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Sur le texte : Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité
Amendement n° 54
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En clair
René Pilato a déposé cet amendement le 1er oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
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Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Après qu’une entité visée à l’article 37 a fait l’objet d’au moins une sanction au titre du même article dans les douze derniers mois et en cas de manquements répétés aux obligations prévues par le présent titre, ou lorsque ces manquements font peser un risque grave sur la continuité d’un service essentiel ou un risque grave de fuite de données personnelles, la commission des sanctions peut, sur autorisation du tribunal administratif, nommer un administrateur provisoire chargé de superviser les systèmes d’information de ladite entité, pour une durée maximale de douze mois, renouvelable une fois dans les mêmes conditions.
Le tribunal administratif est saisi par la commission des sanctions, ou, en cas d’urgence, par le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. Le tribunal statue dans un délai de sept jours.
La tutelle ne porte que sur les systèmes d’information et leurs composantes de sécurité. Elle ne peut s’étendre aux autres secteurs d’activité de l’entité.
II. – L’administrateur provisoire est nommé parmi les agents de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information habilités. Il dispose des pouvoirs nécessaires à l’accomplissement de ses missions, notamment l’accès complet au système d’information, ainsi que le pouvoir de prendre les mesures de modification nécessaires pour garantir la sécurité dudit système. Il nomme et gère les agents de l’entité concernée pour mener à bien sa mission.
III. – L’administrateur et l’ensemble des agents extérieurs à l’entité qui participent à la gestion de la tutelle sont tenus à la confidentialité.
Sans préjudice des autres obligations de confidentialité prévues par la loi, toute divulgation d’éléments relatifs à l’activité de la tutelle, quelle qu’en soit la forme, est punie des peines prévues à l’article 226‑13 du code pénal.
IV. – La fin de la tutelle peut être prononcée à tout moment par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information sur demande de l’administrateur. L’entité concernée peut saisir le tribunal administratif pour mettre fin à la tutelle. Il peut y être mis fin par le tribunal administratif, que si l’entité démontre qu’elle est en conformité avec les exigences prévues par le titre II de la présente proposition de loi.
V. – Les frais de tutelle sont entièrement pris en charge par l’entité concernée. Ces frais incluent notamment le remboursement du salaire de l’administrateur et des agents de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information en gestion de la tutelle.
VI. – Les dispositions du présent article s’appliquent aux entités établies sur le territoire national quelle que soit leur nationalité. Sous réserve des conventions internationales, la tutelle ne peut viser que les systèmes d’information accessibles depuis le territoire national.
VII. – Un décret pris en Conseil d’État précise les modalités d’application de la présente proposition de loi.
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Par cet amendement, les député.es du groupe LFI souhaitent proposer une procédure de mise sous tutelle des systèmes d'information des entités en raison de manquements répétés ou de risque grave.
L'article 37 du projet de loi prévoit des sanctions essentiellement pécuniaires en cas de manquement aux obligations en matière de cybersécurité. Or, les sanctions pécuniaires restent nécessairement limitées et, suivant la taille de l'entité concernée, peuvent être de simples "coûts" pour l'entreprise. Ainsi, nous considérons qu'une mesure plus structurelle est nécessaire pour faire respecter les exigences de cybersécurité des systèmes d'information sur le territoire. Nous proposons à ce titre une procédure de mise sous tutelle du système d'information de l'entité qui répète des manquements suite à une première sanction, ou lorsqu'il existe un risque important pour les données personnelles.
Cette mise sous tutelle est faite par une demande de la commission des sanctions et suite à une autorisation du tribunal administratif. Elle ne concernerait que la gestion des systèmes d'information pour mettre fin aux manquements et imposer les pratiques résilientes et sécurisées en matière de cybersécurité.
La mise sous tutelle est une mesure essentielle pour assurer une hygiène numérique saine sur le territoire national de l'ensemble des entités essentielles ou importantes et assurer que les cadres fixés par l'Anssi soient respectés. Cette tutelle pourra trouver des limites en ce qui concerne les entités étrangères. Cependant, nous estimons que tout système d'information accessible sur le territoire national doit pouvoir faire l'objet d'un contrôle.
Nous restons conscients des moyens limités de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information. C'est pourquoi nous défendons dans notre programme l'Avenir en commun le renforcement massif des moyens de l'Anssi afin qu'elle puisse effectuer les missions de contrôle effectif des systèmes d'informations des entités sur le territoire. L'Anssi ne peut se contenter d'être une agence de "labellisation" des entités, mais doit pouvoir prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des systèmes d'information sur le territoire, tant sur les entités publiques que sur les entités privées. La création d'une procédure de tutelle poursuit cet objectif, il est manifeste qu'à l'heure actuelle le libre marché total sur les enjeux du numérique n'est pas viable à long terme. Un système contraignant de régulation est nécessaire, notamment en ce qui concerne les entités importantes, essentielles et les autres entités visées par l'article 37 (office d'enregistrement, fournisseurs de moyens d'identification électronique, etc.).
Auteurs 70
- LFI-NFP 69
Les 69 cosignataires
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Shéhérazade Bentorki
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte de la commission n° 1779
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901BTC1779P0D1N000054
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17BTC1779