Retiré
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Protéger les enfants et lutter contre les violences en milieu scolaire
Amendement n° 9 (Rect)
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En clair
Sébastien Huyghe a déposé cet amendement le 28 mai 2026, avec 43 cosignataires, sur le texte « Protéger les enfants et lutter contre les violences en milieu scolaire ». Il a été retiré.
- Adoptés sur ce texte
- 33 sur 224amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – L’article 2226 du code civil est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsque l’action publique est imprescriptible en application du quatrième alinéa de l’article 7 du code de procédure pénale, l’action civile en réparation du dommage causé par ces infractions est également imprescriptible. L’action publique s’éteint au décès du responsable du dommage causé par ces infractions. »
II. – L’article 7 du code de procédure pénale est ainsi modifié :
1° À la fin du troisième alinéa, les mots : « lorsqu’ils sont commis sur des mineurs, se prescrit par trente années révolues à compter de la majorité de ces derniers ; toutefois, s’il s’agit d’un viol, en cas de commission sur un autre mineur par la même personne, avant l’expiration de ce délai, d’un nouveau viol, d’une agression sexuelle ou d’une atteinte sexuelle, le délai de prescription de ce viol est prolongé, le cas échéant, jusqu’à la date de prescription de la nouvelle infraction » sont remplacés par les mots :« à l’exception des crimes de viol, lorsqu’ils sont commis sur des mineurs, se prescrit par trente années révolues à compter de la majorité de ces derniers » ;
2° Après le même troisième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« L’action publique des crimes mentionnés au 3° de l’article 706‑47 du présent code, lorsqu’ils sont commis sur un mineur, est imprescriptible. »
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement vise à rendre imprescriptibles les crimes de viol sur mineurs.
La prescription de l’action publique peut faire obstacle à la poursuite et à la condamnation du criminel ou du délinquant sexuel sur mineur. Les crimes de viols et délits d’atteintes sexuelles commises contre les mineurs font l’objet d’un régime de prescription particulier, prévu par les articles 7, 8 et 9-1 du code de procédure pénale. L’un des principes de ce système spécifique est que le point de départ de la prescription est différé à la majorité de la victime.
Les délais de prescription ont été progressivement rallongés pour les crimes et délits liés à la pédophilie. La loi du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité a porté la durée du délai de prescription, pour les crimes ou les délits assimilés aux crimes, de dix à vingt ans, et pour les autres délits, de trois à dix ans. La loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale a plus récemment uniformisé cette prescription à vingt ans.
Cependant, cette législation ne prend pas en compte une réalité bien connue des professionnels, lesquels admettent que la victime peut ne recouvrir le souvenir des actes subis qu’à 35, 40 ou 50 ans, parfois bien au-delà du délai de prescription. La sortie du déni survient souvent lors d’événements importants de la vie : mariage, divorce, deuil, naissance d’un enfant ou à la suite d’un travail thérapeutique de plusieurs années.
Rien ne permet de prédire à quel âge la victime sortira du déni ou, tout simplement, trouvera la force de se livrer. C’est pourquoi le délai de prescription doit permettre aux victimes de porter plainte le plus longtemps possible.
Allonger le délai de prescription peut également constituer un outil de prévention contre la récidive. Si une victime n’a pas la force de porter plainte pour elle-même, elle peut en effet vouloir protéger d’autres enfants en danger, voire ses propres enfants.
Son sort
- Examen
- En séance publique
Auteurs 44
Les 43 cosignataires
- HOR Thomas Lam
- DR Nicolas Ray
- EPR Patricia Lemoine
- EPR Annie Vidal
- EPR Nicole Le Peih
- EPR Alim Latrèche
- EPR Bertrand Sorre
- EPR Pauline Cestrières
- EPR Jean-François Rousset
- EPR Julie Delpech
- EPR François Cormier-Bouligeon
- EPR Catherine Ibled
- EPR Danièle Carteron
- EPR Prisca Thevenot
- EPR Olivier Becht
- EPR Anne-Sophie Ronceret
- EPR Liliana Tanguy
- EPR Christine Le Nabour
- EPR Stéphane Buchou
- EPR Laure Miller
- EPR Charles Rodwell
- EPR Daniel Labaronne
- EPR Annaïg Le Meur
- EPR Christophe Marion
- EPR Jean-Luc Fugit
- EPR Ludovic Mendes
- EPR Paul Midy
- EPR Guillaume Gouffier Valente
- EPR Sandrine Le Feur
- HOR Lise Magnier
- LIOT Jean-Pierre Bataille
- EPR Nathalie Coggia
- LIOT Laurent Mazaury
- DR Lionel Duparay
- EPR Alexandra Martin (Gironde)
- EPR Hervé Berville
- EPR Astrid Panosyan-Bouvet
- EPR Jean-René Cazeneuve
- EPR Jean-Michel Jacques
- EPR Denis Masséglia
- EPR Christophe Mongardien
- HOR Benoît Blanchard
- Dem Sabine Gervais
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte de la commission n° 2835
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901BTC2835P0D1N000009
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PIONANR5L17BTC2835