Adopté
amendement · Assemblée nationale
Sur le texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Amendement n° AS1273
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En clair
Sabrina Sebaihi a déposé cet amendement le 8 oct. 2026, avec 30 cosignataires, sur le texte « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ». Il a été adopté en commission des affaires sociales le 14 oct. 2026.
- Adoptés sur ce texte
- 173 sur 1 659amendements dont le sort est connu, en commission des affaires sociales
Ce qu'il propose
Le dispositif
I. – Après l’article L. 2133‑1 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 2133‑1‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 2133‑1‑1. – Les messages publicitaires en faveur de denrées alimentaires sont accompagnés de la forme de présentation complémentaire à la déclaration nutritionnelle en application de l’article L. 3232‑8. Dans le cas des messages publicitaires sur internet, télévisés ou radiodiffusés, cette obligation ne s’applique qu’aux messages émis et diffusés à partir du territoire français et reçus sur ce territoire. La même obligation d’information s’impose à toute promotion, destinée au public, par voie d’imprimés et de publications périodiques édités par les producteurs ou par les distributeurs de ces produits. Le présent alinéa ne s’applique pas aux messages publicitaires et aux promotions des produits alimentaires, qui bénéficient d’une appellation d’origine en application des articles L. 641‑5 et L. 641‑10 du code rural et de la pêche maritime et aux produits bénéficiant d’une indication géographique protégée en application de l’article L. 641‑11 du même code.
« Le non‑respect de cette obligation d’information par les annonceurs et les promoteurs entraîne le versement d’une contribution dont le produit est affecté à la Caisse nationale de l’assurance maladie.
« La contribution prévue au deuxième alinéa du présent article est assise, s’agissant des messages publicitaires, sur le montant annuel des sommes destinées à l’émission et à la diffusion de ces messages, hors remise, rabais, ristourne et taxe sur la valeur ajoutée, payées par les annonceurs.
« Cette contribution est assise, s’agissant des autres types de promotion de ces produits, sur la valeur hors taxe des dépenses de réalisation et de distribution qui ont été engagées au titre de l’année civile précédente, diminuée des réductions de prix obtenues des fournisseurs qui se rapportent expressément à ces dépenses. La base d’imposition des promoteurs qui effectuent tout ou partie des opérations de réalisation et de distribution avec leurs propres moyens d’exploitation est constituée par le prix de revient hors taxe sur la valeur ajoutée de toutes les dépenses ayant concouru à la réalisation desdites opérations.
« Le montant de cette contribution est égal à 2 % du montant des sommes mentionnées aux troisième et quatrième alinéas du présent article.
« Les modalités d’application du présent article sont déterminées par un décret en Conseil d’État pris après avis de l’Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et après consultation de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité. »
II. – Le présent article entre en vigueur à la date de publication du décret mentionné au dernier alinéa de l’article L. 2133‑1‑1 du code de la santé publique et au plus tard le 1er juillet 2027.
Les arguments de ses auteurs (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et Social porté notamment par le député Boris Tavernier vise à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score dans les publicités et promotions en faveur des denrées alimentaires.
Il prolonge une bataille portée de longue date par les écologistes : celle de la régulation d’un environnement alimentaire dans lequel les moyens consacrés au marketing et à la publicité par l’industrie agroalimentaire sont sans commune mesure avec ceux consacrés à la prévention en santé publique.
Le Nutri-Score n’a de sens que s’il est visible là où se construisent réellement les choix alimentaires. Or ces choix ne se forment pas uniquement devant les rayons des magasins. Ils sont façonnés en amont par la publicité télévisée, les réseaux sociaux, internet, l’affichage et les multiples opérations promotionnelles.
C’est pourquoi les écologistes défendent depuis plusieurs années son affichage obligatoire sur les supports publicitaires. Lors de l’examen du PLFSS pour 2026, un amendement écologiste proposait déjà de rendre obligatoire la mention du Nutri-Score sur l’ensemble des publicités alimentaires, en rappelant son double intérêt : mieux informer les consommateurs et inciter les industriels à améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits.
Cette bataille est indissociable de notre volonté de mieux encadrer la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, particulièrement lorsqu’elle cible les enfants. L’affichage du Nutri-Score constitue à cet égard un minimum de transparence : lorsqu’un industriel consacre des millions d’euros à promouvoir un produit, il doit aussi accepter que sa qualité nutritionnelle soit immédiatement portée à la connaissance du public.
L’information sanitaire ne peut pas disparaître au moment même où la puissance commerciale est la plus forte.
Cet amendement prévoit donc que toute publicité ou promotion alimentaire comporte le Nutri-Score correspondant au produit concerné. Le non-respect de cette obligation donne lieu à une contribution de 2 % des dépenses publicitaires ou promotionnelles, affectée à l’Assurance maladie.
Le dispositif contribue ainsi à rééquilibrer le rapport entre intérêt général et intérêts économiques : si les industriels ont le droit de promouvoir leurs produits, les citoyens doivent avoir simultanément le droit d’en connaître la qualité nutritionnelle.
Pour les écologistes, cette mesure relève d’une conception cohérente de la prévention : ne plus seulement soigner les conséquences d’une alimentation défavorable à la santé, mais agir sur les mécanismes économiques et publicitaires qui contribuent à la produire.
Notre ligne est constante : moins de marketing subi, plus d’information ; moins de culpabilisation individuelle, plus de responsabilité de l’industrie agroalimentaire.
Son sort
- Sort décidé le
Les 3 amendements identiques, discutés avec lui
- N° AS2 · Cyrille Isaac-Sibille Adopté
- N° AS34 · Sandrine Runel Adopté
- N° AS186 · Jean-François Rousset Adopté
Auteurs 31
- EcoS 30
Les 30 cosignataires
- EcoS Sandrine Rousseau
- EcoS Pouria Amirshahi
- EcoS Christine Arrighi
- EcoS Clémentine Autain
- EcoS Léa Balage El Mariky
- EcoS Lisa Belluco
- EcoS Karim Ben Cheikh
- EcoS Arnaud Bonnet
- EcoS Nicolas Bonnet
- EcoS Cyrielle Chatelain
- EcoS Alexis Corbière
- EcoS Hendrik Davi
- EcoS Emmanuel Duplessy
- EcoS Charles Fournier
- EcoS Marie-Charlotte Garin
- EcoS Steevy Gustave
- EcoS Jérémie Iordanoff
- EcoS Julie Laernoes
- EcoS Tristan Lahais
- EcoS Sébastien Peytavie
- EcoS Marie Pochon
- EcoS Jean-Claude Raux
- EcoS Sandra Regol
- EcoS Jean-Louis Roumégas
- EcoS François Ruffin
- EcoS Eva Sas
- EcoS Danielle Simonnet
- EcoS Sophie Taillé-Polian
- EcoS Nicolas Thierry
- EcoS Dominique Voynet
Texte et lecture
- Lecture
- Assemblée · 1re lecture
- Texte amendé
- Texte déposé n° 3211
Sources et données
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : amendements de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Amendement (Assemblée nationale)
- AMANR5L17PO420120B3211P0D1N001273
- Texte amendé (Assemblée nationale)
- PRJLANR5L17B3211