amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° 2757
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En clair
Philippe Vigier a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 161 sur 1 318amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
Le dispositif
Dans un délai de neuf mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant l’application de l’article 78 de la loi n° 2018‑1203 du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019, relatif notamment à la fiabilisation des données de ressources, à la simplification des démarches et à la lutte contre le non-recours aux prestations sociales.
Ce rapport évalue les effets des dispositifs mis en œuvre par les organismes de sécurité sociale sur l’accès aux droits, la continuité du versement des prestations et les dépenses de gestion. Il examine notamment :
1° Les résultats obtenus en matière de réduction du non-recours, de simplification des démarches, de fiabilisation des ressources déclarées et de limitation des erreurs et des indus ;
2° Les possibilités d’harmonisation des bases de ressources et des règles de calcul du revenu de solidarité active, de la prime d’activité et des aides personnelles au logement, afin de garantir une meilleure cohérence entre ces prestations ;
3° Les conditions dans lesquelles ces évolutions pourraient constituer le socle d’une allocation sociale unique, permettant de garantir un gain financier effectif lors de la reprise ou de l’augmentation d’une activité professionnelle, de faciliter l’accès aux droits et de réduire les différences de traitement injustifiées entre des foyers placés dans des situations comparables ;
4° Les conséquences financières et redistributives de différents scénarios de rapprochement ou d’unification de ces prestations, en distinguant leurs effets sur les finances des organismes de sécurité sociale, de l’État et des départements, ainsi que sur les revenus disponibles des ménages selon leur composition familiale et leur situation professionnelle ;
5° Les conditions techniques, administratives et financières ainsi que le calendrier envisageable pour poursuivre la simplification et l’harmonisation de ces prestations, en s’appuyant sur les dispositifs existants de collecte et de fiabilisation des données de ressources.
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Les Démocrates vise à poursuivre les travaux engagés depuis plusieurs années en faveur de l’instauration d’une allocation sociale unique (ASU), afin de rendre notre système de solidarité plus simple, plus juste et davantage incitatif à la reprise d’emploi.
La multiplicité des prestations sociales, la diversité de leurs bases de ressources et de leurs règles de calcul nuisent aujourd’hui à la lisibilité du système. Cette complexité contribue au non-recours, peut entraîner des différences de traitement difficilement justifiables entre des foyers de situation comparable et rend parfois peu lisible le gain financier résultant d’une reprise d’activité.
Cette réforme a déjà fait l’objet de nombreux travaux, qui doivent désormais trouver une traduction concrète. Dès avril 2016, le rapport de Christophe Sirugue, « Repenser les minima sociaux : vers une couverture socle commune », soulignait la nécessité de simplifier et d’harmoniser les prestations de solidarité. En septembre 2018, le rapport de Christine Cloarec-Le Nabour et Julien Damon, « La juste prestation : pour des prestations et un accompagnement ajustés », formulait des propositions visant à garantir le versement des prestations à juste droit et à réduire le non-recours.
Ces réflexions ont été prolongées par la concertation nationale engagée en juin 2019 sur le revenu universel d’activité, puis par les travaux de préfiguration conduits sous la responsabilité de Fabrice Lenglart, dont un rapport a été remis au Gouvernement en janvier 2022. Elles ont également nourri le déploiement de la « solidarité à la source », avec la généralisation, en 2025, du préremplissage des déclarations de ressources pour le revenu de solidarité active et la prime d’activité.
Plus récemment, la mission flash conduite par les députées Nathalie Colin-Oesterlé et Sandrine Runel, dont les conclusions ont été présentées en juillet 2025, a confirmé l’intérêt d’une réforme articulant simplification, lutte contre le non-recours et meilleure valorisation du travail, tout en soulignant la nécessité d’en évaluer précisément les effets redistributifs. Les travaux gouvernementaux de préfiguration d’une allocation de solidarité unifiée en 2026, ainsi que l’avis rendu en mai 2026 par le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, ont également permis d’identifier les conditions et les points de vigilance d’une telle réforme.
Le groupe Les Démocrates a lui-même défendu cette ambition, notamment à l’occasion de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, en proposant d’engager une réflexion approfondie sur les conditions de création d’une allocation sociale unique.
Il ne s’agit donc pas de reprendre les travaux à zéro, mais de s’appuyer sur les évaluations et les outils déjà disponibles pour préparer une réforme effective, autour de trois objectifs : garantir que le travail paie toujours davantage, lutter contre le non-recours aux droits et assurer une plus grande justice entre les foyers.
Le présent amendement propose ainsi d’évaluer les résultats des mesures de simplification et de fiabilisation des ressources prévues par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, afin d’identifier les conditions de leur prolongement vers une allocation sociale unique. Cette évaluation devra notamment apprécier les effets de différents scénarios sur les revenus des ménages, les dépenses des organismes de sécurité sociale et les finances publiques, en tenant compte des spécificités des situations familiales et de la nécessité de préserver les ménages les plus fragiles.
L’objectif est de disposer d’une feuille de route opérationnelle permettant de franchir une nouvelle étape vers un système de solidarité plus lisible, plus équitable et qui encourage effectivement le retour à l’emploi.
Auteurs 37
- Dem 36
Les 36 cosignataires
- Dem Nicolas Turquois
- Dem Jean-Carles Grelier
- Dem Cyrille Isaac-Sibille
- Dem Sabine Gervais
- Dem Erwan Balanant
- Dem Géraldine Bannier
- Dem Anne Bergantz
- Dem Christophe Blanchet
- Dem Blandine Brocard
- Dem Mickaël Cosson
- Dem Laurent Croizier
- Dem Geneviève Darrieussecq
- Dem Romain Daubié
- Dem Marc Fesneau
- Dem Bruno Fuchs
- Dem Perrine Goulet
- Dem Carole Guillerm
- Dem Frantz Gumbs
- Dem Sandrine Josso
- Dem Philippe Latombe
- Dem Pascal Lecamp
- Dem Delphine Lingemann
- Dem Emmanuel Mandon
- Dem Éric Martineau
- Dem Jean-Paul Mattei
- Dem Patricia Maussion
- Dem Sophie Mette
- Dem Louise Morel
- Dem Hubert Ott
- Dem Didier Padey
- Dem Jimmy Pahun
- Dem Frédéric Petit
- Dem Maud Petit
- Dem Josy Poueyto
- Dem Richard Ramos
- Dem Sabine Thillaye
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3211P0D1N002757
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211