amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 1792

Emmanuel Fernandes LFI-NFP · Après l'article 35

En clair

Emmanuel Fernandes a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – L’article L. 815‑1 du code de la sécurité sociale est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« La condition de résidence mentionnée au premier alinéa n’est pas applicable aux personnes justifiant d’au moins quinze années de résidence régulière en France et de versement de cotisations à un ou plusieurs régimes obligatoires de base d’assurance vieillesse français. Ces personnes conservent le droit au versement de l’allocation lorsqu’elles résident hors du territoire national. »

II. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise vise à supprimer la condition de résidence sur le territoire français pour le versement de l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) afin de rendre cette prestation exportable pour les vieux travailleurs immigrés, appelés Chibanis.

Venus en France pendant les Trente Glorieuses pour participer à la reconstruction, au développement économique de notre pays et à l'édification de nos infrastructures, nombre d'entre eux ont connu des carrières hachées, des emplois extrêmement pénibles, des discriminations, et parfois des périodes de travail non déclarées par leurs employeurs. En conséquence, leurs pensions de retraite contributives sont très souvent dérisoires, les rendant dépendants de l'ASPA pour atteindre un niveau de vie minimum.

Or, le droit actuel conditionne le versement de l'ASPA à une présence sur le territoire français la majeure partie de l'année. Cette restriction enferme les Chibanis dans un piège cruel : pour ne pas perdre leur minimum vital, ils sont contraints de finir leurs jours isolés en France, souvent dans des foyers de travailleurs migrants, à l'insalubrité tristement connue et de vivre séparés de leurs familles restées dans leur pays d'origine.

Il est profondément injuste que des travailleurs ayant cotisé, payé leurs impôts et sacrifié leur santé pour la France soient assignés à résidence dans la précarité et la solitude pour leurs vieux jours.

Cet amendement propose donc une mesure de justice sociale et de dignité : lever la condition de résidence pour le bénéfice de l'ASPA pour ces travailleurs âgés, afin qu'ils puissent librement choisir de passer leur retraite auprès de leurs proches dans leur pays d'origine, tout en conservant les moyens de subsistance que la France leur doit.
Pour ces hommes qui ont dévoué leur vie à la France, il est nécessaire de mettre fin à la condition de résidence obligatoire pour percevoir l'ASPA.

Auteurs 70

Emmanuel Fernandes LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N001792
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211