amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° I-3452

François Piquemal LFI-NFP · Après l'article 26

En clair

François Piquemal a déposé cet amendement le 10 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Le E du I de la section II du chapitre premier du titre premier de la deuxième partie du livre premier du code général des impôts est complété par un article 1391 F ainsi rédigé :

« Art. 1391 F. – I. – À compter de l’exercice fiscal 2027, tout contribuable détenant plus de cinq locaux à usage d’habitation sur le territoire national, hors logements sociaux, est :

« 1° redevable d’une taxe foncière sur les propriétés bâties dont la cotisation, calculée selon les règles de droit commun, est majorée de 100 % pour les locaux excédant ce seuil, déterminés par ordre d’acquisition des locaux déclarés ;

« 2° redevable d’une taxe d’habitation sur les résidences secondaires dont la cotisation, calculée selon les règles de droit commun, est majorée de 100 % pour les locaux excédant ce seuil, déterminés par ordre d’acquisition des locaux déclarés.

« Les majorations prévues au présent I demeurent applicables tant que le local n’est pas effectivement donné en location à un tiers, à titre de résidence principale, dans le cadre d’un bail d’habitation, à l’exception du conjoint ou d’un membre du foyer fiscal du bailleur. Elles cessent de s’appliquer à compter de l’année suivante celle au cours de laquelle le local est cédé à un tiers ou fait l’objet d’une mise en location. »

« II. – À compter de la détention de plus de dix locaux à usage d’habitation sur le territoire national, hors logements sociaux, les majorations établies par le I du présent article sont portées à 200 % pour les locaux excédant ce seuil, déterminé par ordre d’acquisition des locaux déclarés, qu’ils soient ou non donnés en location.

« La majoration prévue au présent II s’applique indépendamment de la situation locative des locaux concernés et sans préjudice de la majoration prévue au 1° du I.

« III. – Les majorations prévues au présent article s’appliquent aux biens détenus directement ou indirectement, notamment par l’intermédiaire de sociétés civiles, en indivision ou en démembrement, selon des modalités permettant d’identifier le bénéficiaire effectif de la détention.

« Les logements appartenant aux organismes d’habitations à loyer modéré et aux sociétés d’économie mixte agréées pour la construction et la gestion de logements sociaux sont exclus du décompte prévu au présent article. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

La multipropriété en France concentre les richesses, accroît les inégalités, et freine l’accession à la propriété. L’Insee indique que « dès le troisième logement possédé, la propriété immobilière des particuliers est essentiellement à usage locatif ».

Aujourd’hui, 3,5 % des propriétaires détiennent plus de 50 % des logements en location, une fraction infime de la population possède donc une mainmise sur le marché locatif lui permettant de spéculer, ce qui se répercute sur le coût du logement tout en organisant la pénurie. Alors que 3,1 millions de logements sont vacants en France, il est anormal que de nombreux ménages ne parviennent plus à accéder à la propriété ni même à louer à un prix raisonnable.

Le constat est donc celui d’une fraction de ménages très riches possédant de nombreux logements, dont certains vacants, s’opposant à une immense majorité de ménages faisant face à une pénurie de logement abordable, voire disponible. Tout cela dans un contexte de difficultés budgétaires de l’État qui, refusant de faire contribuer les plus aisés, réduit les aides à la location et s’avère incapable d’aider pour l’accession à la propriété.

Par cet amendement, le groupe La France Insoumise souhaite donc augmenter la fiscalité sur les multipropriétés en doublant les impositions locales à partir du cinquième logement détenu par une seule personne tant que celui-ci n’est pas loué. Cette mesure aura pour effet d’augmenter nettement la part de logements disponibles sur le marché locatif et donc de baisser le coût des loyers.

En complément, cet amendement triple la fiscalité due au-delà du dixième logement possédé sans possibilité de levée par la location, afin d’inciter à la vente des logements pour abonder le marché immobilier et libérer de la vacance.

Auteurs 70

François Piquemal LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P1D1N003452
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210