amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme

Amendement n° 1

Marietta Karamanli SOC · Après l'article 1er

En clair

Marietta Karamanli a déposé cet amendement le 21 janv. 2026, avec 67 cosignataires, sur le texte « Lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Ce qu'il propose

Le dispositif

Après l’article 421‑2‑5 du code pénal, il est inséré un article 421‑2‑5‑1 A ainsi rédigé :

« Art. 421‑2‑5‑1 A. – Les dispositions de l’article 421‑2‑5 ne peuvent être interprétées comme prohibant :

« 1° La critique, même vive, d’un État, de son Gouvernement, de ses institutions ou de sa politique ;

« 2° Les travaux de recherche, d’enseignement ou de débat scientifique conduits dans le respect des exigences de la liberté académique ;

« 3° Les expressions relevant du débat public, dès lors qu’elles ne constituent ni une provocation directe ou indirecte à des actes de terrorisme, ni une apologie de tels actes, ni une incitation à la haine ou à la violence. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement entend poursuivre plusieurs objectifs :

1. Sécuriser la liberté d’expression (art. 11 DDHC, art. 10 CEDH). Le texte introduit une clause de sauvegarde qui rappelle que la critique d’un État — y compris Israël — reste pleinement licite. Cela évite que la nouvelle infraction de « provocation à la destruction ou à la négation d’un État » soit interprétée trop largement.

2. Protéger explicitement la liberté académique. La loi du 24 décembre 2020 reconnaît la liberté académique comme un principe fondamental. L’amendement l’intègre pour éviter que des enseignants-chercheurs soient inquiétés pour des travaux comparatifs, historiques ou géopolitiques.

3. Préserver l’efficacité de la lutte contre l’antisémitisme. L’amendement ne neutralise aucune des incriminations nouvelles :
• apologie du terrorisme,
• banalisation du terrorisme,
• provocation à la destruction d’un État,
• extension du délit de contestation de la Shoah.
Il clarifie simplement le périmètre licite du débat public, ce qui renforce la constitutionnalité du texte.

4. Réduire le risque de censure constitutionnelle. Le Conseil constitutionnel exige que les infractions d’expression soient strictement définies.

Cet amendement apporte une délimitation claire, ce qui sécurise l’ensemble du dispositif.

Auteurs 68

Marietta Karamanli SOC

Les 67 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte de la commission n° 2358

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901BTC2358P0D1N000001
Texte amendé (Assemblée nationale)
PIONANR5L17BTC2358