Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° I-963

Gabrielle Cathala LFI-NFP · Article 55

En clair

Gabrielle Cathala a déposé cet amendement le 8 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en séance publique le 14 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« En l’absence de dénonciation de l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne, ce prélèvement sur les recettes de l’État au titre de la participation de la France au budget de l’Union européenne est minoré de 10 %. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement, des députés du groupe La France insoumise, propose de minorer de 10 % le versement du PSR-UE en cas d’absence de dénonciation, par l’Union européenne, de l’accord d’association commerciale signé en 1995 avec Israël. Plus largement, nous prévoyons de conditionner notre participation financière à une Union européenne des peuples, qui permette une diplomatie au service de la paix plutôt qu'un alignement atlantiste qui la déshonore.

Le cessez-le-feu d'octobre 2025, conclu dans le cadre du plan Trump, n'a jamais été respecté par le gouvernement de Benjamin Netanyahou. Plus de 1 400 Palestiniens ont été tués depuis son entrée en vigueur, tandis qu'un enfant meurt chaque jour en moyenne sous les bombes ou les balles israéliennes selon l'UNICEF. Depuis le 7 octobre 2023, au moins 74 000 Palestiniens ont été tués, selon un bilan officiel probablement sous-estimé, et plus de 175 000 blessés, tandis que des amputations sans anesthésie sont pratiquées quotidiennement.

Loin de chercher la paix, Israël a étendu la guerre à toute la région. Le 28 février 2026, le gouvernement Netanyahou a lancé aux côtés des États-Unis une offensive contre l'Iran, sans le moindre mandat du Conseil de sécurité. Cette attaque a conduit au blocage du détroit d'Ormuz, dont l'UE et le monde paient aujourd'hui la facture avec l’explosion des prix à la pompe. Dans la foulée, Israël a bombardé Beyrouth et de nombreuses régions du Liban, puis lancé une occupation du sud du pays.

Que ce soit à Gaza, en Cisjordanie, au Liban ou en Iran : partout, Israël pratique la même politique du fait accompli, en violation directe des règles les plus élémentaires du droit international.

Alors que la commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies a conclu qu'Israël commettait un génocide, l’Union européenne doit plus que jamais sortir de son inaction coupable. Aucune paix juste et durable ne sera possible sans pression concrète sur Israël. Or, l’Union dispose pour cela d’un levier puissant : être le premier partenaire commercial d'Israël.

Sous la pression des peuples européens, indignés par l’inaction de leurs dirigeants, la Commission européenne a fini par proposer, en septembre 2025, de suspendre le volet commercial de l'accord d'association. Cette mesure toucherait environ 6 milliards d'euros d'exportations israéliennes. Mais les gouvernements ont trahi cette exigence populaire. Alors que plus d'un million de citoyens européens ont signé l'initiative citoyenne réclamant cette suspension, l'Allemagne et l'Italie ont bloqué la suspension en avril 2026. Un deux poids, deux mesures affligeant, car dans le même temps, l'Union adoptait en juillet 2026 son 21e train de sanctions contre la Russie.

Ce respect à géométrie variable des principes qu’elles prétendent défendre déshonore l’Union européenne et la France. Il les prive d’un outil majeur pour contraindre Israël à un cessez-le-feu, et les condamne à la marginalisation totale au Proche-Orient, dans le sillage de leur vassalisation aux Etats-Unis de Donald Trump. Outre l’impératif de faire appliquer le droit international, suspendre l'accord d'association permettrait à l'UE et à la France de faire à nouveau entendre leurs voix dans la région.

Pour ces raisons, nous proposons de minorer de 10 % le versement du PSR–UE dans le cas de l'absence de la dénonciation de l’accord de libre-échange avec Israël. Des sanctions doivent être également prises à l’encontre des dirigeants d’extrême droite du gouvernement de Netanyahou. Verser une contribution aussi massive à une Union européenne qui refuse d'agir pour mettre fin aux massacres revient à cautionner, de la manière la plus hypocrite, le génocide en cours à Gaza.

Son sort

Examen
En séance publique
Sort décidé le

Auteurs 70

Gabrielle Cathala LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Scrutin public

  1. Rejeté L'amendement n° 963 de Mme Cathala à l'article 55 27 pour · 148 contre · 0 abstention

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P1D1N000963
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210