amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° 1823
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En clair
Andy Kerbrat a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
L’article L. 111‑11 du code de la sécurité sociale est complété par des alinéas ainsi rédigés :
« Les propositions mentionnées au premier alinéa sont accompagnées d’une présentation consolidée, sur les cinq derniers exercices disponibles, des dépenses relevant des régimes obligatoires de base d’assurance maladie au titre de la prévention, du dépistage et de la prise en charge du virus de l’immunodéficience humaine et des infections sexuellement transmissibles.
« Cette présentation distingue, dans la mesure où les données disponibles le permettent, les remboursements directs de soins, de médicaments et de dispositifs médicaux, les dépenses liées à la prophylaxie préexposition et au traitement post-exposition, les vaccinations concernées ainsi que les financements versés aux structures dédiées à la prévention et à la prise en charge.
« Elle présente leur évolution pluriannuelle et, lorsque les données sont disponibles, leur répartition territoriale, leur allocation aux différentes structures, leur ventilation parmi les autres financements. Elle identifie séparément les financements transitant par le fonds d’intervention régional et les autres financements publics concourant aux mêmes objectifs, sans confusion avec les dépenses directement remboursées par l’assurance maladie ni « doubles comptes ». Elle précise le périmètre retenu, les méthodes de consolidation utilisées et les limites des données disponibles. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Par cet amendement, les député.e.s membres du groupe parlementaire La France Insoumise ont pour ambition de faire la lumière sur l’architecture financière complexe sur laquelle reposent les structures de santé sexuelle, participant directement de l’austérité qui les frappent.
Les politiques de prévention, de dépistage et de prise en charge du VIH et des infections sexuellement transmissibles reposent sur plusieurs dispositifs et circuits de financement. Cette fragmentation rend difficile une vision consolidée des dépenses engagées par l’Assurance maladie, de leur évolution et de leur répartition territoriale, mais complexifie aussi le déploiement de l’offre de soins.
À l’heure où la dernière stratégie nationale de santé sexuelle du Gouvernement prévoit le déploiement de cinq nouveaux centres de santé communautaires sans annonce de crédits supplémentaires, le législateur doit être informé de la bonne utilisation des deniers publics et des cotisations sociales des assurés sociaux, en vue d’une information au public, et in fine d’une amélioration de l’accès aux soins. Par extension et parce que ce sont 100 millions d’euros de coupe sur le budget de l’État consacré à la veille sanitaire, à la santé des populations ou encore de l’aller-vers, prendre à revers cette saignée budgétaire sur la santé sexuelle s’impose.
Les budgets baissent, mais les infections connaissent une hausse inquiétante. 61 100 cas de chlamydia ont été diagnostiqués par l'assurance maladie sur l'année 2024. La hausse touche particulièrement les jeunes de 15 à 25 ans. Les diagnostics de gonococcie, eux, ont bondi de 35 %, touchant de plein fouet les jeunes et la population masculine. La syphilis progresse également de 12 % globalement, avec une accélération très préoccupante de 24 % chez les femmes, majorant le risque de transmission mère-enfant pendant la grossesse. Enfin, si le nombre de nouvelles contaminations au VIH s'est stabilisé autour de 3 400 cas par an, les autorités sanitaires relèvent une hausse de 41 % des découvertes de séropositivité chez les 15-24 ans sur la dernière décennie.
Pendant ce temps, le Conseil départemental de la Drôme vote la fermeture définitive de 7 centres de santé sexuelle (CSS) sur les 18 que comptait le territoire. Certaines collectivités comme la Région des Pays de la Loire, dirigée par la très conservatrice Christelle Morançais, coupent jusqu’à 100% de leurs financements aux antennes du Planning familial, qui doivent désormais compter sur les dons des particuliers pour ne pas supprimer de postes. On pense aussi aux CeGIDD de Creil ou de Sète, qui ont dû fermer faute de labellisation et de moyens. Ce désengagement de la puissance publique a pour effet de créer et rendre durables des déserts médicaux en santé sexuelle.
Par conséquent, le présent amendement vise donc à améliorer l’information du Parlement et de l’usager sur les dépenses relevant des régimes obligatoires d’assurance maladie, notamment celles consacrées au dépistage, à la prophylaxie préexposition, aux traitements post-exposition et aux structures dédiées à la santé sexuelle. Il prévoit également d’identifier séparément les autres circuits de financement public qui concourent aux mêmes objectifs. Il ne s’agit pas de faire peser sur l’Assurance maladie des dépenses qui relèvent d’autres budgets, mais de rendre visibles les différents financeurs et d’éviter les doubles comptes. Cette cartographie doit permettre de mieux apprécier l’évolution des moyens engagés au regard des objectifs de santé publique et de l’importance vitale des structures en question, avant d’éclairer les choix budgétaires futurs.
Auteurs 70
- LFI-NFP 69
Les 69 cosignataires
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Shéhérazade Bentorki
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3211P0D1N001823
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211