amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 1933

Murielle Lepvraud LFI-NFP · Après l'article 29

En clair

Murielle Lepvraud a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

L’article L. 162-22-2 du code de la sécurité sociale est complété par quatre alinéas ainsi rédigés :

« Pour chaque site sur lequel l’activité de soins d’obstétrique est autorisée et qui relève d’un établissement public de santé mentionné au a de l’article L. 162-22, la part des financements versés au titre du 1° du présent article ne peut excéder 50 % du montant total des financements versés au titre de cette activité.

« Le montant cumulé des dotations mentionnées aux 2° et 3° du présent article directement attribuables à l’activité de soins d’obstétrique représente, en conséquence, au moins 50 % du montant total des financements versés au titre de cette même activité.

« Ces dotations concourent au financement des charges nécessaires à la permanence, à la qualité et à la sécurité des soins, indépendamment du nombre de séjours et d’accouchements réalisés. Leur montant tient compte des moyens humains et matériels nécessaires à l’exercice de l’activité, de son niveau de prise en charge et des caractéristiques sanitaires et territoriales de la population desservie.

« La part de l’objectif de dépenses mentionné à l’article L. 162-22-1 affectée aux dotations mentionnées aux 2° et 3° du présent article est majorée du montant nécessaire au respect de la proportion minimale prévue au présent article. Cette majoration s’accompagne, à due concurrence, d’une minoration de la part du même objectif affectée au financement des tarifs mentionnés au 1°. Ce redéploiement ne peut avoir pour effet d’augmenter le montant de cet objectif.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, le groupe parlementaire La France insoumise souhaite garantir que 50 % des financements versés aux établissements publics de santé au titre de activité d’obstétrique prennent la forme de forfaits et de dotations.

L’article 49 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024 a réorganisé le financement des activités de médecine, de chirurgie, d’obstétrique et d’odontologie autour de trois compartiments : les tarifs afférents aux prestations, les dotations relatives aux objectifs de santé publique et les dotations relatives aux missions spécifiques.

Le présent amendement poursuit cette réforme en prévoyant que, pour l’obstétrique publique, la répartition entre ces financements tienne davantage compte des charges permanentes propres à cette activité.

En effet, l’activité d’obstétrique présente des caractéristiques qui rendent inadapté un financement fondé sur la tarification à l’activité. Une unité d’obstétrique doit assurer tous les jours de l’année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les accouchements ainsi que les interventions chirurgicales liées à la grossesse et à l’accouchement. Elle doit à cette fin, maintenir en permanence des équipes médicales et paramédicales ainsi de que des équipements immédiatement mobilisables, indépendamment du nombre de patientes effectivement prises en charge.

Le présent amendement prévoit ainsi que, dans les maternités publiques, au moins 50 % des financements versés au titre de l’activité d’obstétrique prennent la forme de forfaits et de dotations. Il ne crée aucune dépense nouvelle. L’augmentation de la part forfaitaire est compensée, à due concurrence, par une diminution de la part des crédits versée sous la forme de tarifs liés à l’activité, au sein de l’enveloppe existante fixée par l’objectif de dépenses relatif aux activités de médecine, de chirurgie, d’obstétrique et d’odontologie.
Cette mesure est d’autant plus nécessaire que la périnatalité est en crise.

Le taux de mortalité infantile est passé de 3,5 décès pour 1 000 naissances en 2011 à 4,1 en 2024. La Cour des comptes relève par ailleurs de fortes tension sur les ressources humaines médicales et paramédicales, ainsi que des difficultés croissantes rencontrées par les maternités pour attirer et fidéliser le personnel soignant.

Il est donc fondamental que le financement de l’obstétrique apporte aux établissements une stabilité suffisante pour organiser durablement les équipes, améliorer les conditions d’exercice des personnels soignants et garantir la qualité et la sécurité du parcours de soins des mères et des enfants.

Auteurs 70

Murielle Lepvraud LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N001933
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211