amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Abroger les zones à faibles émissions-mobilités

Amendement n° 13

Sylvain Carrière LFI-NFP · Article unique

En clair

Sylvain Carrière a déposé cet amendement le 5 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Abroger les zones à faibles émissions-mobilités ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
1 sur 18amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Rédiger ainsi l’alinéa 5 :

« 1° L’article L. 2213‑4-1 du code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :

« a) Après le troisième alinéa du I, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés :

« La mise en œuvre de l’obligation d’instaurer une zone à faibles émissions mobilité est conditionnée à une appréciation de la situation du territoire concerné au regard des normes et objectifs de qualité de l’air applicables ainsi que de l’existence de solutions alternatives à l’usage individuel de la voiture, notamment en transports collectifs et en mobilités actives, au regard des besoins de déplacement des personnes concernées. Cette appréciation s’appuie sur les données et études existantes.

« L’obligation d’instaurer une zone à faibles émissions mobilité ne peut être mise en œuvre que lorsque les résultats de cette appréciation établissent que les restrictions de circulation sont nécessaires au regard des normes et objectifs de qualité de l’air applicables et établissent l’existence de solutions alternatives accessibles à l’usage individuel de la voiture pour les déplacements concernés.

« Un décret précise les conditions d’application du présent article et les modalités selon lesquelles l’appréciation prévue au présent article est réalisée. »

« b) À la fin de la deuxième phrase du premier alinéa du II, les mots : « subordonnée à l’accord, respectivement, du représentant de l’État dans le département et du président du conseil départemental sur les mesures de restriction qu’il est prévu d’y appliquer » sont remplacés par le mot : « obligatoire ».

« c) Au dernier alinéa du III, le mot : « trois » est remplacé par le mot : « quatre » ;

« d) Au début du V, les mots : « Après consultation des représentants des catégories professionnelles concernées » sont remplacés par deux phrases ainsi rédigées : « Une consultation des représentants des catégories professionnelles concernées ainsi que des populations est menée pendant une période d’au moins quatre mois. Tous les citoyens y sont nominativement conviés. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Par cet amendement de repli, le groupe La France insoumise propose de remplacer la proposition du Rassemblement national par une partie de la proposition de loi visant au bon développement des ZFE-m, déposée le 11 mars 2025 par Sylvain Carrière et les députés du groupe La France insoumise.

Nous proposons de conditionner la mise en œuvre effective des ZFE-m à deux conditions : que les restrictions soient nécessaires au regard de la situation du territoire en matière de qualité de l’air et que des alternatives accessibles à la voiture individuelle existent.

D'une part, la qualité de l’air constitue déjà un critère du cadre des ZFE-m, qui distingue notamment les territoires où les normes sont régulièrement dépassées. Il apparaît donc cohérent de vérifier, avant la mise en œuvre des restrictions, que celles-ci demeurent nécessaires au regard des normes et objectifs de qualité de l’air applicables. Cette appréciation s’appuie sur les données et études existantes et ne crée pas de nouvelle procédure d’évaluation.

Pour rappel, selon Santé publique France, la pollution aux particules fines est responsable d’environ 40 000 décès prématurés par an en France. Mais l’efficacité sanitaire des ZFE-m ne peut être dissociée de l’existence d’alternatives à la voiture.

D'autre part, il est nécessaire que la mise en oeuvre des ZFE soit précédée d'une vérification de l'accessibilité transports alternatifs, pour garantir le droit à la mobilité de toutes et tous. La consultation du Sénat menée en 2023 auprès de 51 346 personnes montre que seuls 16 % des répondants estimaient disposer d’alternatives satisfaisantes à la voiture individuelle. L’acceptabilité des ZFE-m atteignait 67 % parmi les personnes disposant de plusieurs alternatives, contre seulement 6 % parmi celles qui n’en disposaient pas.

Il renforce également la cohérence du dispositif en soumettant aux restrictions les voies de contournement, autoroutières, départementales et nationales traversant le périmètre de la ZFE-m, et prévoit une concertation d’au moins quatre mois avec les populations et les catégories professionnelles concernées.

Il s’agit ainsi de concilier deux impératifs : le droit à respirer un air sain et le droit à la mobilité, en faisant des ZFE-m un outil de planification écologique plutôt qu’un dispositif faisant peser l’essentiel de l’effort sur les ménages qui disposent du moins d’alternatives.

Auteurs 70

Sylvain Carrière LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 2970
Son sous-amendement

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B2970P0D1N000013
Texte amendé (Assemblée nationale)
PIONANR5L17B2970