amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité

Amendement n° 62

Arnaud Saint-Martin LFI-NFP · Article 16 bis

En clair

Arnaud Saint-Martin a déposé cet amendement le 2 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
0 sur 28amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« Aucun service de réseau social en ligne, tel que défini à l’article 6 de la loi n° 2004‑575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, ne peut mettre en place d’outils, de quelque nature que ce soit et à quelque fin que ce soit, visant à récolter de façon systématique sous format numérique les cartes nationales d’identité, passeport ou tout document officiel d’identité permettant d’identifier ses utilisateurs ».

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, le groupe LFI souhaite s'opposer aux dérives numériques liberticides auxquelles on assiste qui se traduisent notamment par le souhait, plus ou moins assumé, d'instaurer un contrôle généralisé de l'identité en ligne. Cela menace ainsi directement la protection de nos données personnelles en ligne et s'oppose aux principes fondateurs du développement de l'espace numérique, tel que le droit à l'anonymat.

Ces dernières années, le Gouvernement a tenté à plusieurs reprises, sous couvert d'instrumentalisation de causes qui sont en elles-mêmes légitimes, d'imposer in fine un contrôle généralisé de l'identité en ligne qui aurait pu se traduire par la récolte directe des pièces d'identité des utilisateur•rices par des acteurs privés, comme les GAFAM, qui disposeraient alors toujours plus de données personnelles - qui sont au fondement de leur modèle économique dans le cadre d'un capitalisme de surveillance toujours plus développé - sans que l'on puisse savoir exactement ce qui en est fait et si leur protection est réellement suffisante.

La proposition d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans récemment examinée en juillet 2026 par le Parlement en est une illustration éclairante. Sous couvert de protéger les mineurs des effets néfastes des réseaux sociaux - qui est une réalité qui mérite une véritable politique publique en la matière - le Gouvernement souhaitait instaurer une interdiction stricte et non-proportionnée des réseaux sociaux, ce qui aurait nécessité de facto la mise en place d'un mécanisme de contrôle généralisé de l'identité en ligne pour connaitre de façon suffisamment fiable l'âge des utilisateur•rices et donc leur appliquer ou non l'interdiction. Parmi les pistes explorées, le Gouvernement envisageait de recourir à l'application France Identité, qui regroupe les documents officiels de ses utilisateur•rices sous format numérique et qui aurait donc pu servir à justifier de son âge auprès des fournisseurs de réseaux sociaux. Face à cette menace qui remettait directement en cause la protection de nos données personnelles en ligne et l'existence même du droit à l'anonymat, nous avons donc déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel, arguant notamment du fait que le contrôle généralisé de l'identité en ligne que le dispositif proposé aurait induit n'était absolument pas encadré ni proportionné au but poursuivi - et c'est notamment sur ce fondement que les Sages de la rue Montpensier nous ont donné raison, en censurant intégralement l'article de la loi qui prévoyait l'interdiction.

Dans ce contexte, et alors que de nouveaux projets d'interdictions d'accès à des réseaux sociaux sont envisagés à la fois au niveau national et au niveau de l'Union européenne, nous souhaitons inscrire dans la loi un principe selon lequel des fournisseurs privés de réseaux sociaux ne puissent jamais, à aucun moment, avoir accès à nos pièces d'identités en ligne.

Auteurs 70

Arnaud Saint-Martin LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte de la commission n° 1779

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901BTC1779P0D1N000062
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17BTC1779