Rejeté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-CL24
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En clair
Pouria Amirshahi a déposé cet amendement le 15 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République le 28 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 85 sur 275amendements dont le sort est connu, en commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Justice judiciaire | 0 € | 0 € |
| Administration pénitentiaire | −4 500 000 € | −4 500 000 € |
| Protection judiciaire de la jeunesse | 0 € | 0 € |
| Accès au droit et à la justice | 0 € | 0 € |
| Conduite et pilotage de la politique de la justice | 0 € | 0 € |
| Conseil supérieur de la magistrature | 0 € | 0 € |
| Conduite et pilotage de la politique de régulation carcérale (création) | +4 500 000 € | +4 500 000 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à créer, au sein de la mission « Justice », un programme intitulé « Conduite et pilotage de la politique de régulation carcérale », doté de 4,5 millions d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, afin de donner à la lutte contre la surpopulation carcérale des moyens propres et un pilotage identifié.
La situation impose une réponse structurelle. Selon les données présentées dans le PAP pour 2027, 90 173 personnes étaient détenues au 10 septembre 2026 pour 63 303 places opérationnelles, tandis que 8 538 personnes dormaient sur un matelas au sol. Cette surpopulation porte atteinte à la dignité des personnes détenues, dégrade les conditions de travail des personnels et compromet l’accès aux soins, aux activités et à l’accompagnement nécessaire à la réinsertion.
Dans son arrêt J.M.B. et autres c. France du 30 janvier 2020, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour des conditions de détention contraires à l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants et pour l’absence de recours préventif effectif. Le 14 mars 2024, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a invité les autorités françaises à examiner rapidement l’instauration d’un mécanisme national contraignant de régulation carcérale. Ces alertes appellent une traduction concrète dans les politiques publiques. HUDOC
La construction de places supplémentaires ne peut constituer l’unique réponse à l’augmentation continue du nombre de personnes détenues. Une politique de régulation exige une coordination entre les juridictions, les établissements pénitentiaires et les services pénitentiaires d’insertion et de probation, ainsi que des outils permettant d’anticiper l’évolution de la population carcérale et d’évaluer les réponses apportées.
Le nouveau programme serait organisé autour de deux actions : l’évaluation et la recherche, pour financer des études indépendantes et des outils statistiques portant sur les entrées en détention, la durée des incarcérations, les sorties et les effets des politiques pénales et la coordination opérationnelle, pour mobiliser les moyens humains et techniques nécessaires au suivi des établissements et à la préparation d’un mécanisme national de régulation carcérale.
Cette ouverture de crédits ne crée pas, à elle seule, un dispositif contraignant, qui nécessite une intervention législative distincte. Elle vise à en préparer la mise en œuvre et à soutenir dès à présent la coordination des acteurs, dans le respect de l’indépendance de l’autorité judiciaire.
L’amendement transfère en conséquence 4,5 millions d’euros en AE et en CP depuis le programme 107 « Administration pénitentiaire », sur son action 01 « Garde et contrôle des personnes placées sous main de justice », vers ce nouveau programme.
Le groupe Écologiste et Social demande au Gouvernement de lever le gage.
Son sort
- Sort décidé le
Auteurs 37
- EcoS 36
Les 36 cosignataires
- EcoS Christine Arrighi
- EcoS Clémentine Autain
- EcoS Léa Balage El Mariky
- EcoS Lisa Belluco
- EcoS Karim Ben Cheikh
- EcoS Benoît Biteau
- EcoS Arnaud Bonnet
- EcoS Nicolas Bonnet
- EcoS Cyrielle Chatelain
- EcoS Alexis Corbière
- EcoS Hendrik Davi
- EcoS Emmanuel Duplessy
- EcoS Charles Fournier
- EcoS Marie-Charlotte Garin
- EcoS Damien Girard
- EcoS Steevy Gustave
- EcoS Catherine Hervieu
- EcoS Jérémie Iordanoff
- EcoS Julie Laernoes
- EcoS Tristan Lahais
- EcoS Benjamin Lucas-Lundy
- EcoS Julie Ozenne
- EcoS Sébastien Peytavie
- EcoS Marie Pochon
- EcoS Jean-Claude Raux
- EcoS Sandra Regol
- EcoS Jean-Louis Roumégas
- EcoS Sandrine Rousseau
- EcoS François Ruffin
- EcoS Eva Sas
- EcoS Sabrina Sebaihi
- EcoS Danielle Simonnet
- EcoS Sophie Taillé-Polian
- EcoS Boris Tavernier
- EcoS Nicolas Thierry
- EcoS Dominique Voynet
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59051B3210P2D1N000024
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210