Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° I-3828

Pascal Lecamp Dem · Après l'article 10

En clair

Pascal Lecamp a déposé cet amendement le 10 oct. 2026, avec 35 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en séance publique le 30 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Après le II de l’article 151 septies du code général des impôts, il est inséré un II bis ainsi rédigé :

« II bis. – Pour les plus-values réalisées à l’occasion de la cession de matériels affectés à l’exercice d’une activité agricole, le bénéfice des exonérations prévues au présent II est conditionné à la détention du matériel pendant une durée minimale correspondant à sa durée normale d’utilisation, déterminée en fonction de sa nature et de ses caractéristiques techniques.

« Cette durée minimale de détention est fixée par décret, après consultation des organisations professionnelles agricoles représentatives, en tenant compte notamment de la nature du matériel, de ses conditions d’utilisation et de sa durée normale d’amortissement.

« Lorsque la cession intervient avant l’expiration de cette durée minimale de détention, la plus-value réalisée au titre du matériel concerné ne bénéficie pas de l’exonération prévue au présent article et est imposée dans les conditions de droit commun.

« Un décret précise les modalités d’application du présent II bis, notamment les catégories de matériels concernées et les critères permettant d’apprécier les motifs légitimes de cession anticipée. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Le 10 avril 2026, le Premier ministre a confié à Pascal Lecamp et Dominique Potier, députés, une mission sur la fiscalité des exploitations agricoles. Appuyée par l’Inspection générale des finances, le CGAAER et l’IGEDD, elle a mené une cinquantaine d’auditions et un travail inédit de collecte de données.

La mission fait de la lutte contre la sur-mécanisation l’un de ses axes prioritaires. Les charges de mécanisation représentent en moyenne un quart des charges d’exploitation, et jusqu’à 30 % dans certaines filières, soit environ 18 milliards d’euros par an pour l’agriculture française. Une part importante du parc serait sous-utilisée ou redondante à l’échelle des territoires. Ce suréquipement immobilise du capital, alourdit l’endettement et rend plus coûteuse la reprise des exploitations par les jeunes.

La fiscalité y contribue directement. L’exonération des plus-values de l’article 151 septies, combinée à l’amortissement dégressif, permet de déduire rapidement le coût d’un matériel puis de le revendre sans impôt ni cotisations sociales sur la plus-value. Le coût de cette exonération n’est pas isolé dans les documents budgétaires. Les estimations transmises à la mission le situent entre 650 et 700 millions d’euros par an, impôt sur le revenu et cotisations sociales confondus, l’essentiel étant imputable à l’article 151 septies.

La loi de finances pour 2024 a accentué cet effet en créant pour l’agriculture un plafond majoré : exonération totale jusqu’à 350 000 euros de recettes au lieu de 250 000 euros, partielle jusqu’à 450 000 euros au lieu de 350 000 euros. Cette dérogation, propre au secteur, étend l’exonération à des exploitations de taille significative, y compris pour les cessions de matériel en cours d’activité.

La mission recommande trois mesures à appliquer ensemble : conditionner l’exonération sur le matériel à une durée minimale de détention, supprimer le plafond dérogatoire agricole de l’article 151 septies et exclure le matériel agricole de l’amortissement dégressif. Leur rendement est estimé à environ 50 millions d’euros par an, dont au plus 30 millions d’euros pour le seul plafond.

Le présent amendement met en œuvre la première de ces mesures et fixe une durée minimale de détention pour l’exonération de plus-value sur les matériels, sans faire obstacle aux adaptations justifiées des équipements aux besoins des exploitations ni aux démarches de mutualisation du matériel agricole.

Les économies dégagées ont vocation à financer le soutien à la mécanisation collective, notamment le crédit d’impôt en faveur des adhérents de CUMA, ainsi que les dispositifs de soutien à l’installation et à la transmission. Néanmoins, il s’agit surtout de corriger une incitation néfaste de la fiscalité actuelle pour l’orienter vers la compétitivité des exploitations et la baisse des charges.

Son sort

Examen
En séance publique
Sort décidé le
L'amendement identique, discuté avec lui

Auteurs 36

Pascal Lecamp Dem

Les 35 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P1D1N003828
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210