amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-1285

Farida Amrani LFI-NFP · Article 58

En clair

Farida Amrani a déposé cet amendement le 28 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Patrimoines−120 000 000 €−120 000 000 €
Création+120 000 000 €+120 000 000 €
Transmission des savoirs et démocratisation de la culture0 €0 €
Soutien aux politiques du ministère de la culture0 €0 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement, le groupe LFI dénonce les coupes budgétaires subies par le secteur du spectacle vivant – qui est l’un des principaux piliers de la politique culturelle française.

Dans une étude publiée par le Ministère de la Culture le 4 septembre 2026 intitulée « Le poids économique direct de la culture en 2024 », « En 2024, le poids économique direct de la culture, mesuré par la valeur ajoutée de l’ensemble des branches culturelles, s’établit à 54,1 milliards d’euros, soit 2,1 % de l’ensemble de l’économie, un taux identique à celui de 2023. La production totale des branches culturelles est évaluée à 113,8 milliards d’euros. » Parmi les activités qui portent la croissance du secteur culturel, le spectacle vivant représente près de 9,5 Mds €, soit 17,6 % de l’ensemble du secteur, et explique qu’elle contribue à 11 % de la valeur ajoutée en volume. Or, les coupes budgétaires de ces dernières années menacent sa capacité même à continuer d’être un moteur de la croissance française.

En effet, selon l’Association des Professionnel•les de l’Administration du Spectacle (LAPAS) (juillet 2026), les effets des coupes budgétaires sur le secteur sont catastrophiques. Tout d’abord, sur la diffusion, alors que la première étude réalisée en 2024 mentionnait une diminution de 24 % entre la saison 2017/2018 et la saison 2024/2025, puis que celle de 2025 pointait une baisse de 26 % entre la saison 2024/2025 et la saison 2025/2026, le pourcentage avancé aujourd’hui est de 37 % entre la saison 2025/2026 et les prévisions pour 2026/2027. Par conséquent, on assiste à une chute drastique du nombre moyens de représentations (8,7 représentations en moyenne pour la saison 2025/2026, et 4,7 pour la saison 2026/2027) ainsi qu’une augmentation du nombre de compagnies effectuant peu de représentations sur une saison : 58 % à moins de 5 représentations en 2026/2027, contre 31 % en 2025/2026 sur la production, 70 % des compagnies affirment avoir été contraintes, en l’absence de financements, de revoir à la baisse le montage de leurs créations. Le premier poste à en pâtir est la technique (70 % évoquent une diminution des frais techniques), puis, à égalité, les temps de répétitions et le nombre de collaborateurs, hors interprètes (mentionnés par 42 % des répondants) et une moindre présence de ces derniers sur scène (19 %). Désormais, 52 % des spectacles comptent seulement 1 à 3 interprètes au plateau. Sur le volet de l’emploi (administration/production/diffusion) artistique, 31 % d’entre elles•eux ont connu une diminution de leur salaire entre 2024 et 2025, et 28 % s’attendent à subir le même sort entre 2025 et 2026, ce qui acte, souligne LAPAS, « une réelle paupérisation de ces métiers ». Plus alarmant enfin est l’avenir des directeurs et directrices de compagnies, qui sont aujourd’hui 21 %– contre 19 % l’an passé – à envisager de mettre un terme à leur activité dans les trois prochaines années. En parallèle, les collectivités territoriales, qui ont toujours historiquement joué un rôle majeur en matière de financement de la politique culturelle au niveau local, baissent également les moyens qu’elles leur attribuent : à titre d’illustration, la « Cartographie des budgets Culture 2026 » publiée par le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA) en juin 2026 révèle que 8 des 13 régions françaises étudiées ont nettement baissé leur budget alloué par rapport à 2025, des coupes qui s’ajoutent à celles de l’année dernière : s’accumulent donc une baisse de 73,8M€ entre 2024 et 2025 (-9 %) et une baisse de 47M€ de l’enveloppe cette année (-6 %), pour une baisse globale du financement de la culture par les régions de 120,8M€, équivalent à 14,7 % de baisse, en seulement 2 ans.

En 2027, avec Jean-Luc Mélenchon, nous renouerons avec des financements pérennes pour les structures et associations culturelles, ainsi que pour la création et la programmation artistique, fondés sur la diversité des formes, des récits et des artistes soutenus.

Dans ce contexte, nous proposons d’augmenter les crédits alloués de 120 millions d’euros afin de redonner des marges de manoeuvres financières à l’ensemble des acteurs du secteur du spectacle vivant, acteurs indispensable de la préservation de l’exception culturelle française.

Afin de respecter les règles de recevabilité financière, nous proposons de transférer des crédits de l’action 03 « Patrimoine des musées de France » du programme 175 « Patrimoines » à hauteur de 120 millions d’euros en autorisations d’engagement (AE) et en crédits de paiement (CP), vers l’action 01 « Soutien à la création, à la production et à la diffusion du spectacle vivant » du programme 131 « Création », abondé d’un montant équivalent en AE et CP. Notre intention n’est pas de ponctionner le programme 175 et appelons le Gouvernement à lever le gage.

Auteurs 70

Farida Amrani LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P2D1N001285
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210