Tombé

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° I-1642

Mélanie Thomin SOC · Après l'article 26

En clair

Mélanie Thomin a déposé cet amendement le 9 oct. 2026, avec 66 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il est tombé en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

I. – La section VII du chapitre premier du titre premier de la deuxième partie du livre premier du code général des impôts est ainsi modifiée :

1° Après le E du I, il est inséré un F ainsi rédigé :

« F :

« Taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations

« Art. 1519 K. – I. – Les communes qui exercent, en application du I bis de l’article L. 211‑7 du code de l’environnement, la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations, perçoivent une taxe en vue de financer la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations, y compris lorsqu’elles ont transféré tout ou partie de cette compétence à un ou plusieurs syndicats mixtes dans les conditions prévues aux articles L. 5711‑1 à L. 5721‑9 du code général des collectivités territoriales.

« Toutefois, les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre qui se substituent à leurs communes membres pour l’exercice de la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations définie au I bis de l’article L. 211‑7 du code de l’environnement perçoivent cette taxe en lieu et place de leurs communes membres.

« II. – Le produit de cette taxe fixé à 10 € par habitant, au sens de l’article L. 2334‑2 du code général des collectivités territoriales, résidant sur le territoire relevant de sa compétence. »

2° L’article 1530 bis est abrogé.

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement vise à rendre obligatoire la taxe Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (GEMAPI), aujourd’hui facultative, afin de rééquilibrer le financement au sein des agences de l’eau entre le petit et le grand cycle de l’eau.

Face à des besoins nouveaux et croissants, un rapport conjoint de l’IGEDD, de l’IGAS et du CGAAER souligne la nécessité de rééquilibrer les ressources des agences de l’eau, aujourd’hui largement alimentés par les prélèvements sur le prix de l’eau acquitté par les usagers. Dans cette perspective, ce rapport préconise notamment de rendre obligatoire la taxe GEMAPI.

Actuellement facultative, la taxe GEMAPI est une taxe affectée, perçue par les EPCI à fiscalité propre détenteurs de la compétence GEMAPI. Son produit est destiné au financement des missions de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations. Son déploiement s’est considérablement développé ces dernières années, avec environ 75% des EPCI l’ayant instauré en 2024. Toutefois, elle demeure principalement orientée vers la prévention des inondations et reste largement sous-exploitée au regard de son plafond légal fixé à 40€ par habitant et par an.

Son produit a ainsi fortement progressé, passant de 25 millions d’euros en 2017 à environ 800 millions d’euros aujourd’hui. Pour autant, son montant moyen, estimé à 7,5€ par habitant, demeure très inférieur à son potentiel théorique évalué à 2,6 milliards d’euros par an. Cette situation témoigne de marges de mobilisation encore importantes pour répondre aux besoins croissants de financement des politiques de l’eau.

C’est pourquoi le présent amendement propose de généraliser la taxe GEMAPI en la rendant obligatoire et de lui affecter une redevance à un niveau de 10€ par habitant. Ce mécanisme permettrait de dégager environ 650 millions d’euros au profit du financement de l’eau potable par les agences de l’eau. Ces nouvelles recettes pourraient permettre de réorienter une ligne budgétaire des agences de l’eau de 650 millions d’euros pour le financement de la solidarité territoriale intra-bassin vers les Personnes responsables de la production et de la distribution d’eau (PRPDE).

Cette mesure apparaît d’autant plus nécessaire dans un contexte où il devient urgent de dégager de nouveaux leviers de financement pour répondre aux enjeux de qualité de l’eau, notamment pour faire face aux coûts du traitement curatif, trois fois plus élevés que ceux des actions préventives.

Son sort

Examen
En séance publique

Auteurs 67

Mélanie Thomin SOC

Les 66 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P1D1N001642
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210