amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-819

Valérie Létard LIOT · Article 58

En clair

Valérie Létard a déposé cet amendement le 22 oct. 2026, avec 22 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il n'a pas encore été examiné en séance publique.

Adoptés sur ce texte
412 sur 3 224amendements dont le sort est connu, en séance publique

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Hébergement, parcours vers le logement et insertion des personnes vulnérables0 €0 €
Aide à l'accès au logement−217 000 000 €−217 000 000 €
Urbanisme, territoires et amélioration de l'habitat+217 000 000 €+217 000 000 €
Impulsion et coordination de la politique d'aménagement du territoire0 €0 €
Politique de la ville0 €0 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement rétablit la dotation de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) à son niveau de 2026, afin que les travaux de rénovation énergétique réalisés « par geste », c’est-à dire un seul type de travaux comme l’installation d’une pompe à chaleur, continuent d’être financés par MaPrimeRénov’.

Le projet de loi de finances pour 2027 réduit de 217 millions d’euros les crédits de paiement versés à l’Anah (−15 %). Selon le projet annuel de performances, il s’agit de recentrer l’Agence sur les rénovations d’ampleur et de financer les gestes de décarbonation par les seuls certificats d’économies d’énergie (CEE).

Ce transfert pose plusieurs difficultés.

D’abord, il pénalise doublement les ménages modestes. Le barème de MaPrimeRénov’ est modulé selon les ressources et leur permet de financer un changement de chauffage avec un reste à charge soutenable. Les primes CEE, dont le montant dépend des offres des fournisseurs d’énergie, ne leur garantissent pas le même niveau d’aide, alors que le chauffage au fioul et au gaz reste la principale cause d’émissions des logements. Ces mêmes ménages financeront pourtant ces primes : les fournisseurs en répercutent le coût sur les factures de l’ensemble des consommateurs, y compris les plus modestes.

Ensuite, il fait sortir du budget de l’État, et donc du contrôle du Parlement, une aide publique essentielle à la transition énergétique : le niveau et les conditions des primes CEE sont fixés par le Gouvernement et les fournisseurs, sans vote des crédits correspondants.

Enfin, il arrête un dispositif qui a pourtant fait la preuve de son efficacité. MaPrimeRénov’ « par geste » génère des économies d’énergie de 6,0 MWh par an et par logement aidé et évite 2,5 tonnes équivalent CO₂ par an et par logement, grâce notamment aux pompes à chaleur. Les changements répétés des règles d’éligibilité déstabilisent en outre les artisans et les ménages, qui ont besoin d’aides stables pour engager leurs travaux.

Il appartiendra au Gouvernement de rétablir, par voie réglementaire, l'éligibilité des gestes individuels à MaPrimeRénov’ ; cet amendement lui en donne les moyens budgétaires.

Cet amendement majore donc de 217 millions d’euros, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, l’action 04 « Réglementation, politique technique et qualité de la construction » du programme 135 « Urbanisme, territoires et amélioration de l’habitat », qui porte la subvention versée à l’Anah.

Afin d’assurer la recevabilité financière de l’amendement, ces crédits sont prélevés sur l’action 01 « Aides personnelles » du programme 109 « Aide à l’accès au logement ». Ce mouvement est purement formel et il est demandé au Gouvernement de lever ce gage.

Cet amendement a été adopté par la Commission des affaires économiques.

Auteurs 23

Valérie Létard LIOT

Les 22 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO838901B3210P2D1N000819
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210