Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

Amendement n° 739

Zahia Hamdane LFI-NFP · Après l'article 4

En clair

Zahia Hamdane a déposé cet amendement le 15 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il a été rejeté en séance publique le 21 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Le livre II de la sixième partie du code de travail est ainsi modifié :

1° L’article L. 6227‑8‑1 est ainsi modifié :

a) Après le mot : « apprenti », sont insérés les mots : « préparant un diplôme de niveau 3,4 ou 5 au sens de la nomenclature prévue par le troisième alinéa de l’article L. 6113‑1 » ;

b) Est ajoutée une phrase ainsi rédigée : « Le présent article s’applique aux employeurs réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros » ;

2° À la première phrase de l’article L. 6243‑2, après le mot : « apprenti », sont insérés les mots : « préparant un diplôme de niveau 3,4 ou 5 au sens de la nomenclature prévue par le troisième alinéa de l’article L. 6113‑1 et employé par une entreprise réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros ».

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise souhaite cibler les exonérations de cotisations sociales sur les contrats d’apprentissage en les réservant aux jeunes préparant des diplômes d’un niveau inférieur ou égal à bac + 2 et aux petites entreprises.

Des milliards d’euros d’argent public sont distribués aux entreprises, sans aucune condition, sans aucun ciblage, à travers les politiques publiques de l’apprentissage.

Or, ces dépenses entraînent d’importants effets d’aubaine. Elles ne permettent pas de répondre à la problématique posée aux jeunes éloignés de l’emploi et n’étant pas en études (NEET). Comme l’indique l’économiste Bruno Coquet, dans sa note pour l’OFCE « Apprentissage. Quatre leviers pour reprendre le contrôle », ce subventionnement massif de l’apprentissage n’a pas profité aux jeunes dits NEET qui ont « peu profité de cette dynamique puisque ceux-ci sont actuellement légèrement plus nombreux que fin 2019 » tandis que « le nombre de jeunes dans le halo du chômage a progressé de +152 000 (+38 %) par rapport à ce qu’il était avant la réforme de 2018 ».

En réalité, les aides à l’apprentissage permettent avant tout aux grandes entreprises de recruter, sous un statut précaire et pour un salaire inférieur, des jeunes préparant des diplômes du supérieur, pour des embauches qui auraient de toute manière été réalisées. L’apprentissage est donc une affaire de jeunes en Master : 61 % des contrats sont signés par des personnes préparant un diplôme d’un niveau au moins égal à bac +2 selon la DARES. Pour ces jeunes, la voie de l’apprentissage n’apporte aucune plus-value du point de vue de l’insertion dans l’emploi, puisque c’est le niveau du diplôme qui est déterminant à cet égard.

Dans le même temps, la part des apprentis préparant un diplôme ou titre inférieur ou égal au bac a diminué de plus de 20 points depuis la réforme de 2018 en passant de 63 % à 40 %.

Pour toutes ces raisons, le groupe parlementaire La France Insoumise propose de supprimer les exonérations de cotisations sociales sur les contrats d’apprentissage lorsque l’apprenti prépare un diplôme supérieur à bac + 2 et lorsque l’embauche se fait dans une grande entreprise.

Son sort

Examen
En séance publique
Sort décidé le

Auteurs 70

Zahia Hamdane LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3211

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3211P0D1N000739
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3211