amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 1786

Gabrielle Cathala LFI-NFP · Après l'article 25

En clair

Gabrielle Cathala a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – Le livre I du code de la sécurité sociale est ainsi modifié :

1° Le 15° de l’article L. 160‑14 est ainsi modifié :

a) Le mot : « mineurs » est supprimé ;

b) Sont ajoutés les mots : « dont le parcours de soins relatif aux conséquences sur la santé globale et aux conséquences du psychotraumatisme des traumatismes psychologiques et physiques induits par des violences sexuelles ».

2° À la seconde phrase du premier alinéa de l’article L. 174‑4, après le mot : « professionnelles », sont insérés les mots : « les victimes de violences sexuelles dont l’admission au sein de l’établissement est directement liée auxdites violences, ».

II. – Les dispositions prévues par le présent article sont applicables quels que soient l’âge de la victime ou la date des faits, pour les personnes ayant établi qu’elles sont victimes d’une ou plusieurs infractions sexuelles relevant des articles 222‑22 à 222‑31 et 227‑21‑1 à 227‑28‑3 du code pénal, lorsqu’elles sont reconnues comme telles par l’établissement d’une plainte, d’un certificat médical, sur avis d’un assistant de service social ou d’une association d’aide aux victimes de violences sexistes et sexuelles.

III. – Dans les collectivités disposant d’un régime de protection sociale ou d’une compétence sanitaire propre, l’État engage avec les autorités compétentes la conclusion d’une convention visant à garantir aux victimes un parcours de soins équivalent à celui prévu à l’article L. 162‑66 du code de la sécurité sociale. Cette convention fixe des objectifs pluriannuels d’amélioration de l’accès aux soins et précise notamment les conditions de prise en charge des actes médicaux et des soins consécutifs aux violences subies par les victimes de violences sexuelles sans avance de frais. Elle précise également les conditions de prise en charge des frais d’orientation et de transport des victimes, ainsi que les modalités de recours à la télésanté, aux équipes mobiles et aux dispositifs d’aller vers lorsque l’offre spécialisée est insuffisante ou géographiquement éloignée.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, les député.es du groupe la France insoumise souhaitent créer une prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale du parcours de soins en psychotraumatisme pour toutes les victimes de violences sexuelles.

Alors qu'il s'agit d'une des demandes phare de la coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, la proposition de loi dite "intégrale", censée retranscrire les propositions de la coalition, n'a pas repris le parcours pris en charge à 100 % en psychotraumatisme pour toutes les victimes. C'est pourtant un besoin central pour les victimes d'infractions sexuelles. À l'heure actuelle, elles sont contraintes de prendre en charge une large partie du coût financier de leur parcours de santé, ce qui représente un reste à charge annuel dépassant 210 euros par mois, soit l'épargne moyenne des françaises selon l'INSEE. Un coût prohibitif qui fragilise en premier lieu les femmes précaires, et de manière plus large marque l'abandon des victimes de violences sexuelles par la solidarité nationale.

Les violences sexuelles touchent 160 000 enfants et des centaines de milliers d'adultes chaque année. D'après l'enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » du service statistique du ministère de l'Intérieur, 277 000 femmes majeures ont été victimes de viols, de tentatives de viol ou d'agressions sexuelles en 2023. C'est pourquoi, pour être à la hauteur de cet enjeu majeur de santé publique, il convient d'étendre le droit à la prise en charge à 100 % du parcours de soins à toutes les victimes, qu'elles portent plainte ou non, mais dont la réalité du préjudice est reconnue par des professionnels de santé ou des associations d'aide aux victimes.

Par conséquent, la représentation nationale est fondée à demander, à l'unisson de la CIIVISE et des associations féministes et enfantistes, que l'ensemble des coûts de soins relatifs aux conséquences de violences sexuelles soient pris en charge par la Sécurité sociale.

Auteurs 70

Gabrielle Cathala LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N001786
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211