amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-CF1839
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En clair
Aurélien Le Coq a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire.
- Adoptés sur ce texte
- 928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – À l’alinéa 1, supprimer les mots :
« et la revalorisation prévue au sixième alinéa de l’article L. 842‑3 du code de la sécurité sociale ».
II. – En conséquence, au même alinéa, substituer aux mots :
« ne sont pas appliquées »
les mots :
« n’est pas appliquée ».
III. – En conséquence, à l’alinéa 2, substituer au mot :
« leur »
le mot :
« son ».
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Par cet amendement de repli, les députés du groupe La France insoumise proposent de supprimer le gel de la revalorisation, pourtant censée être automatique, de la prime d’activité.
Contrairement à ce qu'il prétend, le gouvernement se moque bien d'encourager le travail, tout ce qu'il encourage, c'est l'évitement fiscal des ultra-riches et des multinationales !
Le Gouvernement fait le choix de faire payer aux plus précaires et aux travailleurs modestes le coût de sa politique budgétaire inique. Dans le même temps, il refuse toute contribution supplémentaire des plus riches et réduit de 2,3 milliards d’euros la contribution des grandes entreprises.
Le gel de la prime d’activité frappe directement les travailleurs aux revenus modestes. Selon un rapport de la Cour des comptes de juin 2026, la prime d’activité a largement contribué à faire sortir de la pauvreté des personnes qui travaillent à temps plein, quelle que soit leur situation familiale. En décembre 2024, le nombre d’allocataires s’établissait ainsi à 4,81 millions. La prime d'activité bénéficie avant tout aux 40 % des ménages les plus modestes et joue un rôle déterminant pour les familles monoparentales, qui représentent 21 % des foyers allocataires. Elle soutient aussi les jeunes qui entrent dans la vie active : environ 135 000 apprentis et 38 000 étudiants la percevaient en décembre 2024. Enfin, 21 % des bénéficiaires sont inscrits à France Travail. Dès lors, geler la prime d’activité, c’est pénaliser celles et ceux qui reprennent un emploi et aller à l’encontre de la raison d’être du dispositif.
À ce gel s’ajoute une nouvelle attaque contre les travailleurs : la modification du mode de calcul de la prime d’activité. Celle-ci est aujourd’hui calculée sur le montant net social du salarié, en tenant compte de ses salaires, de certaines aides comme l’APL et de ses charges familiales. Le Gouvernement veut désormais y intégrer la participation de l’employeur au financement de la complémentaire santé, de la prévoyance ou de la retraite supplémentaire. Ces sommes ne sont pourtant pas un revenu dont le salarié dispose, puisqu'elles financent sa protection sociale. Les compter comme des ressources revient mécaniquement à raboter la prime d’activité de l’immense majorité des salariés du privé, la complémentaire santé d’entreprise étant obligatoire.
Plus largement, ce gel intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat réel des ménages est en berne. Celui-ci devrait reculer de 0,7 % en 2026, selon les prévisions de l’OFCE, tandis que les revenus du patrimoine repartent à la hausse, avec une hausse 3,7 % en 2026.
C’est pourtant la consommation des ménages, et en premier lieu la consommation populaire, qui tire la croissance française, et non l'épargne improductive. En amputant les revenus des travailleurs qui consomment le plus, le Gouvernement pénalise les plus modestes et affaiblit encore davantage une économie déjà à l’arrêt. Pour relancer la croissance, le Gouvernement devrait plutôt lutter contre le non-recours, qui concerne 30 % des foyers éligibles à la prime d’activité selon la Cour des comptes. Cette dernière signale à juste titre que les dispositifs visant à réduire le non-recours sont « insuffisamment mobilisés ».
Encore une fois, ce sont les plus pauvres et les travailleurs modestes qui verront leur niveau de vie baisser, pendant que les ultra-riches seront épargnés. Il s’agit ni plus ni moins que d’une politique de classe, que nous continuerons à combattre, jusqu’à la victoire.
C’est pourquoi, par cet amendement de repli, les députés de La France insoumise proposent de supprimer ce gel de la prime d’activité. Ce n’est pas aux travailleurs pauvres de payer les cadeaux fiscaux du gouvernement aux plus riches et aux grandes entreprises !
Auteurs 70
- LFI-NFP 69
Les 69 cosignataires
- LFI-NFP Nadège Abomangoli
- LFI-NFP Laurent Alexandre
- LFI-NFP Ségolène Amiot
- LFI-NFP Farida Amrani
- LFI-NFP Rodrigo Arenas
- LFI-NFP Raphaël Arnault
- LFI-NFP Anaïs Belouassa-Cherifi
- LFI-NFP Shéhérazade Bentorki
- LFI-NFP Ugo Bernalicis
- LFI-NFP Christophe Bex
- LFI-NFP Carlos Martens Bilongo
- LFI-NFP Manuel Bompard
- LFI-NFP Idir Boumertit
- LFI-NFP Louis Boyard
- LFI-NFP Pierre-Yves Cadalen
- LFI-NFP Aymeric Caron
- LFI-NFP Sylvain Carrière
- LFI-NFP Gabrielle Cathala
- LFI-NFP Bérenger Cernon
- LFI-NFP Sophia Chikirou
- LFI-NFP Hadrien Clouet
- LFI-NFP Éric Coquerel
- LFI-NFP Jean-François Coulomme
- LFI-NFP Sébastien Delogu
- LFI-NFP Aly Diouara
- LFI-NFP Alma Dufour
- LFI-NFP Karen Erodi
- LFI-NFP Mathilde Feld
- LFI-NFP Emmanuel Fernandes
- LFI-NFP Sylvie Ferrer
- LFI-NFP Perceval Gaillard
- LFI-NFP Clémence Guetté
- LFI-NFP Zahia Hamdane
- LFI-NFP Mathilde Hignet
- LFI-NFP Andy Kerbrat
- LFI-NFP Bastien Lachaud
- LFI-NFP Abdelkader Lahmar
- LFI-NFP Maxime Laisney
- LFI-NFP Arnaud Le Gall
- LFI-NFP Élise Leboucher
- LFI-NFP Jérôme Legavre
- LFI-NFP Sarah Legrain
- LFI-NFP Claire Lejeune
- LFI-NFP Murielle Lepvraud
- LFI-NFP Antoine Léaument
- LFI-NFP Élisa Martin
- LFI-NFP Damien Maudet
- LFI-NFP Marianne Maximi
- LFI-NFP Marie Mesmeur
- LFI-NFP Manon Meunier
- LFI-NFP Jean-Philippe Nilor
- LFI-NFP Sandrine Nosbé
- LFI-NFP Danièle Obono
- LFI-NFP Nathalie Oziol
- LFI-NFP Mathilde Panot
- LFI-NFP René Pilato
- LFI-NFP François Piquemal
- LFI-NFP Thomas Portes
- LFI-NFP Loïc Prud'homme
- LFI-NFP Jean-Hugues Ratenon
- LFI-NFP Arnaud Saint-Martin
- LFI-NFP Aurélien Saintoul
- LFI-NFP Ersilia Soudais
- LFI-NFP Anne Stambach-Terrenoir
- LFI-NFP Aurélien Taché
- LFI-NFP Andrée Taurinya
- LFI-NFP Matthias Tavel
- LFI-NFP Aurélie Trouvé
- LFI-NFP Paul Vannier
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59048B3210P2D1N001839
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210