amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° I-3426
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En clair
Mathilde Hignet a déposé cet amendement le 10 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
Le III de l’article 26 de la loi n° 2022‑1157 du 16 août 2022 de finances rectificative pour 2022 est complété par un C ainsi rédigé :
« C. – Par dérogation aux A et B du présent III, les obligations prévues aux articles 289 bis, 289 E, 290 et 290 A du code général des impôts et aux articles L. 216‑55 et L. 216‑56 du code des impositions sur les biens et services ne sont pas applicables aux assujettis relevant de la catégorie des microentreprises ou de celle des petites et moyennes entreprises au sens de l’article 51 de la loi n° 2008‑776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie, ainsi qu’aux assujettis exerçant une activité agricole au sens de l’article L. 311‑1 du code rural et de la pêche maritime. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI vise à l’instauration d’un moratoire sur l’obligation de facturation électronique pour les auto-entrepreneurs, TPE, PME et agriculteurs.
Nous appelons à ce que ce moratoire perdure au moins tant qu’aucun portail public de facturation n’aura été mis en place et déployé sur le terrain.
Depuis le 1er septembre 2026 l’obligation d’adhérer à une plateforme privée de dématérialisation pour recevoir des factures électroniques ou effectuer des e-reporting plus fréquents complexifie le quotidien des artisans, commerçants ou agriculteurs. La facturation électronique engendre des difficultés supplémentaires pour des micro-entreprises parfois tentées de mettre un terme à leur activité. Si le groupe insoumis partage l’objectif affiché de lutte contre la fraude à la TVA, il refuse que cela se fasse au détriment des petits entrepreneurs. Alors que le gouvernement se vante de vouloir « simplifier la vie économique », cette réforme pèse sur l’activité des autoentrepreneurs, des TPE, et des PME qui constituent le poumon économique de nos territoires. Selon une enquête menée en septembre 2026 par une plateforme agrée de facturation électronique auprès des TPE-PME, 19% des dirigeants ont déclaré des retards de paiement depuis la mise en œuvre de la réforme, et 25% indiqué que la réforme a généré des surcoûts importants pour leur entreprise.
Sur le plan de la sécurité des donnés, le gouvernement ne cesse de rassurer. Pourtant la réalité est toute autre. Depuis le 1er septembre deux épisodes ont révélé la vulnérabilité des données récoltées auprès des entreprises. Le jour même de l’entrée en vigueur de la réforme, Welyb, une plateforme utilisée par les cabinets comptables pour échanger avec leurs clients a été victime d’une fuite de données. Le 28 septembre, c’est la plateforme Vos factures qui a été victime d’un piratage à cause d’un prestataire technique basé en Pologne.
Ce recours contraint à des plateformes privées est un arbitrage politique du gouvernement. Initialement, il avait promis la mise en place d’un portail public de facturation, accessible gratuitement pour toute entreprise. Mais il n’a pas tenu son engagement, et a annoncé le 15 octobre 2024 abandonner le développement de ce portail public. Depuis, les entreprises sont dans l’obligation de recourir à des plateformes privées agrées par l’Etat pour se conformer à la nouvelle obligation. Nous considérons au contraire que quand l’Etat met en place une nouvelle obligation, il doit mettre en face un service public, pas le marché. Il existe d’ailleurs une plateforme publique utilisée depuis des années pour les échanges entre les administrations et les entreprises. Il s’agit de Chorus Pro et de nombreux entrepreneurs se sont habituées à son utilisation.
La loi de finances 2026 a formalisé le renoncement du gouvernement en supprimant du code général des impôts toute référence au portail public de facturation. Nous proposons donc moratoire pour suspendre cette obligation de facturation électronique pour les auto-entrepreneurs, TPE-PME et agriculteurs. Ce moratoire devra être maintenu tant qu’il n’y a pas de service public de la facturation électronique pour les entreprises, constitué d’un portail et d’équipes d’accompagnement.
Auteurs 70
- LFI-NFP 69
Les 69 cosignataires
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Shéhérazade Bentorki
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3210P1D1N003426
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210