amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-918
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En clair
Charles de Courson a déposé cet amendement le 23 oct. 2026, avec 22 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.
- Adoptés sur ce texte
- 412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Compétitivité et durabilité de l'agriculture et de l'agroalimentaire | 0 € | 0 € |
| Sécurité et qualité sanitaires de l'alimentation | 0 € | 0 € |
| Conduite et pilotage des politiques de l'agriculture | −36 250 000 € | −36 250 000 € |
| Fonds d'autonomie et d'adaptation au changement climatique des exploitations agricoles (programme nouveau) (création) | +36 250 000 € | +36 250 000 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Le blocage du détroit d’Ormuz au printemps 2026 a provoqué une envolée du prix des engrais azotés. Pour y faire face, le Gouvernement a ouvert en juillet un guichet exceptionnel géré par FranceAgriMer, doté de 145 millions d’euros, qui compense les achats d’engrais azotés simples à hauteur de 50 euros par tonne, et 70 euros pour les exploitations les plus dépendantes. Le plan « Climat, adaptation, sécheresse, incendies » a prolongé ce dispositif jusqu’au 31 décembre 2026. L’enveloppe est financée aux trois quarts par l’Union européenne : la contribution de l’État s’élève à environ 36 millions d’euros.
Cette aide était nécessaire pour préserver la trésorerie des exploitations. Mais elle compense le coût de la dépendance sans en réduire la cause. La France ne couvre qu’environ un tiers de ses besoins en engrais azotés, dont la production repose sur le gaz naturel, et ses importations proviennent pour une large part de grands pays gaziers. En 2022 comme en 2026, chaque crise géopolitique s’est soldée par une aide d’urgence qui laisse les exploitations aussi exposées au choc suivant.
Le présent amendement propose un principe simple : pour chaque euro que l’État consacre à compenser la dépendance aux engrais de synthèse, un euro pour en sortir. Il crée à cette fin un fonds d’autonomie et d’adaptation au changement climatique des exploitations agricoles, doté d’un montant équivalent à la contribution nationale au guichet engrais, soit 36,25 millions d’euros.
Ce fonds financerait des projets qui réduisent durablement la dépendance des exploitations aux intrants importés et renforcent leur résistance aux sécheresses : développement des légumineuses, qui fixent l’azote de l’air et en restituent une partie aux cultures suivantes ; allongement des rotations ; structuration de filières locales de fertilisants organiques ; équipements d’adaptation aux sécheresses. Il serait réservé aux exploitations engagées en agriculture biologique ou sous signe officiel de qualité, ou qui s’engagent dans une démarche de conversion, en contrepartie d’un plan d’adaptation comprenant diagnostic, formation et accompagnement technique. Un accès prioritaire serait garanti aux petites exploitations, qui disposent de moins de capacités d’investissement. Les systèmes fondés sur la fertilité biologique des sols ne dépendent ni du gaz naturel ni des marchés mondiaux de l’azote. Des sols plus riches en matière organique retiennent aussi davantage d’eau, ce qui améliore la résistance des cultures aux sécheresses comme celle de l’été 2026. Investir dans cette autonomie, c’est réduire le coût budgétaire des prochaines crises.
Le programme nouveau est assorti d’un objectif, réduire la dépendance des exploitations agricoles aux engrais azotés de synthèse, et de deux indicateurs : le nombre d’exploitations accompagnées dans le cadre d’un plan d’adaptation, et l’évolution des surfaces en légumineuses dans ces exploitations.
Le présent amendement crée un programme nouveau intitulé « Fonds d’autonomie et d’adaptation au changement climatique des exploitations agricoles », doté de 36 250 000 euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement. Il minore à due concurrence lesautorisations d’engagement et les crédits de paiement hors titre 2 de l’action 04 « Moyens communs » du programme 215 « Conduite et pilotage des politiques de l’agriculture ».
Cet amendement a été travaillé avec le Secours catholique Caritas France.
Auteurs 23
- LIOT 22
Les 22 cosignataires
- LIOT Jean-Pierre Bataille
- LIOT Audrey Abadie-Amiel
- LIOT Jean Bodart
- LIOT Joël Bruneau
- LIOT Michel Castellani
- LIOT Paul-André Colombani
- LIOT Constance de Pélichy
- LIOT Yannick Favennec-Bécot
- LIOT Éric Gérard
- LIOT David Habib
- LIOT Stéphane Lenormand
- LIOT Valérie Létard
- LIOT Max Mathiasin
- LIOT Laurent Mazaury
- LIOT Paul Molac
- LIOT Christophe Naegelen
- LIOT Nicole Sanquer
- LIOT Olivier Serva
- LIOT David Taupiac
- LIOT Stéphane Viry
- LIOT Jean-Luc Warsmann
- LIOT Estelle Youssouffa
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO838901B3210P2D1N000918
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210