amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité

Amendement n° 369

Sabine Thillaye Dem · Article 16

En clair

Sabine Thillaye a déposé cet amendement le 3 oct. 2026, avec 35 cosignataires, sur le texte « Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
0 sur 28amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Le dispositif

Compléter l’alinéa 4 par la phrase suivante :

« L’autorité nationale de la sécurité des systèmes d’information veille à ce que les processus de certification, de qualification et d’agrément soient fondés sur des critères techniques objectifs, transparents et non-discriminatoires, afin de garantir leur accessibilité aux logiciels libres et aux solutions proposées par les petites et moyennes entreprises innovantes. »

Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement a pour objectif de garantir que la promotion de solutions de cybersécurité certifiées, prévue par l’article 16, ne crée pas d’effets pervers en défavorisant l’écosystème français et européen de l’innovation, notamment les acteurs du logiciel libre et les PME.

L’article 16 permet au Premier ministre de prescrire le recours à des produits ou services certifiés ou qualifiés par l’ANSSI pour les systèmes les plus sensibles de la Nation. Cette démarche est un gage de sécurité. Toutefois, il existe un risque avéré que les processus de certification, par leur complexité ou leur coût, favorisent de facto les grands éditeurs, souvent extra-européens, au détriment d’alternatives innovantes et souveraines. Le rapport d’information de l’Assemblée nationale « Bâtir et promouvoir une souveraineté numérique nationale et européenne » (n°4299, 2021) souligne la nécessité de « faire confiance à nos entreprises technologiques » et de « privilégier, en matière de commande publique, le recours aux solutions d’acteurs technologiques français ou européens » (Proposition n°26).

Cet amendement vise à prévenir ce risque en prévoyant une obligation pour l’ANSSI de concevoir des processus de qualification équitables et ouverts. Il s’agit de s’assurer que :

1. L’évaluation est fondée sur le mérite technique : Les critères doivent être objectifs et basés uniquement sur la robustesse et la sécurité de la solution, indépendamment du modèle économique (libre, propriétaire) ou de la taille du fournisseur.

2. Les barrières à l’entrée sont réduites : Les modalités ne doivent pas constituer un obstacle insurmontable pour les PME et les structures (associations, fondations) qui portent de nombreux projets de logiciels libres, en cohérence avec l’esprit de l’article 16 de la loi pour une République numérique qui en encourage l’utilisation.

3. La souveraineté numérique est renforcée : En garantissant une compétition équitable, nous permettons aux solutions françaises et européennes les plus performantes, y compris celles issues du logiciel libre, d’obtenir les qualifications nécessaires pour être déployées sur nos infrastructures critiques, renforçant ainsi notre filière technologique.

Cet amendement est une mesure de sauvegarde pragmatique qui garantit que le renforcement de notre cybersécurité se fera en s’appuyant sur l’ensemble de nos forces vives, favorisant ainsi l’émergence d’une filière de confiance diversifiée et véritablement souveraine.

Auteurs 36

Sabine Thillaye Dem

Les 35 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte de la commission n° 1779

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901BTC1779P0D1N000369
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17BTC1779