amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-CL83
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En clair
Jean-François Coulomme a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République.
- Adoptés sur ce texte
- 85 sur 275amendements dont le sort est connu, en commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Conseil d'État et autres juridictions administratives | +2 938 550 € | +2 938 550 € |
| Conseil économique, social et environnemental | 0 € | 0 € |
| Cour des comptes et autres juridictions financières | −2 938 550 € | −2 938 550 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement des député.es du groupe LFI vise à proposer le recrutement de magistrats et greffiers pour les juridictions administratives.
Pour la première fois depuis quatre ans le schéma d’emploi est positif en ce qui concerne la fonction juridictionnelle des juridictions administratives. Le PAP prévoit 84 créations d’emplois, dont 28 magistrats, 28 agents de greffe et 28 aides à la décision.
Or, il était prévu un plan de recrutement de 40 ETP supplémentaires par an pour les juridictions administratives jusqu’en 2027 (15 greffiers et 25 magistrats).
Ce recrutement bienvenu n’est pas suffisant pour prendre en charge l’augmentation du contentieux et des besoins pour les justiciables. En effet, bien qu’elles ne soient pas dans la situation critique de la justice judiciaire, ces juridictions connaissent une augmentation croissante de leurs saisines.
Le PAP de 2024 évoquait, à ce titre, que si l’augmentation des saisines dépassait plus de 5 % par an, le plan de recrutement de magistrats et de greffiers ne serait pas suffisant pour traiter cette hausse de manière convenable.
En 2025 un conseiller de tribunal administratif règle 313 affaires par an, ce qui revient à régler plus de 7 affaires par semaine, ce chiffre revient à 20 affaires supplémentaires par rapport aux cibles du PAP pour 2025. Ce chiffre est problématique et risque encore d’augmenter. Par exemple le contentieux des étrangers représente déjà 44 % du contentieux administratif devant les tribunaux administratifs, ne risque pas de baisser vu les politiques sécuritaires et anti immigration qui sont menées ces dernières années.
De plus, le PAP se félicite de la réduction du délai de traitement des affaires qui avoisine les 12 mois. Or, ce chiffre est trompeur car il prend en compte l’ensemble des contentieux et notamment les contentieux en référé, qui sont des contentieux d’urgence.
Or, même avec ce calcul les délais d’audiencement, alors qu’ils étaient relativement stables les dernières années, commencent à augmenter passant de 9 mois et 19 jours en 2025 à 10 mois et 10 jours en 2026. Cela implique que les délais des procédures normales ont largement augmentés ces deux dernières années et des contentieux qui ne cessent de se multiplier.
L’augmentation régulière du contentieux ne peux être seulement traité à l’aune de calcul gestionnaire. La multiplication des actes administratifs illégaux (notamment d’interdiction de manifestation, de couvre-feux, ou encore d’obligation de quitter le territoire, etc.) est grave car cela veut dire que l’État ne respecte plus son propre droit. Face à cette réalité, le juge administratif est un des acteurs de l’État de droit et doit à ce titre bénéficier des moyens nécessaires pour en assurer la pérennité.
En effet, le juge administratif s’est imposé comme un échelon essentiel dans la garantie des droits et libertés sur le territoire, notamment grâce aux référés libertés.
À ce titre, et considérant les augmentations des saisines, nous proposons de rattraper, a minima, une année de plan de recrutement qui était initialement prévu en proposant de recruter 15 greffiers (5 pour les cours administratives d’appel et 10 pour les tribunaux administratifs) et 25 magistrats supplémentaires (5 pour les cours administratives d’appel et 20 pour les tribunaux administratifs) en plus des 28 magistrats et 28 greffiers prévus par le PAP.
Pour ce faire, nous proposons de récupérer 2 938 550 d’euros en AE et en CP de l’action 27 « Pilotage et soutien des juridictions financières » du programme 164 « Cour des comptes et autres juridictions financières » pour déployer 1 000 000 euros au sein de l’action 02 « Fonction juridictionnelle : Cours administratives d’appel » et 1 938 550 au sein de l’action 03 « Fonction juridictionnelle : tribunaux administratifs » au sein du programme 165 « Conseil d’État et autres juridictions administratives ». Nous demandons au Gouvernement de lever le gage pour ne pas impacter le budget de la Cour des comptes.
Auteurs 70
Jean-François Coulomme LFI-NFP
- LFI-NFP 69
Les 69 cosignataires
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Shéhérazade Bentorki
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Aurélien Le Coq
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59051B3210P2D1N000083
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210