amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2026
Amendement n° I-1610
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En clair
Aurélien Lopez-Liguori a déposé cet amendement le 21 oct. 2025, avec 122 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2026 ». Il est tombé en séance publique le 17 nov. 2025.
- Adoptés sur ce texte
- 558 sur 4 011amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Supprimer l’alinéa 13.
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« VI. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à la taxe visée à l’article 235 ter ZD du code général des impôts. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à supprimer le 3° du II de l’article 13, qui introduit, à l’article L. 421‑62 du code des impositions sur les biens et services, une prolongation d’une année (jusqu’à fin 2028) de la trajectoire de la hausse du barème du malus CO2 sur les véhicules de tourisme.
Ce barème durcit considérablement la fiscalité automobile : il abaisse le seuil d’entrée du malus à 98 grammes de CO₂ par kilomètre, avec une première taxation de 50 euros, et fixe un malus maximal de 100 000 euros pour les véhicules dépassant 187 grammes de CO₂ par kilomètre. Autrement dit, même des véhicules courants, familiaux ou hybrides, seront désormais lourdement frappés. Le Gouvernement justifie cette mesure par la nécessité d’inciter à l’achat de véhicules électriques et plus écologiques. En réalité, cette disposition s’apparente bien davantage à une taxe punitive qu’à une incitation. Le malus CO₂ est en effet exigible une seule fois, dès la première immatriculation en France, qu’il s’agisse d’un véhicule neuf ou importé. Il ne récompense pas les comportements vertueux, il sanctionne immédiatement les ménages et les professionnels qui souhaitent simplement changer de voiture.
L’argument d’incitation ne tient pas face à la réalité du marché automobile français. Les véhicules électriques ou hybrides rechargeables restent nettement plus coûteux à l’achat, souvent de 10 000 à 20 000 euros supplémentaires, et leur autonomie demeure limitée, en particulier dans les zones rurales. Les infrastructures de recharge, elles, sont encore insuffisantes et inégalement réparties sur le territoire. Avant de taxer ceux qui n’ont pas d’autre choix que la motorisation thermique, il faudrait garantir à tous les Français l’accès à une offre alternative fiable, abordable et accessible.
De plus, cette mesure ignore la réalité industrielle et énergétique. Les véhicules électriques, loin d’être neutres, nécessitent des métaux rares et une production de batteries très carbonée, souvent réalisée en Chine. En prétendant « verdir » la fiscalité, le Gouvernement favorise en réalité l’importation de véhicules étrangers au détriment de la production nationale. Cette politique accélère la désindustrialisation de la filière automobile française et la perte de souveraineté dans un secteur stratégique. Sur le plan social, cette réforme aggrave encore la fracture entre les métropoles et les territoires. Les familles nombreuses, les artisans, les agriculteurs et les habitants des zones rurales seront les plus durement touchés. Pour eux, la voiture est une nécessité vitale, non un bien de luxe. Les contraindre fiscalement à renoncer à leur véhicule ou à s’endetter pour un modèle électrique inaccessible relève d’une écologie de la contrainte et de la culpabilisation, étrangère à la réalité quotidienne de millions de Français.
Enfin, sur le plan environnemental, l’efficacité d’un tel dispositif est douteuse. En rendant prohibitif l’achat de véhicules neufs, ce malus retarde le renouvellement du parc et pousse les ménages à conserver des voitures anciennes, souvent plus polluantes. Il est ainsi proposer de supprimer la trajectoire de hausse du barème.
Son sort
- Examen
- En séance publique
- Sort décidé le
Auteurs 123
- RN 122
Les 122 cosignataires
- RN Franck Allisio
- RN Maxime Amblard
- RN Bénédicte Auzanot
- RN Philippe Ballard
- RN Anchya Bamana
- RN Christophe Barthès
- RN Romain Baubry
- RN José Beaurain
- RN Christophe Bentz
- RN Théo Bernhardt
- RN Guillaume Bigot
- RN Bruno Bilde
- RN Emmanuel Blairy
- RN Sophie Blanc
- RN Frédéric Boccaletti
- RN Pascale Bordes
- RN Anthony Boulogne
- RN Manon Bouquin
- RN Jorys Bovet
- RN Jérôme Buisson
- RN Eddy Casterman
- RN Sébastien Chenu
- RN Roger Chudeau
- RN Bruno Clavet
- RN Caroline Colombier
- RN Nathalie Da Conceicao Carvalho
- RN Marc de Fleurian
- RN Hervé de Lépinau
- RN Sandra Delannoy
- RN Jocelyn Dessigny
- RN Edwige Diaz
- RN Sandrine Dogor-Such
- RN Nicolas Dragon
- RN Alexandre Dufosset
- RN Gaëtan Dussausaye
- RN Aurélien Dutremble
- RN Auguste Evrard
- RN Frédéric Falcon
- RN Guillaume Florquin
- RN Emmanuel Fouquart
- RN Thierry Frappé
- RN Julien Gabarron
- RN Stéphanie Galzy
- RN Jonathan Gery
- RN Frank Giletti
- RN Yoann Gillet
- RN Christian Girard
- RN Antoine Golliot
- RN José Gonzalez
- RN Florence Goulet
- RN Géraldine Grangier
- RN Monique Griseti
- RN Julien Guibert
- RN Michel Guiniot
- RN Jordan Guitton
- RN Marine Hamelet
- RN Timothée Houssin
- RN Sébastien Humbert
- RN Laurent Jacobelli
- RN Pascal Jenft
- RN Alexis Jolly
- RN Tiffany Joncour
- RN Sylvie Josserand
- RN Florence Joubert
- RN Hélène Laporte
- RN Laure Lavalette
- RN Robert Le Bourgeois
- RN Marine Le Pen
- RN Julie Lechanteux
- RN Nadine Lechon
- RN Gisèle Lelouis
- RN Katiana Levavasseur
- RN Julien Limongi
- RN René Lioret
- RN Christine Loir
- RN Marie-France Lorho
- RN Philippe Lottiaux
- RN Alexandre Loubet
- RN David Magnier
- RN Claire Marais-Beuil
- RN Matthieu Marchio
- RN Pascal Markowsky
- RN Patrice Martin
- RN Michèle Martinez
- RN Alexandra Masson
- RN Bryan Masson
- RN Kévin Mauvieux
- RN Nicolas Meizonnet
- RN Pierre Meurin
- RN Thibaut Monnier
- RN Serge Muller
- RN Joëlle Mélin
- RN Yaël Ménaché
- RN Thomas Ménagé
- RN Julien Odoul
- RN Caroline Parmentier
- RN Thierry Perez
- RN Kévin Pfeffer
- RN Lisette Pollet
- RN Stéphane Rambaud
- RN Angélique Ranc
- RN Julien Rancoule
- RN Matthias Renault
- RN Catherine Rimbert
- RN Joseph Rivière
- RN Laurence Robert-Dehault
- RN Béatrice Roullaud
- RN Sophie-Laurence Roy
- RN Anaïs Sabatini
- RN Alexandre Sabatou
- RN Emeric Salmon
- RN Philippe Schreck
- RN Anne Sicard
- RN Emmanuel Taché
- RN Jean-Philippe Tanguy
- RN Michaël Taverne
- RN Thierry Tesson
- RN Lionel Tivoli
- RN Romain Tonussi
- RN Antoine Villedieu
- RN Frédéric-Pierre Vos
- RN Frédéric Weber
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 1906
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B1906P1D1N001610
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B1906