amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité

Amendement n° 35

René Pilato LFI-NFP · Article 11

En clair

René Pilato a déposé cet amendement le 1er oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
0 sur 28amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – À l’alinéa 6, substituer aux mots :

« ont désigné un représentant établi »,

les mots :

« sont établis de façon effective ».

II. – En conséquence, à l’alinéa 10, substituer aux mots :

« ont désigné un représentant établi »,

les mots :

« sont établis de façon effective ».

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le présent amendement vise à supprimer la possibilité offerte aux fournisseurs de services numériques critiques établis hors de l’Union européenne de se soustraire à l’obligation d’établissement réel sur le territoire national, en se limitant à la désignation d’un simple représentant local.

En effet, l’alinéa concerné autorise que des acteurs clés du numérique — tels que les fournisseurs de services de système de noms de domaine, d’informatique en nuage, d’hébergement, de diffusion de contenu, ou encore les plateformes de réseaux sociaux — puissent se conformer aux obligations réglementaires françaises sans disposer d’une implantation effective et contrôlable en France. Cette disposition fragilise la capacité des autorités à exercer un contrôle opérationnel sur ces services essentiels, en particulier dans un contexte où la souveraineté numérique et la protection des infrastructures critiques sont des priorités nationales.

La désignation d’un simple représentant local constitue un contournement déconnecté de la réalité opérationnelle, qui ne garantit ni la maîtrise directe des infrastructures, ni la responsabilité pleine et entière de l’opérateur face aux exigences françaises. Par ailleurs, elle peut servir à contourner les règles nationales, tout en maintenant ces acteurs soumis à des législations extraterritoriales, telles que le Cloud Act ou le Patriot Act américains, pouvant engendrer des risques de fuite de données ou d’ingérence.Par conséquent, la suppression de cette possibilité est indispensable pour garantir une obligation d’établissement effectif en France, condition sine qua non à l’exercice d’un contrôle robuste, transparent et efficient sur ces acteurs numériques systémiques. Cette exigence favorise un cadre de régulation équitable, assurant que les opérateurs français, européens et étrangers respectent des normes comparables, dans un souci d’égalité de traitement et de protection renforcée des intérêts stratégiques nationaux.

Enfin, renforcer cette obligation constitue un levier majeur pour consolider la souveraineté numérique de la France, en assurant la disponibilité, la sécurité et la résilience des services numériques essentiels, et en évitant que des fournisseurs extérieurs échappent à la responsabilité pleine et entière que requiert leur rôle dans l’écosystème numérique national.

Auteurs 70

René Pilato LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte de la commission n° 1779

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901BTC1779P0D1N000035
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17BTC1779