Rejeté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de finances pour 2027
Amendement n° II-AE22
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En clair
Sabrina Sebaihi a déposé cet amendement le 16 oct. 2026, avec 36 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de finances pour 2027 ». Il a été rejeté en commission des affaires étrangères le 20 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 10 sur 126amendements dont le sort est connu, en commission des affaires étrangères
Ce qu'il propose
| Programme | Autorisations d'engagement | Crédits de paiement |
|---|---|---|
| Aide économique et financière au développement | −100 000 000 € | −100 000 000 € |
| Renforcement des fonds propres de l'Agence française de développement | 0 € | 0 € |
| Solidarité à l'égard des pays en développement | +100 000 000 € | +100 000 000 € |
| Restitution des « biens mal acquis » | 0 € | 0 € |
| Fonds de solidarité pour le développement | 0 € | 0 € |
| Solde | 0 € | 0 € |
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement vise à augmenter de 100 millions d'euros la contribution de la France au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
À la fin de l'année 2025, 117,8 millions de personnes avaient été forcées de fuir leur foyer à travers le monde : 41,6 millions de réfugiés et 68,7 millions de déplacés à l'intérieur de leur propre pays. Derrière la légère baisse de ce chiffre se cache une réalité plus sombre : beaucoup de retours, en Afghanistan, en Syrie ou au Soudan, se font sous la contrainte, vers des pays ravagés. Et les réinstallations dans des pays sûrs ont chuté de plus de moitié en un an. Les portes se ferment au moment même où les besoins explosent.
Car une autre vague monte, que nos cadres juridiques refusent encore de voir : celle des déplacements climatiques. La Banque mondiale estime que d'ici 2050, 216 millions de personnes pourraient être déplacées à l'intérieur de leur pays pour des raisons environnementales. Sécheresses, montée des eaux, inondations, canicules : ces femmes et ces hommes fuient des catastrophes auxquelles ils n'ont presque pas contribué, et que les pays les plus riches ont largement provoquées. Pourtant, ils ne relèvent aujourd'hui d'aucun statut : la convention de Genève de 1951 ne les protège pas.
C'est pourquoi nous avons déposé la proposition de résolution européenne n° 1761 visant à la création d'un statut de réfugié climatique au sein de l'Union européenne, assortie d'un mécanisme de solidarité entre États membres et d'un fonds européen pour les migrations climatiques. Cet amendement en est le pendant budgétaire : en attendant que le droit reconnaisse ces exilés, la France doit au moins financer ceux qui les protègent dès aujourd'hui sur le terrain. Le HCR est en première ligne, dans les camps du Sahel, de la Corne de l'Afrique ou du Bangladesh, là où crises climatiques et conflits se mêlent déjà.
Or ce budget va dans le sens inverse. Les contributions volontaires humanitaires de la France aux Nations unies, qui financent à la fois le HCR, l'UNRWA et le Programme alimentaire mondial, ne dépassent pas 55,1 millions d'euros. La mission « Aide publique au développement » perd, elle, 1,85 milliard d'euros d'autorisations d'engagement. On ne peut pas prétendre maîtriser les migrations en coupant l'aide qui permet aux gens de vivre dignement là où ils sont.
Cet amendement abonde de 100 millions d'euros le programme 384 « Fonds de solidarité pour le développement », qui porte désormais les contributions volontaires de la France aux Nations unies. Ces crédits sont destinés au HCR, en priorité pour la protection des personnes déplacées par les catastrophes climatiques et pour l'adaptation des zones d'accueil. Les crédits de ce programme ne peuvent faire l'objet ni de mise en réserve ni d'annulation en cours d'année.
Pour respecter l'article 40 de la Constitution, cet amendement minore à due concurrence l'action 02 « Aide économique et financière bilatérale » du programme 110. Ce mouvement vise uniquement à rendre l'amendement recevable : les auteurs entendent préserver l'intégrité des autres programmes de la mission, déjà sous-dotés, et appellent le Gouvernement à lever le gage.
Son sort
- Sort décidé le
Auteurs 37
- EcoS 36
Les 36 cosignataires
- EcoS Karim Ben Cheikh
- EcoS Pouria Amirshahi
- EcoS Christine Arrighi
- EcoS Clémentine Autain
- EcoS Léa Balage El Mariky
- EcoS Lisa Belluco
- EcoS Benoît Biteau
- EcoS Arnaud Bonnet
- EcoS Nicolas Bonnet
- EcoS Cyrielle Chatelain
- EcoS Alexis Corbière
- EcoS Hendrik Davi
- EcoS Emmanuel Duplessy
- EcoS Charles Fournier
- EcoS Marie-Charlotte Garin
- EcoS Damien Girard
- EcoS Steevy Gustave
- EcoS Catherine Hervieu
- EcoS Jérémie Iordanoff
- EcoS Julie Laernoes
- EcoS Tristan Lahais
- EcoS Benjamin Lucas-Lundy
- EcoS Julie Ozenne
- EcoS Sébastien Peytavie
- EcoS Marie Pochon
- EcoS Jean-Claude Raux
- EcoS Sandra Regol
- EcoS Jean-Louis Roumégas
- EcoS Sandrine Rousseau
- EcoS François Ruffin
- EcoS Eva Sas
- EcoS Danielle Simonnet
- EcoS Sophie Taillé-Polian
- EcoS Boris Tavernier
- EcoS Nicolas Thierry
- EcoS Dominique Voynet
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3210
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO59047B3210P2D1N000022
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3210