Rejeté

amendement · Assemblée nationale

Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027

Amendement n° II-CF1091

Sabrina Sebaihi EcoS · Article 58

En clair

Sabrina Sebaihi a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire le 26 oct. 2026.

Adoptés sur ce texte
928 sur 4 749amendements dont le sort est connu, en commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Ce qu'il propose

Mouvements de crédits proposés, en euros
ProgrammeAutorisations d'engagementCrédits de paiement
Police nationale+5 000 000 €+5 000 000 €
Gendarmerie nationale−5 000 000 €−5 000 000 €
Sécurité et éducation routières0 €0 €
Sécurité civile0 €0 €
Solde0 €0 €
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)

En France, quand on est un jeune homme perçu comme noir, arabe ou maghrébin, on a quatre fois plus de risques d’être contrôlé par la police que le reste de la population, et douze fois plus de risques de subir un contrôle poussé : fouille, palpation, ordre de quitter les lieux. Ce n’est pas un ressenti. C’est l’enquête publiée par la Défenseure des droits en juin 2025. Pour plus d’une personne contrôlée sur deux, aucun motif n’est même donné.

Le Conseil d’État a reconnu en 2023 que ces contrôles discriminatoires ne se limitent pas à des cas isolés. Le 26 juin 2025, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour contrôle d’identité discriminatoire. Le Gouvernement, lui, continue de répondre aux parlementaires qu’il ne dispose « d’aucun élément attestant d’une pratique généralisée ». Et pour cause : il ne compte pas ces contrôles. On ne peut pas nier ce qu’on refuse de mesurer.

Le projet annuel de performances de la police nationale en offre la preuve. Il ne contient aucun indicateur sur les contrôles d’identité : ni leur nombre, ni leurs motifs, ni leurs résultats. Quand il évoque la caméra-piéton, c’est uniquement pour protéger les agents, jamais pour garantir les droits des personnes contrôlées.

Chaque contrôle au faciès humilie un citoyen, abîme la confiance dans la République et rend plus difficile le travail des policiers eux-mêmes. La traçabilité protège tout le monde : les personnes contrôlées contre l’arbitraire, les agents contre les accusations infondées.

Cet amendement abonde de 5 millions d’euros l’action 06 « Commandement, ressources humaines et logistique » du programme 176, pour financer une expérimentation de traçabilité des contrôles d’identité dans plusieurs circonscriptions, dont des quartiers prioritaires :

– l’enregistrement systématique de chaque contrôle par caméra-piéton ;

– la remise à la personne contrôlée d’un récépissé, numérique ou papier, mentionnant le motif ;

– une évaluation publique des résultats, associant la Défenseure des droits.

Pour respecter l’article 40 de la Constitution, cet amendement minore à due concurrence l’action 04 « Commandement, ressources humaines et logistique » du programme 152. Les auteurs ne souhaitent pas réduire ces crédits et appellent le Gouvernement à lever le gage.

Son sort

Sort décidé le

Auteurs 37

Sabrina Sebaihi EcoS

Les 36 cosignataires

Texte et lecture

Texte amendé
Texte déposé n° 3210

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Amendement (Assemblée nationale)
AMANR5L17PO59048B3210P2D1N001091
Texte amendé (Assemblée nationale)
PRJLANR5L17B3210