amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2026

Amendement n° II-869

Philippe Lottiaux RN · Article 76

En clair

Philippe Lottiaux a déposé cet amendement le 9 nov. 2025, avec 69 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2026 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
558 sur 4 011amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Supprimer cet article

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement vise à supprimer la reconduction du dispositif de lissage conjoncturel (Dilico) des recettes fiscales des collectivités.

Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit de nouveau d’ « associer les collectivités territoriales à l’effort de redressement des finances publiques », en renouvelant le « Dilico » à hauteur de 2 Mds, prélevés notamment pour 720 millions sur les  communes et 280 millions sur les départements, le solde étant réparti sur les EPCI et les régions.

Il convient tout d’abord de rappeler que la dette des « APUL » (administrations publiques locales) est de l’ordre de 8% de la dette publique, et celles des collectivités et EPCI à proprement parler de 6%. La dette publique ne provient pas des collectivités et EPCI, mais bel et bien de l’Etat.

Par ailleurs, au regard du montant important des transferts de l’Etat aux collectivités, il apparaît clairement que la baisse du déficit public doit s’accompagner d’une réduction de ces transferts, mais ceci ne peut pas se faire par un mécanisme autoritaire et quasiment spoliateur. On peut en effet s’interroger sur la justification d’une « mise en réserve » imposée par l’Etat à des collectivités qui, elles, ne s’endettent pas sur leur fonctionnement.

Ce prélèvement est certes sensé être restitué. Cette restitution devait s’opérer l’an dernier sur 2 ans. Cette année sur 5 ans. Autant dire qu’elle apparait de plus en plus hypothétique, et présente son vrai visage : celle d’une ponction autoritaire et quasi définitive sur les recettes de nombreuses collectivités.

Pour baisser les transferts aux collectivités, il faut avant tout créer les conditions d’une baisse de la dépense. Ce n’est pas en multipliant les normes couteuses imposées aux collectivités que nous y parviendrons. Ce n’est pas non plus en maintenant un système de doublons et d’enchevêtrement des compétences, dénoncé à juste titre par le rapport Ravignon, que nous améliorerons la gestion de nos collectivités. Ce n’est pas enfin en développant un système de ponction autoritaire, qui va aggraver les difficultés des départements et menacer l’équilibre de nombreuses communes, que nous y parviendrons.

Il convient donc de procéder à une clarification de l’organisation territoriale et des compétences, centrés autour de la commune et du département, les deux véritables collectivités de proximité, historiquement ancrées et auxquelles les Français accordent leur confiance. Il convient parallèlement de simplifier les procédures et de réduire les normes. Cela fait, les collectivités et EPCI pourront alors réduire naturellement leurs dépenses de fonctionnement, et « contribuer à l’effort de redressement des finances publiques ».

Compte tenu de ces éléments, il est proposé de supprimer le mécanisme coercitif et contre-productif du Dilico.

Auteurs 70

Philippe Lottiaux RN

Les 69 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 1906

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B1906P2D1N000869
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B1906