 d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement ;
– l’action 15 « Charges nucléaires de long terme des installations du CEA » du programme 190 à hauteur de 500 000 000d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement ;
Ces crédits (en AE et CP) sont transférés vers un nouveau programme intitulé « Droit à la poursuite d’études ». Nous proposons ce transfert de crédits pour respecter les règles imposées par l’article 40 de la Constitution mais nous ne souhaitons pas réduire ces crédits. Nous appelons le Gouvernement à lever le gage.
Son sort
- Sort décidé le
Auteurs 70
- LFI-NFP 69
Les 69 cosignataires
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Shéhérazade Bentorki
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO419604B3210P2D1N000014
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210