Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-CF2721

Léa Balage El Mariky EcoS · Article 58

En clair

Léa Balage El Mariky a déposé cet amendement le 22 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 26 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Immigration et asile+20 300 000 €+20 300 000 €
Intégration et accès à la nationalité française−20 300 000 €−20 300 000 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à rétablir la prise en charge des frais de transport des demandeurs d’asile convoqués devant l’OFPRA ou la CNDA, et à l’étendre à tous, quelle que soit leur situation d’hébergement.

En mai 2025, le Conseil d’État avait dénoncé une rupture d’égalité, puisque seuls les demandeurs d’asile hébergés dans le dispositif national d’accueil bénéficiaient de cette prise en charge. Plutôt que de réparer cette injustice en étendant à tous le bénéfice de ce droit, le Gouvernement a préféré, en mars dernier, en priver ceux qui en bénéficiaient encore.  Cette décision est d’autant plus incompréhensible que les demandeurs d’asile sont répartis sur l’ensemble du territoire par l’État, tandis que les principales instances chargées d’examiner leurs demandes restent concentrées en région parisienne. Un aller-retour entre Aurillac et Paris, avec une nuitée, peut coûter 225 euros, soit davantage qu’un mois d’allocation pour demandeur d’asile.

Cette politique fait peser sur les personnes les plus précaires, et sur les associations qui les accompagnent, le coût de l’organisation territoriale du service public de l’asile. Elle compromet ce faisant l’accès effectif à la procédure, pourtant garanti par le droit européen.

Cette situation avait déjà fait l’objet d’une alerte de notre part adressée au ministre de l’Intérieur un courrier transpartisan du 10 septembre 2026. Les parlementaires signataires y soulignaient les conséquences de cette suppression pour des personnes privées du droit de travailler durant les six premiers mois de leur demande et ne disposant que d’environ 6,80 euros par jour pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Deux solutions concrètes étaient alors proposées au Gouvernement : réviser le cahier des charges des centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) afin de rétablir la prise en charge des déplacements nécessaires aux convocations ou instaurer un dispositif de bons de transport garantissant à chaque demandeur d’asile les moyens matériels de se présenter devant les autorités compétentes.

Le présent amendement entend donner une traduction budgétaire à cette alerte et garantir que l'exercice du droit d'asile ne dépende pas de la capacité financière des personnes à se rendre à leur convocation. Il appartient en effet à l’État, qui organise la répartition territoriale des demandeurs d’asile, de leur garantir un accès effectif aux procédures dont il impose lui-même les modalités.

Pour financer cette mesure, l’amendement prévoit d’abonder de 20 300 000 euros l’action 02 « Garantie de l’exercice du droit d’asile » du programme 303 « Immigration et asile », par une diminution à due concurrence des crédits de l’action 11 « Accueil des étrangers primo-arrivants » du programme 104 « Intégration et accès à la nationalité française », gage budgétaire purement formel que nous demandons au Gouvernement de lever.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 37

Léa Balage El Mariky EcoS

Les 36 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59048B3210P2D1N002721
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210