amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-86
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En clair
Pierre Pribetich a déposé cet amendement le 12 oct. 2026, avec 67 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Formations supérieures et recherche universitaire | +200 000 000 € | +200 000 000 € |
| Vie étudiante | 0 € | 0 € |
| Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires | −183 000 000 € | −183 000 000 € |
| Recherche spatiale | −8 000 000 € | −8 000 000 € |
| Recherche dans les domaines de l'énergie, du développement et de la mobilité durables | −6 000 000 € | −6 000 000 € |
| Recherche et enseignement supérieur en matière économique et industrielle | −3 000 000 € | −3 000 000 € |
| Enseignement supérieur et recherche agricoles | 0 € | 0 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement vise à garantir la compensation intégrale, au bénéfice des universités, du coût des mesures salariales dites « Guerini », en finançant la part restée à leur charge, à hauteur de 200 M€ en autorisations d’engagement et en crédits de paiement.
En juin 2023, le Gouvernement a décidé d’un ensemble de mesures de pouvoir d’achat pour les agents publics, dites « mesures Guerini » : revalorisation de 1,5 % du point d’indice au 1er juillet 2023 et attribution de cinq points d’indice majoré à tous les agents au 1er janvier 2024. Ces mesures étaient justes et nécessaires. Mais l’État, qui les a décidées, n’en a payé que la moitié pour ses universités.
Depuis 2024, ces mesures ne sont en effet compensées aux universités qu’à hauteur de 50 %. Le reste à charge atteint 200 M€ par an, est pérenne : il pèse sur chaque exercice. À la fin de l’année 2027, les universités auront ainsi financé sur leurs propres ressources près de 800 M€ d’une revalorisation salariale qu’elles n’ont ni négociée, ni décidée. Aucun employeur privé ne se verrait imposer de financer une hausse de salaires fixée par un tiers ; c’est pourtant ce que l’État exige des établissements placés sous sa tutelle.
Ce reste à charge s’inscrit dans une accumulation de charges imposées par l’État sans financement : relèvements successifs du taux de contribution employeur au CAS Pensions, mise en œuvre de la protection sociale complémentaire, glissement vieillesse technicité, hausse des coûts énergétiques. Dans le même temps, le projet de loi de finances pour 2027 prévoit :
- une baisse de 88,8 M€ de la subvention pour charges de service public des universités, de 12 832,5 M€ à 12 743,7 M€ ;
- la suppression de 290 emplois administratifs par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur trois, et un plafond d’emplois des universités abaissé de 145 288 à 143 797 ETPT ;
- une exigence de recettes propres portée de 22,23 % à 25 % dès 2027, puis d’un point supplémentaire chaque année ;
- Une trajectoire du programme 150 en baisse en 2028 (- 0,80 %) et en 2029 (- 0,18 %).
Les universités subissent un effet ciseau insoutenable, qui se traduit déjà par des situations déficitaires pour nombre d’entre elles. Le reste à charge des mesures Guerini ne peut être absorbé que par des prélèvements sur des fonds de roulement déjà exsangues ou par des gels de postes : 200 M€, c’est l’équivalent d’environ 2 300 emplois de maîtres de conférences. Autrement dit, l’État finance la revalorisation des agents d’aujourd’hui en supprimant les postes de demain.
Ce sont les étudiants qui en paient le prix. L’Université est l’un des piliers de l’équilibre démocratique : c’est là qu’une société forme ses citoyens, éprouve ses certitudes et règle ses désaccords par l’argument et par la preuve. À l’heure de la désinformation de masse et de la défiance envers les institutions, affaiblir l’Université, c’est affaiblir les conditions mêmes du débat démocratique.
Les mobilisations étudiantes qui traversent aujourd’hui le pays le rappellent avec force : la jeunesse demande à être entendue et à disposer des moyens d’étudier, de se loger, de se soigner et de se projeter. Près de 1,9 million d’étudiants sont inscrits en licence, en master et en doctorat. Leur répondre par des gels de postes, des fermetures de formations ou d’antennes territoriales serait un contresens politique et une faute historique. C’est sur les bancs de l’Université que se construit la place de la jeunesse dans l’avenir du pays.
Selon les règles de recevabilité imposées par l’article 40 de la Constitution, il convient dès lors de permettre une adaptation de la mission Recherche et enseignement supérieur, en augmentant de 200 000 000 euros les AE et CP du programme 150 « Formations supérieures et recherche universitaire », en minorant le programme 172 « Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaire" à hauteur de 183 000 000 euros en AE et CP, ainsi que le programme 193 "Recherche spatiale" de 8 000 000 euros en AE et CP et le programme 192 « Recherche et enseignement supérieur en matière économique et industrielle » de 3 000 000 euros en AE et CP.
Toutefois, nous ne souhaitons pas réduire ces crédits et demandons donc au Gouvernement de lever le gage de cet amendement.
Cet amendement a été travaillé avec France Universités.
Auteurs 68
- SOC 67
Les 67 cosignataires
- SOC Béatrice Bellay
- SOC Colette Capdevielle
- SOC Alain David
- SOC Dieynaba Diop
- SOC Fanny Dombre Coste
- SOC Océane Godard
- SOC Pascale Got
- SOC Fabrice Barusseau
- SOC Elie Califer
- SOC Chantal Jourdan
- SOC Pierrick Courbon
- SOC Karim Benbrahim
- SOC Christine Pirès Beaune
- SOC Roger Vicot
- SOC Christophe Proença
- SOC Marc Pena
- SOC Laurent Lhardit
- SOC Dorine Bregman
- SOC Marie-José Allemand
- SOC Joël Aviragnet
- SOC Christian Baptiste
- SOC Marie-Noëlle Battistel
- SOC Laurent Baumel
- SOC Belkhir Belhaddad
- SOC Mickaël Bouloux
- SOC Paul Christophle
- SOC Arthur Delaporte
- SOC Stéphane Delautrette
- SOC Peio Dufau
- SOC Iñaki Echaniz
- SOC Romain Eskenazi
- SOC Olivier Faure
- SOC Denis Fégné
- SOC Martine Froger
- SOC Guillaume Garot
- SOC Jérôme Guedj
- SOC Stéphane Hablot
- SOC Ayda Hadizadeh
- SOC Melouka Hadj-Mimoune
- SOC Florence Herouin-Léautey
- SOC Céline Hervieu
- SOC François Hollande
- SOC Sacha Houlié
- SOC Marietta Karamanli
- SOC Fatiha Keloua Hachi
- SOC Gérard Leseul
- SOC Estelle Mercier
- SOC Philippe Naillet
- SOC Jacques Oberti
- SOC Sophie Pantel
- SOC Anna Pic
- SOC Dominique Potier
- SOC Marie Récalde
- SOC Valérie Rossi
- SOC Claudia Rouaux
- SOC Aurélien Rousseau
- SOC Fabrice Roussel
- SOC Sandrine Runel
- SOC Sébastien Saint-Pasteur
- SOC Isabelle Santiago
- SOC Hervé Saulignac
- SOC Arnaud Simion
- SOC Thierry Sother
- SOC Céline Thiébault-Martinez
- SOC Mélanie Thomin
- SOC Boris Vallaud
- SOC Jiovanny William
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3210P2D1N000086
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210