amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-AS159

Ségolène Amiot LFI-NFP · Article 58

En clair

Ségolène Amiot a déposé cet amendement le 29 oct. 2026, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en commission des affaires sociales.

Adoptés sur ce texte
1 sur 70amendements dont le sort est connu, en commission des affaires sociales

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Accès et retour à l'emploi−600 000 000 €−600 000 000 €
Accompagnement des mutations économiques et développement de l'emploi+600 000 000 €+600 000 000 €
Amélioration de la qualité de l'emploi et des relations du travail0 €0 €
Soutien des ministères sociaux0 €0 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe parlementaire La France insoumise vise à exonérer les rémunérations des apprentis de cotisations sociales.

Ce projet de loi de finances prévoit une diminution de 131 millions d’euros des crédits budgétaires dédiés à la compensation à la Sécurité sociale des exonérations de cotisations portant sur les revenus des apprentis.

Les grilles de rémunération applicables aux contrats d’apprentissage permettent à un employeur de rémunérer un apprenti de 20 ans (en 3ème année de formation) à 1250,90 € par mois soit 67 % du SMIC, une somme inférieure au seuil de pauvreté.

Les jeunes subissent de nombreuses discriminations. Les années de jeunesse sont marquées par le précariat et les difficultés financières : difficultés à accéder aux études supérieures, enchaînement de contrats précaires, prix démesuré du logement sous l’effet de la spéculation immobilière.

Le Gouvernement demande une vraie contribution aux apprentis, tout en refusant de leur accorder un véritable statut de travailleur, alors qu’ils continuent à être considérés comme des étudiants, ainsi que de vraies rémunérations permettant de vivre dignement.

Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, imposée par 49 al 3 :

– les apprentis ne sont plus exonérés du paiement de cotisations sociales que pour leur part de rémunération dans la limite de 50 % du SMIC (contre 79 % auparavant)

– les apprentis ne sont plus exonérés du paiement de la CSG-CRDS que pour leur part de rémunération dans la limite de 50 % du SMIC (alors qu’ils l’étaient intégralement auparavant).

Avec ces deux mesures, le Gouvernement a fait les poches des apprentis à hauteur de 600 millions d’euros. Pour chaque apprenti, cela représente plusieurs dizaines d’euros par mois. Dans le même temps, les employeurs continuent à bénéficier de 2 milliards d’euros de subvention pour l’embauche d’apprentis dans ce budget. C’est inadmissible.

Pour lutter contre la pauvreté de la jeunesse, nous proposons d’exonérer les revenus des apprentis de cotisations sociales dans la limite de 100 % du SMIC.

Si la droite veut que les jeunes contribuent au financement de la Sécurité sociale, qu’elle commence par leur permettre d’accéder à de vrais emplois et à des rémunérations dignes, plutôt que de verser des milliards d’argent public à des employeurs en recherche d’une main d’œuvre à bas coût, par le statut de l’apprentissage.

Pour financer cette exonération, nous proposons d’affecter 600 millions d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement à la sous-action « 01‑03 – Exonérations liées à l’apprentissage » du programme « 103 – Accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi ». Pour des raisons de recevabilité financière, nous diminuons à due concurrence les autorisations d’engagement et les crédits de paiement de l’action « 03 – Accompagnement des personnes les plus éloignées du marché du travail – Fonds d’inclusion dans l’emploi » du programme « 102 – Accès et retour à l’emploi ».

La diminution de crédits proposée est uniquement formelle, afin de respecter les règles de recevabilité financière issues de l’article 40 de la Constitution. Nous appelons le Gouvernement à lever le gage.

Auteurs 70

Ségolène Amiot LFI-NFP

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO420120B3210P2D1N000159
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210