amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 1953

René Pilato LFI-NFP · Après l'article 37

En clair

René Pilato a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport relatif à la reconnaissance de la situation de parent isolé et à l'alignement des droits des parents isolés sur ceux des parents séparés ou divorcés en matière de prestations sociales. Ce rapport précise notamment :

1° Le nombre de parents élevant seuls un ou plusieurs enfants, ventilé selon les situations dans lesquelles ils se trouvent, notamment séparation, divorce, veuvage, absence de reconnaissance de l'enfant par l'autre parent ou autre parent inconnu ;

2° Les prestations familiales, aides au logement, aides à la scolarité et avantages tarifaires dont le bénéfice ou le niveau est subordonné à la situation de parent séparé ou divorcé, ou à la production d'un justificatif de cette situation, ainsi que les écarts de traitement qui en résultent pour les parents isolés ne pouvant justifier d'une séparation ou d'un divorce ;

3° Les conditions de création d'une mention « parent isolé » dans les formulaires de demande de prestations et dans les systèmes d'information des organismes de sécurité sociale, notamment sa définition, les justificatifs exigés, les modalités de contrôle et son articulation avec la notion de parent isolé déjà utilisée par la législation ;

4° Les modalités et le coût d'un alignement des droits des parents isolés sur ceux des parents séparés ou divorcés, prestation par prestation, en distinguant ce qui relève des régimes de sécurité sociale de ce qui relève de l'État et des collectivités territoriales, notamment pour les aides personnelles au logement, les bourses scolaires et les tarifs réduits des activités extrascolaires ;

5° L'articulation de ce dispositif avec l'allocation de soutien familial et les autres dispositifs de soutien aux familles monoparentales.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, le groupe parlementaire de la France insoumise souhaite qu'un rapport soit remis à la représentation nationale au sujet des droits aux prestations sociales allouées aux parents isolés et de l'inégalité qui existe entre des situations sociales similaires, mais classifiées différemment par l'administration.

Tel est notamment le cas d'une mère dont l'enfant n'a pas été reconnu par son père, parti avant la naissance : faute de pouvoir justifier d'une séparation ou d'un divorce, elle est classée administrativement comme « célibataire » et se trouve privée d'un certain nombre d'aides et d'avantages tarifaires dont bénéficient pourtant les parents séparés, dans des situations familiales et financières par ailleurs identiques. Ce paradoxe doit être porté à la connaissance du législateur : c'est la même réalité sociale — élever seule son enfant, sans le soutien effectif de l'autre parent — qui est traitée différemment selon que la rupture a été formalisée ou non.

En effet, les mères séparées avec reconnaissance paternelle relèvent du quotient familial « S » (séparé), qui conditionne l'accès à de nombreuses aides et réductions : aides personnelles au logement, bourses d'études, tarifs réduits de la cantine, de la garderie ou des activités extrascolaires.

À l'inverse, les mères célibataires sans reconnaissance paternelle relèvent du quotient « C » : elles acquittent le plein tarif pour ces mêmes services, alors même qu'elles assument seules, et souvent avec des ressources moindres, la charge effective de l'enfant.

Il en résulte des écarts de traitement contraires au principe d'égalité devant les charges publiques : deux familles monoparentales aux besoins identiques ne reçoivent pas le même soutien public selon qu'un jugement de divorce ou de séparation peut être produit.

Or ces situations ne sont pas marginales. Les familles monoparentales comptent parmi les ménages les plus exposés à la pauvreté, et elles sont majoritairement composées de mères élevant seules leurs enfants. Le législateur doit pouvoir mesure pleinement l'ampleur de ces situations : ce rapport doit permettre de ventiler les données selon la situation des familles monoparentales dépendent d'une séparation, d'un divorce, d'un veuvage ou de l'absence de reconnaissance de l'enfant.

Il permettra d'ouvrir une discussion sur un alignement des droits des parents isolés sur ceux des parents séparés ou divorcés, prestation par prestation, en distinguant ce qui relève des régimes de sécurité sociale de ce qui relève de l'État et des collectivités territoriales, notamment pour les aides personnelles au logement, les bourses scolaires et les tarifs réduits des activités extrascolaires.

Auteurs 70

René Pilato LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N001953
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211