amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité

Amendement n° 17

Arnaud Saint-Martin LFI-NFP · Article 1er

En clair

Arnaud Saint-Martin a déposé cet amendement le 1er oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
0 sur 28amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« Art. L. 1332‑23. – Dans l’attribution des marchés publics et des contrats de concession, les opérateurs d’importance vitale mentionnés au I de l’article L. 1332‑2 prennent en compte des exigences relatives aux liens capitalistiques des soumissionnaires, à leur exposition à des législations ou décisions d’États tiers ayant une portée extraterritoriale, à la localisation géographique des données, services et matériels qui pourraient découler de l’exécution du marché ou du contrat, et, le cas échéant, à la présence de clauses de réversibilité permettant de garantir la continuité des activités de l’opérateur.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe La France insoumise vise à introduire des critères de souveraineté parmi ceux pris en compte pour l’attribution des marchés publics par les opérateurs d’importance vitale (OIV).
L’attribution de marchés publics à des prestataires étrangers peut exposer les OIV à des vulnérabilités : compromission des données (dans le numérique), exposition à des législations extraterritoriales – le Cloud Act permet par exemple aux autorités états-uniennes d’accéder à des données d’individus ou d’entreprises situées à l’étranger, dès lors qu’elles ont un lien avec les États-Unis. Dans le domaine numérique, l’absence de clauses de réversibilité - qui définissent les conditions dans lesquelles les données, logiciels ou autres ressources sont restitués, transférés ou détruits par un prestataire- peut provoquer l’arrêt complet d’infrastructures numériques en cas de fin d’un contrat avec le fournisseur. La police new-yorkaise en a fait la douloureuse expérience en 2017, au moment de rompre son contrat avec la société Palantir : elle n’a pu récupérer que des données brutes, sans possibilité de les interpréter, causant une désorganisation durable de ses services.
La prise en compte de ces vulnérabilités par les OIV dans leurs contrats publics permettrait donc -au moins en partie- de les prévenir.
La formulation retenue par cet amendement reste volontairement souple ; elle est calquée sur celle de l’article L2112-2 du code de la commande publique introduisant des critères environnementaux et relatifs à la lutte contre les discriminations dans l’exécution des marchés publics, qui offre toutefois aux acheteurs publics un levier juridique fonctionnel.

Auteurs 70

Arnaud Saint-Martin LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte de la commission n° 1779

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901BTC1779P0D1N000017
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17BTC1779