Adopté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° AS493
L'amendement sur le site de l'Assemblée (nouvel onglet)Les autres amendements de ce texte →
En clair
Sébastien Peytavie a déposé cet amendement le 8 oct. 2026, avec 35 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il a été adopté en commission des affaires sociales le 16 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 173 sur 1 659amendements dont le sort est connu, en commission des affaires sociales
Ce qu'il propose
Le dispositif
Supprimer cet article.
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à supprimer cet article proposant d’ouvrir la possibilité aux EHPAD et aux services autonomie à domicile d’accéder à l’intéressement à l’efficience.
Cet article s’inscrit dans un contexte de gel budgétaire, au mépris des enjeux liés au vieillissement de la population, qui impliquent pourtant nécessairement d’augmenter les moyens humains et financiers consacrés au secteur médico-social. Il sanctuarise ainsi le fait que les établissements et services médico-sociaux, à l’instar des établissements hospitaliers, constituent eux aussi une variable d’ajustement des économies budgétaires.
Cet article soulève des inquiétudes multiples au regard de l’urgence à répondre au sentiment d’abandon des travailleurs et travailleuses du médico-social et à la dégradation de l’accompagnement des personnes âgées.
Il est ainsi d’abord question ici « d’efficience » des soins plutôt que de « qualité » de l’accompagnement, les objectifs pour parvenir à cette efficience n’étant même pas détaillés dans le texte.
L’annexe 9 du projet de loi indique également qu’il pourra être envisagé à terme « d’introduire de dispositif de minoration des recettes », laissant planer le risque de futures coupes dans les budgets des structures.
Surtout, s’il est prévu que le dispositif soit doté d’une enveloppe de 140 millions d’euros, l’annexe précise qu’il ne s’agirait pas d’une nouvelle dépense mais de crédits déjà existants réorientés, « aujourd’hui consacrés au soutien des ESMS en difficulté »
Cet article ne mobilise donc pas une enveloppe supplémentaire en faveur du secteur médico-social mais vient au contraire prélever des crédits aujourd’hui destinés aux ESMS les plus en difficulté, et donc les plus en besoin de financement, pour soutenir ceux qui réaliseraient les économies les plus importantes, et donc potentiellement ceux qui réduiraient le plus leurs dépenses consacrées à l’accompagnement pour répondre à ces objectifs nébuleux « d’efficience des soins ».
Dans les EHPAD, les conditions de travail sont dégradées, le mal-être au travail progresse et, de fait, avec un temps moindre pour réaliser les bons gestes et utiliser les bonnes postures, une évolution très défavorable du taux de sinistralité est constatée. Le secteur médico-social occupe la première place en termes d’accidents du travail, d’affections psychiques et de maladies professionnelles comme les troubles musculosquelettiques.
Une maison de retraite sur deux exprime des difficultés majeures pour recruter. Ce manque d’attractivité crée une tension importante dans les établissements : le ratio moyen de personnel soignant est de seulement 0,63 équivalent temps plein pour 1 résident en France, un ratio en deçà des standards de nos voisins européens qui est de 0,8 par exemple aux Pays-Bas ou en Suède.
Alors que nos maisons de retraite ne parviennent même pas aujourd’hui à apporter un accompagnement de qualité aux personnes hébergées, les besoins en soins vont s’accroître ces prochaines années. Ils sont évalués à 20 milliards d’euros à partir de 2030, selon la CNSA qui constate que plus de 600 000 professionnels seront à recruter dans les métiers du domicile et du soin d’ici 2030 et qu’il faudra 500 000 solutions d’habitat intermédiaires à l’horizon 2050 pour répondre aux aspirations des personnes et diversifier les réponses entre domicile et établissement.
Face à ces besoins, la réponse ne peut pas consister à encourager les établissements à réaliser toujours davantage d’économies. L’appréhension du vieillissement de la population doit s’opérer au regard de la nécessaire augmentation des dépenses pour recruter, former, et valoriser le travail de ces professionnels, et non pour accroître les inégalités entre établissements.
Le présent amendement supprime donc cet article austéritaire maquillé en incitation à l’efficience.
Son sort
- Sort décidé le
Les 4 amendements identiques, discutés avec lui
- N° AS19 · Sandrine Runel Non soutenu
- N° AS867 · Hadrien Clouet Adopté
- N° AS990 · Audrey Abadie-Amiel Non soutenu
- N° AS1581 · Édouard Bénard Non soutenu
Auteurs 36
- EcoS 35
Les 35 cosignataires
- EcoS Hendrik Davi
- EcoS Sandrine Rousseau
- EcoS Marie-Charlotte Garin
- EcoS Danielle Simonnet
- EcoS Pouria Amirshahi
- EcoS Christine Arrighi
- EcoS Clémentine Autain
- EcoS Léa Balage El Mariky
- EcoS Lisa Belluco
- EcoS Karim Ben Cheikh
- EcoS Benoît Biteau
- EcoS Arnaud Bonnet
- EcoS Nicolas Bonnet
- EcoS Cyrielle Chatelain
- EcoS Alexis Corbière
- EcoS Emmanuel Duplessy
- EcoS Charles Fournier
- EcoS Damien Girard
- EcoS Steevy Gustave
- EcoS Catherine Hervieu
- EcoS Jérémie Iordanoff
- EcoS Julie Laernoes
- EcoS Tristan Lahais
- EcoS Benjamin Lucas-Lundy
- EcoS Julie Ozenne
- EcoS Marie Pochon
- EcoS Jean-Claude Raux
- EcoS Sandra Regol
- EcoS Nicolas Thierry
- EcoS François Ruffin
- EcoS Eva Sas
- EcoS Sabrina Sebaihi
- EcoS Sophie Taillé-Polian
- EcoS Boris Tavernier
- EcoS Dominique Voynet
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO420120B3211P0D1N000493
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211